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Julien Landfried le 5 Novembre 2008 à 16:34

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Vendredi 2 Novembre 2012 - 11:40 Carte électorale 2008 vs 2012 : let's do the math


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69.Posté par Funnymine le 14/11/2008 06:26
@ Rico

"Le premier concerne les discriminations à l’embauche, et ma démarche sur le sujet n’est certainement pas de nier mais déjà d’apporter mon témoignage."

Ha ben voyons ! Et pourtant c'est quelqu'un qui m'a dit que c'était une "chimère" la discrimination...

"mais que ce passera t’il si ce jeune a tendance à croire que tous ses problèmes viennent de son faciès ? Si je ne l’avance pas, il va péricliter voire colporter des rumeurs néfastes au sein et à l’extérieur de ma société. Et si je surcompense et l’avance trop vite, ce sont ses collègues qui vont faire la gueule. Suis je en mesure de courir ce risque ?"

Bravo ! Tu viens de d'écrire le mécanisme des peurs collectives. "et si...et si... et si..."

"Premièrement que l’esclavage a toujours été une activité totalement marginale dans l’édification de l’immeuble dont on parle"

L'immeuble a quand même reçu pas mal de sou-sou en provenance du commerce esclavagiste. Après comment ils ont utilisé l'oseille on s'en fout (tout comme je n'en ai rien a carré de la manière dont les milliardaires qui font leur beurre sur le dos du Sud dépensent leur fric) car les millions d'esclaves méritaient un peu mieux comme traitement (je ne parle pas de RTT ou de smic là). On ne va quand même pas repprocher aux esclaves de ne pas avoir travaillé plus ! Les "maîtres" n'avaient cas mieux partager le butin.

"En France, nos journalistes se sont empressés d’incriminer le gouvernement fédéral et de le taxer de raciste... Tirer sur l’amBushlance fait vendre"

C'est pas comme si on avait demandé à George de gérer cette crise à coup de 700 milliards ! Parce que dès qu'il s'agit de Wall Street, c'est une autre musique. Salauds d'pauvres (noirs) !

"Le simple fait de se regrouper ainsi en fonction de l’ascendance, d’une ascendance aussi lointaine, est du communautarisme, et vous éloigne de cette société que vous dites vouloir rejoindre et être la votre."

Je vais copier/coller cette phrase et l'envoyer à tous les habitants de Neuilly !

"si la traite atlantique avait été un génocide comme le prétend Avembe et comme l’ont fait les orientaux, il n’y aurait plus de descendants et donc plus de responsabilités à endosser."

La traite négrière et l'esclavage s'ils ne correspondent à la définition actuelle de "génocide" en ont eu des effets comparables. Entre 11 et 20 millions de victimes pour la traite atlantique en à peine 3 siècles ! Pour atteindre un tel chiffre les arabes ont dû bûcher (si je puis dire) 1000 ans ! On comprend ainsi les dépeuplements de masse sur les côtes africaines, d'autant plus que ce sont les meilleurs "mâles" qui trinquaient (dans des civilisations tournées vers l'agriculture ça la fout mal).
Et au fait, génocide ne signifie pas "plus de descendants". Les petits-enfants de Simone Weil risquent de pas apprécié la remarque...

"Il est enfin (encore !) un autre point dangereux dans ce raisonnement de culpabilité collective héritée : va t’on alors revoir les catholiques considérer les juifs comme des déïcides ?"

Traduction : Attention ! Si tu l'ouvres c'est le génocide !
Un grand classique.

68.Posté par rico le 13/11/2008 02:55
Deux plus deux
Il est toujours intéressant de lire tes réflexions, mais dieu que c’est long ! J’ai failli zapper, et je l’aurai fait venant de quelques autres, ou si de fil en aiguille je n’avais pas constaté de nouveau l’intérêt de tes écrits. Inutile de craindre mes coups de griffe, ils ne sont destinés qu’aux raisonnements outranciers. Pour autant, il est des désaccords qu’il me faut exprimer.

Je voie deux points à séparer.

