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Pierrick Leurent le 31 Mars 2008 à 19:15
Les médias ont les yeux rivés sur le combat que se livrent les deux grands candidats démocrates, et John McCain sait trop bien que, pendant ce temps, on ne parle plus de lui. Le candidat républicain prend donc les choses en mains et entame une tournée d'une semaine pour faire connaître son passé à l'ensemble de l'électorat américain. Histoire de prendre de l'avance sur ses rivaux...
John McCain souhaite qu'on parle de lui et que les Américains le connaissent mieux. C'est l'ambition affichée d'une tournée d'une semaine qui doit mener le sénateur de l'Arizona dans cinq états qui font partie de ses "expériences formatrices". Cinq étapes, comme cinq parties importantes de sa vie, expliquées sur le site Internet du candidat.
Première étape aujourd'hui à Meridian, dans le Mississippi. Il y a parlé enfance, souvenirs, famille. Le candidat républicain a évoqué les personnes qui ont marqué et influencé sa vie, au premier rang desquelles on trouve sa mère, Roberta McCain, âgée de 96 ans. McCain a également mentionné son père et son grand-père, tous deux amiraux de l'armée américaine. "Ce sont mes premiers héros, a-t-il expliqué lors de son discours. Ils ont donné leur vie pour leur pays, et m'ont enseigné l'honneur, le courage, le devoir, la persévérance et l'envie d'être un meneur." Lui-même vétéran de l'armée (pour mémoire, il a été fait prisonnier en 1967 et a passé cinq années dans les geôles vietnamiennes, où il a subi des tortures), McCain veut donc faire connaître son passé et celui de sa famille aux citoyens américains. En parallèle, il a lancé sur Internet un spot qui reprend ses principaux arguments : Loin de l'idée d'Ilovepolitics.info de jouer à "Barack à la plage", "Barack à l'école" ou "Barack à la ferme", mais la pépite vidéo du jour était trop belle pour ne pas être partagée. C'est donc un candidat démocrate très décontracté que nous retrouvons en pleine séance de bowling en Pennsylvanie. Problème, Obama n'a pas tenté de strike depuis ses 16 ans. Et cela se voit ;)A la Une
Marjorie Paillon le 31 Mars 2008 à 13:00
Cette semaine s'ouvre sur un sondage très remarqué. L'institut Gallup dévoile un écart de 10 points entre Barack Obama (52%) et Hillary Clinton (42%) pour l'investiture démocrate. Il s'agit de l'écart le plus large depuis le début des primaires, selon Gallup.
En observant la courbe Gallup, on observe qu'Obama a perdu du terrain sur Hillary Clinton à partir du 16 mars, soit en pleine polémique à propos de son pasteur Jeremiah Wright. Mais lorsque c'est au tour de l'ex Première dame d'être sous le feu de faux tirs croisés bosniaques, la tendance s'inverse. La relation conflictuelle d'Hillary Clinton avec la vérité, comme le dirait Carl Bernstein, fait replonger la candidate dans les sondages. S'il on en croit Gallup, le duel Obama-Clinton serait donc plus dommageable pour le camp d'Hillary. A moins qu'une prochaine polémique ne vienne à nouveau déstabiliser l'un ou l'autre des candidats.
L'autre partie de ce sondage concerne l'élection générale de novembre. Barack Obama et Hillary Clinton sont donnés perdant face à John McCain, et ce avec presque le même score : 44% des électeurs choisiraient le candidat ou la candidate investi(e) contre 48% pour le candidat républicain s'il s'agit d'Hillary Clinton. A noter tout de même, Barack Obama réduirait cet écart d'un petit point. A la Une
Marjorie Paillon le 30 Mars 2008 à 18:45
Barack Obama a exprimé depuis un meeting en Pennsylvanie son souhait de voir Hillary Clinton continuer sa campagne pour l'investiture démocrate autant de temps qu'elle le souhaite. Le sénateur de l'Illinois pense que ce duel est finalement stimulant pour le parti démocrate, puisque de nombreux électeurs indépendants ou même certains militants républicains se sont inscrit sur les listes démocrates pour pouvoir départager les deux candidats. Hillary, un sparring partner de première classe pour Obama?Analyses & Interviews
Barthélémy Courmont le 30 Mars 2008 à 18:03
par Barthélémy Courmont, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Depuis la victoire assurée de John McCain dans les Primaires républicaines, de nombreuses analyses « pro démocrates » s’inquiètent de voir des primaires trop longues et trop agressives dans le parti de l’âne profiter au candidat républicain, qui a déjà les yeux tournés vers le 4 novembre.
