Rédigé par Julien Landfried le 30 Mai 2009 à 09:57
Ou comment le parti républicain détourne une publicité négative de 1964 réalisée par l'équipe de Lyndon Johnson contre Barry Goldwater, le candidat républicain d'alors.... pour stigmatiser les hésitations de l'administration démocrate concernant la fermeture de Guantanamo et le sort de ses détenus ! 60 000 lectures en quelques jours !
Par Barthélémy Courmont, responsable du bureau de l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) à Taiwan. Les nouvelles gesticulations nucléaires de Pyongyang ne posent pas simplement un problème sécuritaire majeur dans une région où des tensions héritées de la Guerre froide sont encore très perceptibles. Dans un environnement international marqué par la volonté de la nouvelle administration américaine de redéfinir à la fois le traitement des Etats dits voyous et de la politique de lute contre la prolifération nucléaire, les essais nucléaires et balistiques nord-coréens posent un dilemme de poids à Barack Obama, et constituent son premier grand test sur la scène internationale.
The Official White House Photostream, Flickr, licence CC
Pyongyang ne succombe pas à l’Obamania
Contrairement à de nombreux Etats, la Corée du Nord ne semble pas franchement avoir succombé à la vague d’Obamania. Au contraire, l’arrivée à la Maison-Blanche d’un président qui cherche à accentuer le dialogue avec Pyongyang a paradoxalement eu pour effet de radicaliser encore un peu plus le régime nord-coréen. Un paradoxe en apparence tout du moins, et pour plusieurs raisons. D’une part, les essais de la Corée du Nord, annoncés de longue date, ne sont pas une grande surprise, notamment quand on mesure les tensions actuellement au plus haut niveau avec le Japon. A cela s’ajoutent les problèmes de santé de Kim Jong-il et, dans une moindre mesure, le récent suicide de l’ancien président sud-coréen Roh, partisan du dialogue avec le voisin du nord. D’autre part, les nouveaux efforts diplomatiques de Washington inquiètent Pyongyang, qui se satisfait plus d’un interlocuteur refusant toute concession, ce qui lui permet de pousser le chantage à son paroxysme en justifiant une radicalisation de sa position par le refus du compromis de la première puissance mondiale. En d’autres termes, la Corée du Nord a tout à craindre d’une Amérique qui se montre plus conciliante, comme c’était le cas en 2000 avec les initiatives de Madeleine Albright, tant sa stratégie de survie est fondée sur la menace permanente. Dans ces conditions, il était prévisible de voir Pyongyang (qui n’est de toute façon que rarement imprévisible) réagir négativement à la main-tendue par la Maison-Blanche, même si cela masque difficilement les limites d’une stratégie sur le fil du rasoir qui se détermine avant tout par les postures de l’autre.
Et maintenant ?
Les Etats-Unis ne peuvent se permettre de laisser filer le nouvel essai nucléaire nord-coréen sans réagir. Et les réponses ne se sont pas faites attendre. Hillary Clinton a averti la Corée du Nord qu’elle fera face à des conséquences en raison de ses actions « provocatrices et agressives », notamment les menaces d’attaque militaire contre des navires américains et sud-coréens. A cette déclaration vient s’ajouter celle de Barack Obama en direction de Séoul et Tokyo, assurant à ces deux alliés de Washington une protection en cas d’agression nord-coréenne. Un soutien qui masque difficilement les inquiétudes américaines à l’égard de deux pays dont les réactions pourraient avoir des effets durables sur le dossier. La démarche de Washington consiste ainsi plus à s’assurer que ces deux Etats ne se lancent dans une logique de confrontation qu’un véritable soutien face à une Corée du Nord dont les moyens restent somme toute limités. Car plus que l’utilisation par la Corée du Nord de son arsenal nucléaire, le plus grand risque sécuritaire dans la région reste la riposte de ses voisins.
La diplomatie de la main-tendue remise en question ?
Pour les détracteurs et les sceptiques de la politique de main-tendue d’Obama, l’exemple de la Corée du Nord confirme en tout cas que seule la fermeté peut payer. C’est bien sûr le cas de l’opposition républicaine aux Etats-Unis, qui s’inquiète de voir Washington perdre en crédibilité. C’est aussi le cas du Premier ministre japonais Taro Aso qui, derrière ses relations cordiales avec le nouveau président américain, s’inquiète de la volonté américaine de rapprochement avec Pyongyang (en compagnie des faucons japonais dont il est l’un des principaux représentants), et voit dans le durcissement du dossier nord-coréen une occasion de retrouver un second souffle avant des élections législatives à haut risque en septembre prochain. C’est enfin le cas du président sud-coréen Lee Myung-bak, partisan de la fermeté avec Pyongyang, qui voit dans les nouvelles gesticulations de son voisin l’occasion de regagner une certaine crédibilité, dans un Etat frappé de plein fouet par la crise économique, et qui lui accorde une très faible popularité.
