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Sondages : Hillary Clinton inverse les courbes, Barack Obama fait trébucher John McCain

Marjorie Paillon le 6 Mars 2008 à 23:50

L'effet du 4 mars affole à nouveau les instituts de sondages. Selon Gallup, 48% des militants démocrates pensent désormais qu'Hillary Clinton peut remporter l'investiture. Pour la première fois depuis le début des primaires, Hillary serait aussi en position de l'emporter en cas de duel final contre John McCain. Barack Obama aussi, selon un sondage ABC-Washington Post.



C'est cette révélation d'ABC et du Washington Post qui a mobilisé les rédactions américaines tout au long de la soirée. Si l'élection présidentielle se tenait aujourd'hui, 52% des Américains voteraient pour Barack Obama contre 40% pour John McCain. En cas de match Hillary Clinton contre le candidat républicain, la démocrate sortirait elle aussi vainqueur avec 50% des voix contre 44% pour son adversaire. Un grand écart de 12 points pour le sénateur de l'Illinois, une moindre avance de 6 points pour sa consoeur de l'Etat de New York. Mais une même conclusion : les démocrates ont le vent en poupe en ce début du mois de mars.
En adoubant publiquement John McCain, George W. Bush lui a peut-être délivré le fameux baiser de la mort. Mais surtout, il offre un cadeaux empoisonné au sénateur d'Arizona : le bilan impopulaire de ses huit ans d'administration. Du coup, John McCain apparaît de plus en plus comme le candidat de la continuité. Et Barack Obama en profite pour devenir celui de la rupture. Hillary Clinton se fait aussi battre sur ce terrain-là. Le changement semble rester pour le moment l'envie principale des électeurs américains.

L'autre chiffre du jour, c'est celui de l'institut Gallup. Hillary Clinton sort revigorée de son bain de jouvence texan. 48% des militants démocrates considèrent qu'elle pourrait être investie par son parti, contre 44% pour Barack Obama. Explications en vidéo de Dr. Franck Newport de l'institut Gallup.





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Vendredi 2 Novembre 2012 - 11:40 Carte électorale 2008 vs 2012 : let's do the math



1.Posté par vintimille le 07/03/2008 03:18
Si besoin était,ces résultats du 4 Mars viennent nous apporter ,une fois de plus,la preuve de l'inconsistance des pronostics sondagiers et du cirque médiatique(et blogosphérique) auxquels nous avons droit quotidiennement.
Je voudrais en tirer quelques remarques qui témoignent moins de mes certitudes que de ma perplexité :

1 . Je crois utile de rappeler aux blogonautes français qu'une élection US n'est pas de la même nature qu'une présidentielle française : les États-Unis sont une fédération d'États encore souverains il y a moins de 150 ans. Le caractère unitaire, national, du pays a toujours coexisté avec une forte légitimité des pouvoirs locaux. S'explique ainsi la puissance du Sénat et des équilibres bicaméraux ,rien à voir avec le légicentrisme français et la domination du Palais Bourbon. S'explique enfin,et surtout, le poids parfois démesuré de certains États clefs le jour du scrutin. Il ne suffit pas de recueillir une majorité des votants pour gagner.

2 . Ce même processus de rééquilibrage territorial se retrouve aux autres échelons voire dans l''organisation des scrutins internes aux partis.Le Texas constitue,à cet égard, un exemple caricatural des distensions,des déformations que peuvent occasionner découpages électoraux et saucissonnage du corps des votants.C'est ainsi que Clinton n'aura pas un nombre de délégués proportionnel aux suffrages qui se sont pourtant portés sur son nom.Le cas s'était déjà présenté par le passé.

3.Ceci doit nous amener à nous interroger sur la nature,les modalités et in fine l'utilité des scrutins partisans censés départager les prétendants à la magistrature suprême :

* si le scrutin est la manifestation de la volonté d'une base militante et partisane,il est alors évident que le critère numérique des votants éclipse toute autre considération.À la rigueur,dans cette optique, seule la modalité des caucuses peut prétendre refléter le mouvement populaire....

*dans la perspective d'un suffrage militant ouvrir les urnes à des non partisans,à des indépendants,ne s'explique pas : il y a un risque d'interférences étrangères au parti, à commencer par l'opinion publique et les "manipulations" des médias...