Il est vrai que John McCain, débarrassé de toute concurrence, peut désormais s’atteler à recomposer son parti, qui n’est pas sorti particulièrement divisé de primaires somme toute faciles. Il est vrai aussi qu’à trop se déchirer, les deux candidats démocrates encore en course pourraient diviser de manière inquiétante leur électorat, et certains sondages se sont risqués à mesurer dans quelle proportion les voix d’Hillary Clinton se reporteraient sur Barack Obama en cas de victoire de ce dernier, et vice-versa. Et les résultats indiquent qu’une partie des électeurs déçus du résultat des primaires de leur parti pourraient se jeter dans les bras de McCain. De quoi effrayer ceux qui pensent, du côté démocrate, que cette élection leur est acquise, après huit ans de présidence républicaine. Les médias sont branchés sur la même écoute, et pour tous c’est un fait acquis : plus les primaires démocrates seront longues et engagées, plus McCain en bénéficiera.
Les responsables politiques démocrates se montrent désormais eux-aussi inquiets de ces luttes fratricides qui selon eux n’ont que trop duré. Ainsi, le très influent sénateur Patrick Leahy invitait récemment Hillary Clinton à jeter l’éponge, partant du principe que ses chances sont minces, et qu’elle risque de faire perdre son parti à vouloir ainsi s’acharner à rester en course. Ce à quoi la candidate a répondu que se retirer serait manquer de respect aux électeurs des Etats qui ne se sont pas encore exprimés. Et de rappeler dans le même temps que malgré le blocage actuel, il faudra trouver tôt ou tard trouver une solution pour la Floride et le Michigan, comme pour sous-entendre qu’elle sera bien présente à la convention nationale de Denver en août prochain, et qu’elle n’a pas l’intention de se retirer entre-temps, à moins bien sûr qu’Obama n’enchaîne des victoires qui la prive de toute chance. Mais comme les sondages restent très serrés, l’ancienne first-lady estime, à tort ou à raison, qu’elle conserve toutes ses chances. Toujours est-il que de plus en plus de voix s’élèvent pour se plaindre de ces primaires interminables, et pour réclamer que le moins bien placé des deux candidats, en l’occurrence Madame Clinton, admette sa défaite. Ironie du sort, c’est Barack Obama lui-même qui est venu au secours de son adversaire, pour rappeler qu’elle peut toujours rester en course, et que la victoire n’est pas encore acquise. Mais pourquoi considérer que des primaires trop longues pour les Démocrates seraient immanquablement bénéfiques aux Républicains ? Le soutien d’Obama à Clinton ne relèverait-il pas finalement d’une habile stratégie visant à poursuivre les primaires pour mieux focaliser l‘attention, et mettre ainsi le candidat républicain au deuxième plan ? John McCain fut d’ailleurs le premier à s’inquiéter, au lendemain de la proclamation de sa victoire, de s’effacer derrière Obama et Clinton, et de ne plus mobiliser l’attention des médias. Malgré une tournée à l’étranger remarquée (en France notamment), et qui lui permit s’affiner sa stature de chef d’Etat, le candidat républicain va rapidement se retrouver, à l’approche des prochaines primaires, dans le rôle du spectateur d’une élection à laquelle il dispose de l’avantage d’être déjà « qualifié » pour le tour décisif, mais dans laquelle il convient de rester en permanence sous les feux des projecteurs, au risque de ne « plus exister ». Certains candidats que l’on pensait bien placés ont fait les frais de cette mise à l’écart, parfois malgré eux. On pense notamment à Rudolf Giuliani, qui à force de se voir dans le fauteuil du candidat républicain, à « oublié » de faire campagne dans les premiers Etats s’exprimant, et a ainsi