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Marjorie Paillon le 30 Juin 2008 à 21:00
Le passé militaire de John McCain est décidément la polémique du jour. En visite à Harrisburg en Pennsylvanie, le candidat républicain a répondu à Wesley Clark. L'ancien général de l'OTAN mettait en doute hier le rapport entre la capacité de John McCain à diriger le pays et sa qualité de héros du Vietnam. Pour le sénateur de l'Arizona, c'est clair. Barack Obama se cache derrière cette campagne de dénigrement.
Pour lire ou relire l'analyse sur la polémique lancée par Wesley Clark, c'est ici.
John McCain a par ailleurs lancé aujourd'hui sa Truth Squad, escadron chargé de démentir les rumeurs et contre-attaquer en cas de tacle inamical. Une version made in McCain du site Fight the Smears de Barack Obama. A la Une
Marjorie Paillon le 30 Juin 2008 à 15:15
Sa figure de héros du Vietnam, c'est le fond de commerce de John McCain. Dimanche, sur le plateau de Face the Nation de CBS, l'ancien général Wesley Clark s'en est pris au mythe McCain. “Je ne pense pas que monter dans un avion de combat et se faire abattre soit une qualité pour devenir président." Une charge qui relaye celle d'un groupe de vétérans du Vietnam qui critique vivement les états de service du candidat républicain. Une démarche qui rappelle celle des Swift Boat Veterans for Truth qui avait coûté la présidence en 2004 à un autre ancien du Vietnam, John Kerry. La bataille des soldats reconvertis en politique est lancée.
pingnews.com, licence CC, flickr
Les quatre étoiles du général Wesley Clark ont fait de lui un des anciens militaires les plus distingués et écoutés sur la scène politique américaine. Ancien commandant en chef des forces de l'OTAN au Kosovo dans les années 90, il mène un parcours politique atypique, qui l'a mené du camp républicain au parti démocrate. Il a même fait campagne en 2004 pour l'investiture démocrate et a soutenu en 2008 une certaine Hillary Clinton. A l'heure de la réunification Clinton-Obama, Wesley Clark se positionne en soutien de poids du candidat démocrate, pour briguer, pourquoi pas, le poste de patron du Pentagone.
La meilleure défense en la matière étant l'attaque, il s'est lancé ce dimanche dans l'émission de Bob Schieffer, dans une diatribe contre John McCain, l'accusant à mots à peine voilés de ne pas avoir l'étoffe d'un président des Etats-Unis, à défaut de ne pas avoir celle d'un héros. " Il a été un des protagonistes du comité des forces armées au Sénat. Il a beaucoup voyagé. Mais il n'a jamais eu de responsabilités au sein de l'exécutif. L'escadron de la Navy qu'il a commandé n'était pas un escadron de guerre." Et vlan. Voilà l'image héroïque d'un McCain façon Top Gun écornée. Le candidat républicain a lancé il y a une vingtaine de jours le McCain Report Blog, un blog spécialisé dans les critiques sur Obama ou les réactions très rapides de l'équipe de communication. Dans le clip ci-dessous, intitulé "Seal" (le sceau), l'équipe de McCain moque la prétention d'Obama à changer quoi que ce soit. Elle soutient que le seul changement qu'Obama aurait réellement effectué est le détournement du sceau présidentiel à ses couleurs. Question : que changera-t-il après le sceau ? La statue de la liberté ? Le mont Rushmore ? Le dollar ? Conclusion : pour Obama, "it's change you can make in Photoshop" (un logiciel de retouche d'images).
Revoir la polémique sur le sceau présidentiel et visiter le McCain Report Blog
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Marjorie Paillon le 28 Juin 2008 à 11:00
Ce vendredi, Barack Obama et Hillary Clinton se sont retrouvés à Unity dans le New Hampshire pour un meeting historique. But de l'opération : afficher l'image d'un Parti démocrate uni sous l'étendard de son candidat. Une image particulièrement soignée : Barack Obama arborait une cravate bleue, assortie au tailleur azur d'Hillary Clinton. Les photographes et cameramen s'en sont donnés à cœur joie.
barackobama.com
C'est l'opération réconciliation de la semaine. Voire même de l'année. Cette saison des primaires n'a pas épargné les candidats démocrates et tenu le suspense jusqu'au 5 juin. "Je suis fière que nous ayons eu des débats animés... C'est la façon la plus gentille que j'ai trouvé pour le formuler..." résumait Hillary Clinton. La candidate n'était pas apparue en public depuis la suspension de sa campagne le 7 juin dernier.