*tout change si on veut considérer les scrutins partisans comme des tribunes ouvertes à l'opinion publique.Dans cet ordre d'idée, il s'agit moins de faire parler la base militante que de sonder l'ensemble du corps électoral. Le candidat désigné par la convention ne doit pas seulement se faire le porte-parole de son parti mais le champion de tout son électorat. On comprend mieux alors l'existence de Super Delegates chargés de surplomber les déformations des caucuses .

4 . Les considérations précédentes m'amènent à poser quelques questions sur les processus à l'oeuvre :

a . faut-il préferer un candidat massivement élu dans des États qui ne sont ni susceptibles de faire basculer la géographie électorale,ni suffisants pour gagner le vote populaire ? Quelle est d'ailleurs sa représentativité au regard du mode extrêmement étroit et partisan du corps électoral admis aux caucuses ?
b . de l'autre côté que penser d' une candidate ayant accaparé les grands États ? Ce qu'elle n'a pas en voix militantes,elle semble le rééquilibrer au sein des "masses silencieuses" : une primaire est-elle plus significative du suffrage populaire qu'un caucus ?
c . des interrogations précédentes découle l'idée selon laquelle le vote partisan pourrait brouiller la carte électorale.Carte d'autant plus biaisée qu'on a décidé de jeter un voile pudique sur un grand État comme la Floride.Aurait-on oublié l'élection de 2000 ?

Voilà le dilemne auquel sont confrontés les SD : désigner un candidat porté par la base partisane lors des caucus,mais sans réelle assise au sein des grands États, ou bien choisir une candidate forte du suffrage des grands États mais ostensiblement boudée par les militants et une partie conséquente de l'opinion publique ?

Les SD ne se contenteront pas d'une simple arithmétique,ils la savent biaisée par les caucuses et l'absence de la Floride. Ils savent combien le scrutin de novembre peut échapper à la seule logique du nombre comme l'élection de 2000 l'a cruellement prouvée.Alors ils attendront,scruteront les signes,les votes qui (ils l'espèrent) feront un choix à leur place.Ils se garderont bien d'endorser quiconque avant le coup de sifflet final.Ils pourront à tout moment se parjurer et changer d'avis.

On refait le match........!!!

2.Posté par Yvon Thivierge le 07/03/2008 05:26
C&#8217;est maintenant fait ! John McCain est le candidat républicain à la présidence. Quant au candidat démocrate, il faudra probablement attendre jusqu&#8217;au congrès national du parti au mois d&#8217;août pour connaître le ou la vainqueur. Pour les Canadiens, cependant, cela a moins d&#8217;importance puisqu&#8217;ils appuient un candidat démocrate, que ce soit Hillary Clinton ou Barack Obama.
Un sondage effectué par Harris Decima pour la Presse canadienne en janvier 2008 indique effectivement que la moitié (49 %) des Canadiens interviewés s&#8217;identifiait aux démocrates alors que seulement 12 % des répondants se sentaient plus proches des républicains. Hillary Clinton et Barack Obama recevaient l&#8217;appui de 34 % et 23 % des répondants, respectivement. John McCain, quant à lui, n&#8217;obtenait l&#8217;appui que de 3 % des répondants. Fait intéressant, les gens d&#8217;affaires canadiens semblent beaucoup plus favorables à McCain.

Les résultats du sondage Harris Decima correspondent également au sondage électronique que le Blogue tient à ce sujet, sauf pour ce qui est de l&#8217;appui prépondérant à Barack Obama.

Mais à écouter les discours et la rhétorique des candidats, les Canadiens appuient-ils le mauvais candidat ? La semaine dernière, Clinton et Obama ont dénoncé l&#8217;ALENA en disant que l&#8217;accord avait coûté des milliers d&#8217;emplois aux Américains, alors que les études sur le sujet démontrent le contraire. En fait, les deux candidats ont menacé de quitter l&#8217;ALENA si le Canada et le Mexique ne voulaient pas renégocier l&#8217;entente. Certains diront que ce n&#8217;est que de la rhétorique pour attirer le vote des électeurs de l&#8217;État de l&#8217;Ohio (ce qu&#8217;un « diplomate » canadien a indiqué dans le cas d&#8217;Obama, au grand chagrin de ce dernier). Cependant, à force d&#8217;enfoncer le clou de l&#8217;ALENA (et ce sera le cas dans les prochaines primaires du « rust belt », notamment la Pennsylvanie), les Américains vont s&#8217;attendre à ce qu&#8217;il y ait effectivement renégociation si l&#8217;un des deux candidats est élu président.