disparu de la campagne un temps suffisamment long pour voir les électeurs se détourner de lui, et lui préférer des candidats plus visibles, comme McCain ou l’étonnant Huckabee. John McCain sait désormais que si l’écueil des primaires est passé, le plus grand risque pour lui est de perdre l’attention des médias, et donc des Américains et des bailleurs de fonds, dont il aura besoin pour s’assurer une campagne réussie. Le sénateur d’Arizona ne peut se permettre d’attendre son adversaire tandis que celui-ci (ou celle-là) continue de monopoliser les médias, et donc de prendre un avantage en vue du scrutin de novembre. Il n’a ainsi de cesse de critiquer ses adversaires, en particulier le mieux placé, Barack Obama, comme pour rappeler qu’il est toujours bien là, et que cette élection présidentielle américaine ne se résume pas à un affrontement entre Démocrates. Certes, le candidat républicain dispose de solides chances de remporter l’élection en novembre, et il serait erroné de le voir hors course trop rapidement. Mais s’il ne se montre pas lui aussi omniprésent dans les prochains mois, ses chances n’en seront qu’amoindries. Il le sait, et c’est la raison pour laquelle il cherche à tout prix à se mêler aux joutes que se livrent Barack Obama et Hillary Clinton, faisant de cette campagne un étonnant ménage à trois mélangeant primaires et lutte plus traditionnelle Républicains-Démocrates. Décidément, cette campagne n’est vraiment pas comme les autres ! Comme pour confirmer le constat que les Démocrates ne sont pas si inquiets de ces primaires interminables, Obama se montre visiblement confiant sur la capacité des Démocrates à se retrouver au lendemain de la désignation officielle de l’un d’entre eux pour affronter McCain en novembre. Et il pourrait faire preuve sur ce point de clairvoyance. La mobilisation exceptionnelle de l’électorat dans les primaires et caucus démocrates semble indiquer que les Démocrates se passionnent pour le duel Obama-Clinton, et que ces longues primaires, loin de diviser les forces, pourraient au contraire en s’éternisant capter l’attention, et favoriser les Démocrates en novembre. Si un vainqueur était désigné trop rapidement, la tension retomberait d’un cran, et il faudrait tout recommencer après les conventions. Quant aux sondages, rien n’indique que des électeurs encore enthousiastes derrière leur champion, et aujourd’hui prêts par dépit à rejeter son principal adversaire par vengeance, réagiront de la même manière le jour où on leur demandera de choisir entre quatre ans de présidence démocrate ou une nouvelle administration républicaine ! En d’autres termes, ces sondages n’ont absolument aucune valeur, et sont aussi déplacés que ceux qui donnaient, en décembre 2007, Hillary Clinton et Rudolf Giuliani larges vainqueurs de leurs primaires respectives. En d’autres termes aussi, rien n’est décidément acquis d’avance dans cette élection présidentielle, et penser en mars que des primaires trop longues pour les Démocrates profiteront immanquablement aux Républicains revient soit à lire dans les astres, soit à tirer des conclusions trop hâtives. Au choix ! Retrouvez l'IRIS sur son site Internet : www.iris-france.org Article reproduit dans le cadre du partenariat entre l'IRIS et Ilovepolitics.info - Tous droits réservés A la Une
Julien Landfried le 29 Mars 2008 à 23:02
Après le soutien de Robert Casey, sénateur démocrate de Pennsylvanie, à son adversaire Obama et les propos de l'ancien candidat Christopher Dodd (désormais soutien d'Obama) appelant à la désignation rapide du candidat démocrate, Hillary Clinton a refusé de plier face aux pressions. Et de rappeler qu'elle a déjà réussi de spectaculaires come-backs.