Pour autant, et malgré la détermination de Washington, il serait erroné de croire que la stratégie de main-tendue en direction des Etats voyous d’Obama a déjà vécu. Les gesticulations de Pyongyang indiquent même qu’il s’agit sans doute de la meilleure approche possible, la seule susceptible de couper l’herbe sous le pied de régimes prêts à tous les extrémismes. Avec les errements de l’administration Bush et l’agressivité de la politique américaine sous la précédente administration, les manœuvres nord-coréennes pouvaient parfois être défendables. Aujourd’hui, le régime stalinien se retrouve définitivement isolé et montré du doigt, y-compris par ses rares amis, qui prennent de plus en plus leurs distances, comme la Russie et la Chine. En d’autres termes, et malgré des tensions difficiles à gérer, la réponse de Pyongyang est la preuve que la stratégie du dialogue de l’administration Obama est la seule qui peut payer.
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Barthélémy Courmont est également titulaire par intérim de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) à partir de septembre 2009. Il a publié en 2008 L’autre pays du matin calme. Les paradoxes nord-coréens, chez Armand Colin.
Retrouvez l'IRIS sur ses sites Internet : www.iris-france.org et sur www.affaires-strategiques.info Article reproduit dans le cadre du partenariat entre l'IRIS et Ilovepolitics.info - Tous droits réservés
Rédigé par Julien Landfried le 21 Mai 2009 à 22:17
Nouvelle étape dans la politique web2.0 : après la Maison Blanche, c'est au tour du gouvernement fédéral de prendre place sur YouTube.
Le portail du gouvernement sur YouTube est accessible à l'adresse suivante : www.youtube.com/usgovernment. Vous y trouverez les vidéos du gouvernement ainsi que diverses ressources : la Maison Blanche bien sûr, mais aussi la NASA, le Département d'Etat, etc.
Voir également la page "New Media" du site de la Maison Blanche.
Par Charlotte Lepri, chercheur à l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS). La France est devenue le premier pays de l’UE à accueillir un ancien détenu de Guantanamo. L'île reste un casse-tête, tant pour l’Administration Obama que pour les futurs pays d’accueil.
La nouvelle est tombée vendredi soir dernier. La France est devenue le premier pays de l’UE à accueillir un ancien détenu de Guantanamo, conformément aux engagements pris avec l’Administration Obama. Emprisonné sept années durant car soupçonné d’être impliqué dans un projet d’attentat contre l’Ambassade américaine à Sarajevo, Lakhdar Boumediene, de nationalité algérienne, a finalement été innocenté et relâché par la justice américaine, faute de preuves. Ce premier transfert augure-t-il d’autres transferts d’anciens détenus de Guantanamo ? Rien n’est moins sûr. Guantanamo reste un casse-tête, tant pour l’Administration Obama que pour les futurs pays d’accueil.
Tant critiqué, tant pointé du doigt comme le symbole de ce que l’Administration Bush a fait de pire en matière de droits de l’homme, le centre de détention de Guantanamo devrait définitivement fermer ses portes d’ici à 2010. Le Président Obama l’a officialisée par décret dès son deuxième jour de mandat, le 22 janvier 2009, tout en reconnaissant que la tâche sera ardue, car la prison ne peut être fermée que si des solutions sont trouvées pour les 240 autres détenus de Guantanamo, dont le statut de « combattant ennemi » (1), aboli depuis par l’Administration Obama, permettait aux autorités américaines de les emprisonner, sans inculpation et pour une durée indéterminée.
« La réforme de l’assurance maladie ne peut attendre, ne doit pas attendre, et n’attendra pas une année de plus ». Dans son discours face au Congrès le 24 février dernier, Barack Obama a été adamantin : l’orage économique n’empêchera pas le président américain de mettre en œuvre son agenda progressiste, et la santé est au centre de ce programme ambitieux.
Le système de santé est peut-être, avec la place de la religion dans la société, ce qui différencie aujourd’hui le plus l’Amérique de l’Europe. Lors de la mise en place de la Sécurité sociale, le président Roosevelt n’avait pas cru possible de créer une assurance nationale en raison de l’opposition qu’elle susciterait. Ce sont les employeurs qui ont « remplacé » l’Etat fédéral et fourni des couvertures à leurs employés, à une époque où le plein emploi était la norme. Si ce système a perduré, la situation de l’emploi a beaucoup évolué et la crise actuelle frappe durement les Américains, dont près de 50 millions ne sont pas couverts.
Une couverture maladie « devrait être un droit », n’a pourtant pas hésité à affirmer M. Obama en 2008. Et c’est cette semaine que le coup d’envoi de ce vaste chantier a été donné. Or, les défis d’une réforme sont légions. Comme l’observe Henry Aaron, de la Brookings Institution, « les démocraties ne réorganisent pas une industrie de la taille de la France – les dépenses de santé américaines et la PIB de la France font approximativement 2.5 mille milliards de dollars – en un projet de loi durant une présidence ». Mais il y a urgence : les baby boomers américains vont massivement partir à la retraite à partir de 2011 et bénéficier automatiquement de soins, risquant de faire exploser le déficit. Et le coût croissant des assurances privées est aussi un fardeau financier énorme pour les individus et les employeurs, qui perdent en compétitivité.
