Ralph Nader est déçu. Déçu de voir que les démocrates n'arrivent pas à mettre en perspective les vrais challenges de cette campagne. Déçu d'entendre Barack Obama et Hillary Clinton se livrer à une guerre de clans par meetings interposés.
Selon lui, Barack Obama a beau être un bon législateur, il reste trop vague sur son programme.
Il n'est pas plus tendre à l'égard d'Hillary Clinton.
Sur son site, il dénonçait cette semaine l'OPA des Clinton sur la Maison Blanche. "Nous n'avons pas besoin de huit années Clinton de plus." Obama et Hillary, même combat.
Le seul candidat qui trouve grâce à ses yeux, c'est
John Edwards. Dommage, puisque l'ancien sénateur de Caroline du Nord s'est retiré de la course. Mais c'est justement dans cette brèche que Ralph Nader pourrait s'engouffrer.
Il déclare ne pas encore avoir pris sa décision. Pourtant, l'activiste indépendant a lancé depuis le 30 janvier un comité pour juger de la pertinence de sa nouvelle candidature.
Les supporters du Green Party sont aussi derrière lui.
The Nation commentait dès jeudi dernier les chances de Ralph Nader de se présenter cette année. Lors de sa dernière campagne en 2004, il n'avait rassemblé que 0,38% des voix.
L'environnement, la lutte contre la paupérisation de la société américaine commencent à émerger comme des thèmes forts cette année. Seul problème pour Nader : son socle de fidèles pourrait bien être entamé par Al Gore.
L'ex-futur-Président des Etats-Unis a déclaré pour sa part, qu'il ne se présenterait pas cette année. Mais ses militants les plus fervents espèrent encore un sursaut du prix Nobel de la Paix.
Nader, quant à lui, réserve sa réponse après le Super Tuesday. Et qu'on ne vienne pas lui parler d'une candidature indépendante qui canibaliserait la candidature démocrate.
"Tous les candidats prennent des voix aux autres. Plus nous avons de choix, plus nous aurons de voix."