Il était temps ce vendredi de mettre ces divisions au placard et d'afficher son unité. La petite ville de Unity dans le New Hamsphire avait un nom prédestiné pour accueillir le rassemblement d'un Parti démocrate retrouvé. L'anecdote veut qu'Hillary Clinton et Barack Obama aient reçu chacun 187 voix dans cette petite ville lors de la primaire du New Hamsphire. " 187 voix plus 187 voix qui sont désormais 374 voix" comme le sénateur de l'Illinois se plaisait à faire remarquer. L'heure était aux compliments et autres déclarations : "Aujourd'hui nous avons le même but : faire élire Barack Obama président des Etats-Unis" appuyait Hillary. "She rocks!" répondait Obama. Le candidat démocrate soulignait aussi "à quel point nous avons besoin de Bill et Hillary, en tant que parti et que pays." Un Bill Clinton qui annonçait son soutien à Barack Obama par porte-parole interposé il y a quelques jours, sans beaucoup de conviction, il faut bien l'avouer. Tout était donc symbole d'unité, du lieu des retrouvailles, aux couleurs des vêtements des deux sénateurs, en passant par le slogan de campagne du jour "Unite for Change". Une unité qu'il va falloir maintenant éprouver sur le terrain électoral. A la Une
Julien Landfried le 27 Juin 2008 à 20:07
Après le directeur de campagne de McCain, c'est au tour de David Plouffe, le "campaign manager" de Barack Obama d'expliciter dans une vidéo la stratégie de campagne du candidat démocrate.
Deux messages essentiels :
Une question tenaille les éditorialistes politiques : Barack Obama est-il en pleine mutation conservatrice ? Les dernières prises de position du candidat démocrate inquièteraient certains de ses partisans. Oui à la peine de mort pour les violeurs d'enfants, oui ambigu au second amendement, ni oui ni non à l'immunité des entreprises de télécom participant aux programmes d'écoutes ... Le changement mode Obama serait-il en train de changer de cap ?
barackobama.com
La nouvelle en a étonné plus d'un hier : Barack Obama s'est élevé contre la décision de la Cour Suprême interdisant la peine de mort dans des cas de viols d'enfant de moins de 12 ans. "Je pense que le viol d'un petit enfant, de 6 ou 8 ans, est un crime hideux et si un Etat décide que dans des circonstances réduites, limitées, et bien définies, la peine de mort est au moins potentiellement applicable, ça, ça ne viole pas notre Constitution." La phrase a le mérite d'être claire.
Elle est en tout cas moins ambigüe que la réaction du sénateur de l'Illinois à propos de la seconde décision de la semaine de la Cour Suprême. La plus haute juridiction des Etats-Unis a en effet invalidé une loi de la ville de Washington interdisant à ses habitants de porter des armes de poing. Une victoire pour les partisans du second amendement. Afin de ménager pro et anti armes, Barack Obama a déclaré avoir "toujours cru que le second amendement protégeait le droit des particuliers de détenir une arme", mais qu'il s'identifiait "aussi avec les communautés ravagées par le crime et leur besoin de sauver leurs enfants de la violence qui envahit les rues, par des mesures efficaces et de bon sens." Un souci de ne brusquer aucun camp, alors que le sénateur se prépare à faire campagne dans chaque Etat pour aller chercher les voix des conservateurs déçus de la candidature de John McCain. L'autre signe pseudo conservateur de Barack Obama serait son soutien à demi-mots à l'immunité judiciaire donnée aux compagnies de télécommunication qui participent aux programmes d'écoutes téléphoniques décidés par l'administration Bush. Une loi, votée vendredi dernier par la Chambre des représentants, dont le sénateur de l'Illinois s'accommoderait, de son propre aveu. "Vu les réelles menaces pesant sur nous, on ne peut pas se priver d'outils efficaces de collecte du renseignement avec des garanties importantes." Le rejet du financement public de campagne au profit de dons privés a aussi fait jaser les journalistes américains sur un flip-flop du candidat du changement. Reste le ralliement des Obamacons, comme se plait à les appeler l'éditorialiste Robert Novak, qui pourraient bien donner au candidat démocrate des accents néoconservateurs. L'opération serait d'autant plus dévastatrice pour son concurrent John McCain, si Collin Powell himself faisait bientôt son coming out pro Obama. Je ne sais donc pas si ce "penchant conservateur" de Barack Obama est réel ou supposé, mais ce qui est certain, c'est que le candidat gagne de plus en plus le centre pour pouvoir occuper le terrain et ne vexer aucun électeur potentiel. La réponse viendra des urnes le 4 novembre prochain. A la Une
Barthélémy Courmont le 27 Juin 2008 à 10:50
Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'IRIS, en partenariat avec contre-feux.com. Si Barack Obama est souvent perçu comme bénéficiant d’un avantage sur le terrain de l’économie, John McCain est présenté comme un meilleur candidat en matière de politique étrangère. A tort ou à raison ? Eléments de réponse.