Non content d’avoir ressuscité, le 5 février, le State Children’s Health Insurance Program, couverture maladie pour les enfants de foyers indigents à laquelle son prédécesseur opposait son veto, M. Obama a décidé d’allouer 634 milliards de dollars sur dix ans pour poser les fondations d’une vaste réforme. La question du financement d’un chantier qui pourrait coûter près de 120 milliards par an ne s’en pose pas moins de manière préoccupante.
Le président a été assez prudent pour préciser que les Américains satisfaits de leur couverture ne se verraient rien imposer de nouveau. Mais aux autres, le gouvernement fédéral pourrait offrir une assurance sur le modèle de celle proposée aux membres du Congrès, et exiger des assureurs privés qu’ils ne pratiquent plus une discrimination à l’encontre des individus ayant des antécédents médicaux – comme c’est actuellement le cas. Mis en concurrence avec le privé, ce plan public conduirait en théorie à faire chuter les coûts et à améliorer la qualité des soins offerts, ou pourrait même contribuer à l’érosion du système privé.
Rédigé par Marjorie Paillon le 15 Mai 2009 à 11:03
Il y a des choses qui n'ont pas de prix. Pour le reste, il y a "Obama Card". C'est le nouveau slogan trouvé par le Parti républicain pour tacler l'équipe Obama sur la crise économique. Le président aurait-il fait un chèque en blanc à l'Amérique ?
Rédigé par Julien Landfried le 14 Mai 2009 à 13:21
Le Parti démocrate prend un malin plaisir à souligner les contradictions et tensions qui se sont exacerbées au sein du Parti républicain depuis l'élection d'Obama.
Si vous voulez voir à quoi ressemblent les parties de ping-pong médiatiques entre Républicains, c'est ici :
Rédigé par Julien Landfried le 12 Mai 2009 à 08:47
Sommes-nous en 1996 ou en 2009 ?, demande la publicité négative ci-dessous, qui présente les porte-paroles du Parti républicain dans les médias : John McCain, Dick Cheney, Newt Gringrinch, etc.
Rédigé par Julien Landfried le 12 Mai 2009 à 08:43
Alors que l'ancien vice-président Dick Cheney vient de confirmer dans l'émission "Face the Nation" à propos de l'usage de la torture par l'armée américaine "Pas de regrets. C'était sans doute la bonne chose à faire", les activistes de Move On rappellent les déclarations passées de Cheney sur l'Irak ou Al Quaeda, et demandent la mise en place d'une enquête sur la torture.
Rédigé par Marjorie Paillon le 10 Mai 2009 à 16:27
Ce week-end avait lieu le dîner annuel des correspondants de presse de la Maison Blanche. L'occasion pour Barack Obama de se plier à la tradition du speech d'ouverture. Un discours qui se veut toujours humoristique et l'occasion de lâcher quelques piques aux journalistes et politiques présents. "Je dois avouer que je n'avais aucune envie d'être là ce soir. Mais je savais qu'il fallait y aller. C'est encore un problème que j'ai hérité de George Bush"... Le 44ème président des Etats-Unis a donné le ton.
Dans la salle, à côté des ténors des médias américains tels que Wolf Blitzer de CNN, David Gregory d'ABC ou Glenn Bleck de Fox News, quelques stars hollywoodiennes mais engagées s'étaient glissés parmi les invités : les fans de Twitter Ashton Kutcher et son épouse Demi Moore, Steven Spielberg ou encore Nathalie Portman.
L'humour présidentiel a fait mouche. Voici certaines de ses meilleures répliques, en français dans le texte :
- "Dick Cheney n'a pas pu venir. Il écrit en effet ses mémoires, provisoirement intitulées, «Comment tirer sur ses amis et interroger des gens»".
- "Pendant les 100 prochains jours, je vais apprendre à me passer du prompteur et Joe Biden va apprendre à s'en servir."
- " Pendant les 100 prochains jours, nous allons apprendre les bonnes manières à notre chien Bo, pour que Timothy Geithner n'ai plu à jouer les lampadaires."
- "Je pense que mes 100 prochains jours seront tellement réussis que je vais pouvoir les terminer en 72 jours. Et le 73e jour, je me reposerai."
- " Aujourd'hui, Hillary Clinton et moi ne peuvent pas être plus proches. La preuve, à la seconde où elle est rentrée du Mexique, elle m'a fait une grande bise et dit que je devrais y aller moi-même."
L'autodérision est un grand classique des Présidents américains. Piqûre de rappel juste ici avec le dernier dîner des correspondants de la Maison Blanche de George W. Bush, au printemps dernier et en pleine campagne présidentielle.