Est-ce que le Canada serait perdant dans le cas d&#8217;une renégociation de l&#8217;ALENA ? Avec un président et un Congrès démocrates alors que l&#8217;économie américaine connaît un ralentissement, on peut facilement penser que les Américains vont adopter un ton plutôt protectionniste. Il faudra voir si la menace canadienne d&#8217;utiliser l&#8217;énergie comme arme de négociation va fonctionner. Bref, je doute que la réouverture de l&#8217;ALENA soit à l&#8217;avantage du Canada. Il serait mieux de négocier une plus grande intégration dans le cadre du Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP).

Cela nous amène donc à John McCain, qui lui se dit ouvertement en faveur du commerce international et du libre-échange nord-américain. De fait, il est le plus « internationaliste » des trois candidats. Obama a beau parlé de changement et de sa volonté rétablir la réputation des États-Unis sur la scène internationale, mais, selon ses dires, il n&#8217;hésiterait pas pour des raisons partisanes à unilatéralement forcer la renégociation d&#8217;un accord international avec les deux plus importants partenaires économiques des États-Unis. Comme on dit, « plus ça change, plus c&#8217;est pareil ».

3.Posté par hadya le 07/03/2008 16:53
@Vintimille,
Une bonne fois pour toutes, dans ce cas, expliquez-moi : pourquoi faire des consultations à travers tout le pays si finalement ce sont les SD qui décident?
Ou mieux, si les soi-disants "petits Etats" ne servent à rien, pourquoi ne pas limiter les primaires seulement aux "Etats clés "?

N'est-ce pas mépriser ces électeurs qui ont "le malheur" de ne pas faire partie des Etats importants?
Ya-t-il les Etats-Unis d'Amérique ou des Etats répartis par castes?

Ca ne tient pas la route et ça n'a aucune logique

De plus, je le répète ici, Clinton n'a gagné que dans des bastions Démocrates, il n'y a donc aucun risque pour Barack de les perdre en Novembre
Croyez-vous vraiment que la Californie par exemple se tournera vers Mc Cain?

Il ya des Etats traditionnellement Démocrates et d'autres Républicains c'est un fait mais d'autres Etats sont vascillants et Barack a remporté certains d'entre eux grâce notamment aux Indépendants.

Conclusion : lui seul est le mieux placé ou sinon je le répète, aucune raison d'organiser des élections populaires si à la fin cela ne se transforme qu'en simple mascarade digne des anciennes dictatures communistes où seul l'establishment a le dernier mot après un semblant de vote

4.Posté par rico le 08/03/2008 00:53
Hadya:
Il ne s'agit pas de mépriser les petits états rouges, mais à l'heure de décider du candidat offrant les meilleures chances de succès aux démocrates, si la décision ne s'est pas faite avant, il est impératif de ramener leur vote à leur portée finale.
J'ajoute aussi quand tu voies les scores fantaisistes dans ces états (75-25) que les votants n'y ont visiblement pas pris la mesure du choix s'offrant à eux. On croirait les votes des lecteurs d'Ilovepolitics...(dédicace à Julien au passage ;-)

Le reste de ton message est faux. Ce qui serait bien pratique pour que l'on tombe d'accord, si tu résonnais de façon objective.
Les bastions démocrates sont équitablement partagés (en nombre, en valeur les plus gros vont à Clinton)
Les états vacillants (bonne idée d'utiliser un terme français: j'adopte) sont justement les plus clairement pro-clinton

Dans le détail:
Etats 100% démocrates depuis 1988
Obama 5 (WA, MI, WI, HI, DC) Clinton 3 (NY, MA, RI)
Attente OR

Etats 80% démocrates depuis 1988
Bastions depuis 1992
Obama 6 (IL, DE, MA, VE, ME, CT) Clinton 2 (CA, MI)
Attente PA
1 cas particulier: l'Iowa, bastion basculé en 2004
OBAMA 1 (IA)


Etats 100% républicains depuis 1988
Obama 9 (ID, NE, ND, UT, KS, AL, SC, VA, ALK) Clinton 2 (TX, OK)
Attente WY, SD, IN, MS, NC

Etats 80% républicains depuis 1988
Obama 2(CO, GA) Clinton 2 (FL, ARZ)
Attente MON


Etats vacillants (3 fois républicains, 2 fois démocrates ou inversement)
Obama 2 (MO, LA) Clinton 6 (NE, AR, TN, OH, NH, NM)
Attente KY, WV

Je t'invite donc à tirer les conclusions de tes propres propos.

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