johnmccain.com
Les deux candidats à l’élection présidentielle américaine sont atypiques, et l’un comme l’autre ne manquent pas d’arguments de poids. Mais souvent sur des questions distinctes. Si Barack Obama est ainsi souvent perçu comme bénéficiant d’un avantage sur le terrain de l’économie, John McCain est présenté comme un meilleur candidat en matière de politique étrangère. A tort ou à raison, seul l’avenir le dira. McCain a en tout cas compris que c’est sur la politique étrangère qu’il bénéficie d’un avantage sur Obama, et qu’il a tout intérêt à mettre l’accent sur les différences entre les deux candidats. Ses critiques sur l’isolationnisme de son adversaire, dans un discours prononcé au Canada, et ses piques sur la naïveté d’Obama sur l’Irak ou la relation avec les Etats voyous, à l’instar d’Hillary Clinton lors des Primaires démocrates, sont révélatrices de sa confiance sur ce terrain.
Le poids de l’expérience et du prestige Plus que son âge (qui pourrait être un handicap), c’est l’expérience qui distingue John McCain de son adversaire. Ses actions au sénat, un engagement politique de trente ans et des soutiens de figures importantes de la politique étrangère américaine sont des avantages de poids. A cela vient s’ajouter une reconnaissance à l’extérieur. Il fait par ailleurs preuve d’un pragmatisme en matière de politique étrangère (au risque de s’aliéner le soutien des néoconservateurs) qui n’est plus à démontrer, et que sa campagne ne fait pour le moment que confirmer. Il se distingue en cela nettement de l’administration sortante, et ce n’est pas un hasard. Il sait en effet que le bilan de politique étrangère des années Bush est globalement négatif, et plutôt que de chercher à ignorer ces questions, il a choisi de les aborder de front, se démarquant du président sortant, mais réaffirmant dans le même temps son désir de voir les Etats-Unis continuer à jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale. John McCain bénéficie par ailleurs d’un important prestige dû à son profil de héros militaire. Sans doute l’un des plus grands héros américains des dernières décennies. Son expérience au Vietnam et son engagement politique jouent ainsi en sa faveur. Le premier président expert en politique étrangère depuis George Bush père ? George Bush père pouvait se targuer, lors de sa prise de fonction, d’une expérience hors du commun en matière de politique étrangère (vice-président pendant huit ans, ancien directeur de la CIA, ancien ambassadeur à l’ONU, en poste à Pékin…). A l’inverse, ses deux successeurs, Bill Clinton et George W. Bush n’avaient aucune expérience des dossiers de politique étrangère lorsqu’ils accédèrent à la fonction suprême. Ce n’est qu’une fois installés dans le Bureau Ovale qu’ils ont endossé le costume de commandant en chef de la première puissance mondiale, et imposé leur vision de la politique étrangère. John McCain n’a pas l’expérience de George H. Bush, mais il serait, en cas de succès, le président américain le mieux affûté lors de sa prise de fonction sur ces questions sensibles depuis Bush père ce qui, dans une période particulièrement difficile pour Washington à l’extérieur, avec des dossiers sensibles en nombre, pourrait s’avérer être un avantage de poids, qu’il mettra certainement en avant lors des débats télévisés avec son adversaire à l’automne prochain. Avec, souhaitons-lui, plus de succès que Bush face à Clinton en 1992 ! En d’autres termes, John McCain a tout intérêt à faire de la politique étrangère une question centrale pour cette élection. Un pari risqué, quand on sait que les Américains sont traditionnellement plus préoccupés par les questions internes, mais un pari qui a fait mouche lors des primaires. Le pari irakien McCain doit aussi son