Voir le billet publié sur le blog d'Hillary Clinton. énumérant ses différents come-backs.
Barack Obama sera demain l'invité de The View, le show de la chaîne américaine ABC. Dans les quelques images déjà dévoilées par CNN, le sénateur de l'Illinois revient sur deux sujets du moment. Il évoque d'abord son lien familial avec Brad Pitt (ils ont un ancêtre commun, selon la très sérieuse étude de la New England Historic Genealogical Society). Plus important, il affirme qu'il aurait quitté l'église qu'il fréquente si Jeremiah Wright, le pasteur controversé, n'avait pas pris sa retraite.Nouvelle publicité télévisée pour le candidat républicain et nouveau rappel des états de service du soldat, prisonnier torturé cinq longues années pendant la guerre du Vietnam. C'est pour le moment l'axe principal de la communication de McCain : un vétéran, un héros, un patriote. Qui a dit que les Républicains changeaient de ligne politique après les deux mandats de Bush Junior ?La crise économique américaine a donné lieu à quelques épisodes critiques depuis l'été 2007. Le suspense des subprimes, l'inexorable chute du dollar face à la montée de l'euro et à la flambée des prix du pétrole... tout pour faire le plus gros blockbuster de l'été. Une bande annonce à ne pas manquer.A la Une
Marjorie Paillon le 28 Mars 2008 à 00:20
Alors que le duel Clinton vs Obama bat son plein, l'idée selon laquelle Al Gore pourrait sauver la campagne démocrate refait surface. Et si c'était lui ?
kbaird, licence cc, flickr
A mesure que la campagne de coups bas entre les deux candidats démocrates s'éternise, les rumeurs vont bon train. Celle du jour tourne autour d'Al Gore. L'ancien vice-président et candidat malheureux à Maison Blanche en 2000 pourrait-il faire un comeback? Bien que l'idée soit séduisante, elle est peu crédible. Un Al Gore nobélisé en Deus ex machina du Parti démocrate a tout d'un scénario palpitant, mais l'intéressé a déjà décliné la proposition. Il le disait en octobre dernier à la télévision norvégienne : s'il doit revenir sur la scène politique nationale, ce sera pour briguer le mandat suprême ou rien. C'est donc non pour l'instant. Quand aux rumeurs de ticket avec un des deux candidats, Obama en l'occurrence, elles semblent plus nourries par le fantasme médiatique que par la réalité politique.
Mais Al Gore pourrait tout de même peser sur la campagne en se positionnant comme arbitre des élégances entre un Obama et une Hillary toujours plus féroces. Les éditorialistes guettent un endorsement de l'ex-futur Président en faveur de l'ex-Première dame avec laquelle il a travaillé pendant huit ans à la Maison Blanche. Ou un revirement de situation : après John Kerry, Gore pourrait-il être le second ancien candidat officiel du Parti démocrate à choisir le sénateur de l'Illinois comme poulain présidentiel? L'impact pour l'un ou l'autre camp serait immense. Al Gore est en effet un super délégué, et on sait que leur rôle promet d'être déterminant lors de la Convention de Denver au mois d'août. Une autre déléguée dotée de super-pouvoirs, Nancy Pelosi, prévient ses confrères que l'investiture ne peut pas se jouer exclusivement sur leurs voix. La Présidente du Congrès affirme qu'il faut tenir compte du nombre des délégués élus par les militants. Les donateurs d'Hillary ne l'entendent pas de cette oreille. Ils ont renvoyé la politicienne californienne dans ses 40 mètres en lui demandant de bien vouloir jouer franc jeu. Nancy Pelosi peine à cacher son penchant pour Barack Obama. La course continue... |
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