avantage sur son adversaire en matière de politique étrangère au pari presque insensé qu’il a fait sur l’Irak, dès le début des Primaires républicaines. A contre-courant de l’opinion publique, et de manière plus courageuse que ses adversaires républicains, il fit de la guerre en Irak l’un des principaux points de sa campagne, en promettant une victoire au cas où il accèderait à la Maison-Blanche. Le sénateur de l’Arizona a compris que si les Américains souhaitent un retrait rapide d’Irak, ils craignent la défaite, et à l’inverse de ses adversaires, force est de constater que McCain dispose d’un véritable plan : un retrait progressif, mais pas précipité, et une intensification de la lutte contre les rebelles afin de favoriser un transfert de responsabilités en direction des Irakiens. Force est de constater que son pari s’est avéré payant, et que l’amélioration, certes encore précaire, de la situation en Irak lui est pour le moment favorable. Obama l’a compris, et après avoir fustigé McCain sur sa politique irakienne, se montre désormais plus mesuré, et admet qu’un retrait top rapide ne serait pas forcément la meilleure option. Les atouts de Barack Obama Face à McCain, il serait erroné de voir en Barack Obama un mauvais candidat sur les questions de politique étrangère. En réponse à l’expérience de son adversaire, Obama oppose une vision de la place de l’Amérique dans le monde, autour de la nécessité d’améliorer l’image de Washington à l’extérieur. Un objectif que ne renie pas McCain, mais sur lequel le jeune sénateur de l’Illinois se montre mieux placé. En témoigne son immense popularité hors des Etats-Unis. Et sur des dossiers sensibles comme l’Iran, le Moyen-Orient ou la relation avec Cuba, Obama se montre lui-aussi pragmatique. La stratégie du candidat démocrate semble finalement assez simple : ne pas trop se distancer de McCain sur la politique étrangère, afin de pouvoir porter l’attention sur les divergences en matière de politique économique. En partenariat avec contre-feux.com Qui a dit que John McCain n'était pas sexy ? Cette parodie du clip "Vogue" de Madonna prouve le contraire. Une réalisation très réussie. ;-)
Steven Colbert, l'animateur du délirant Colbert Report sur Comedy Central, a lancé un concours début du mois : rendre John McCain plus excitant. L'idée est partie d'un discours en Louisiane, où le candidat est apparu devant un improbable panneau vert. Une initiative saugrenue de son staff de campagne qui fait le bonheur des internautes.
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Julien Landfried le 26 Juin 2008 à 11:03
Le candidat indépendant, boudé par les médias, n'abdique pas, et utilise le web (et YouTube en particulier) pour faire passer son message. A l'occasion de la disparition du comique américain George Carlin, il dénonce les 7 choses que l'on ne pourrait pas dire dans cette campagne présidentielle.
Les 7 tabous d'après Nader :
1/ Too much corporate power 2/ No Nukes 3/ Open the debates 4/ Free Palestine 5/ Pass national payer health insurance 6/ Repeal the anti-union Taft-Hartley Act 7/ Impeach Bush-Cheney Et le 8ème : "Vote Nader" ! Vous pouvez voir ci-dessous un classique du comique George Carlin, intitulé "Seven Words". Buzz
Julien Landfried le 25 Juin 2008 à 21:52
La dernière vidéo de l'équipe de campagne de McCain ne manque pas de créativité. Obama, par ses réticences à construire de nouvelles centrales nucléaires, à développer la voiture électrique, lancer de nouveaux forages pétroliers ou mettre en place une journée sans taxe sur les produits pétroliers, est décrit, sur fond de musique et d'habillage à la James Bond, comme le Dr. No de l'énergie américaine. Alors, McCain, le nouveau 007 ?:-) |
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