Le premier concerne les discriminations à l’embauche, et ma démarche sur le sujet n’est certainement pas de nier mais déjà d’apporter mon témoignage. Il est clair : moi le plafond de verre, je ne l’ai pas vu. Je ne généraliserai pas, il paraît que ça dépend des secteurs. Mais j’aimerai surtout que des témoignages comme le mien ne soit pas considéré comme du déni mais comme une note d’espoir. Et puis le phénomène des peurs collectives, dont on découvre après coup mais trop tard qu’elles ont été excessivement spéculées ne menace pas que les taxis.
Cependant, si je me mets maintenant à la place d’un recruteur, au moment de recruter un membre de minorité je vais avoir deux pensées en tête :
Si ce jeune est discriminé par les autres employeurs, je ferai une bonne affaire en le prenant vu qu’il n’a pas la situation qu’il mérite, et cette bonne affaire je l’aurai mérité en étant plus malin que mes concurrents… mais que ce passera t’il si ce jeune a tendance à croire que tous ses problèmes viennent de son faciès ? Si je ne l’avance pas, il va péricliter voire colporter des rumeurs néfastes au sein et à l’extérieur de ma société. Et si je surcompense et l’avance trop vite, ce sont ses collègues qui vont faire la gueule. Suis je en mesure de courir ce risque ?
Gaffe aux sirènes de mauvais aloi. Celui qui vous confortera systématiquement dans l’idée que si vous avez échoué c’est à cause de la couleur de votre peau et vous ôtes peu à peu toute aptitude à prendre du recul est un flatteur de mauvais aloi. Tu parles de « celui qui dit qui y est », mais le mécanisme, que j’appellerai plutôt de victime devenu bourreau, puise ses racines dans ces commentaires complaisants et parfois intéréssés. Tu prends l’exemple de Katrina : il m’a fallu aller sur des sites républicains pour découvrir que les responsables locaux étaient tous démocrates (et ont été dégagés dès l’échéance électorale suivante). En France, nos journalistes se sont empressés d’incriminer le gouvernement fédéral et de le taxer de raciste... Tirer sur l’amBushlance fait vendre. Pour ma part, j’ai choisi d’attendre les résultats du 5 Novembre pour en tirer des conclusions définitives, et ces résultats sont probants : A contre-courant de la société américaine, la Louisiane a voté républicain.
Dont Acte.



Le deuxième point concerne l’esclavage. Et plus particulièrement la traite atlantique.
Quand tu prends pour image l’immeuble construit sur l’exploitation dont j’hériterai, deux réflexions me viennent à l’esprit :
Premièrement que l’esclavage a toujours été une activité totalement marginale dans l’édification de l’immeuble dont on parle (mais ce n’est pas le principal)
Deuxièmement, que cet immeuble tu en hérites tout autant que moi à partir du moment où tu rejoins notre société.

Tu l’auras compris, je suis opposé à tout principe de réparation vis à vis des descendants d’esclaves. Si faute il y a, elle est le fait d’individus (négriers et appareil monarchique de l’époque) et non d’une collectivité qui ne pouvait pas se faire entendre. Encore moins à plus d’une dizaine de générations d’écarts.
Le simple fait de se regrouper ainsi en fonction de l’ascendance, d’une ascendance aussi lointaine, est du communautarisme, et vous éloigne de cette société que vous dites vouloir rejoindre et être la votre.

Et puis ce paradoxe : si la traite atlantique avait été un génocide comme le prétend Avembe et comme l’ont fait les orientaux, il n’y aurait plus de descendants et donc plus de responsabilités à endosser. Il serait quand même idiot de condamner une société parce que quelques uns de ses très anciens membres n’ont pas poussé leur barbarie jusqu’au bout !

Il est enfin (encore !) un autre point dangereux dans ce raisonnement de culpabilité collective héritée : va t’on alors revoir les catholiques considérer les juifs comme des déïcides ?

Je préfère m’arrêter là plutôt que de relever les autres points que tu soulèves, mes accords et mes désaccords. Trop de dispersion nuirait au message. Mais je ne résiste pas à une dernière parenthèse (pas forcément la plus attendue) : j’écoutais skyrock lorsqu’elle est devenue skyrap et y suis resté un moment (je me souviens très bien de la chanson d’Arsenik). J’ai changé de fréquence et n’y suis plus revenu à cause d’une série de bulletins d’info sur l’open d’Australie 1999, où le journaliste a tenu une série de propos méprisants envers Mauresmo qui venait de déclarer son homosexualité. Je me suis alors dit que la radio au jingles « Total Respect » venait de me prouver sa bonne foi une foi de trop …

67.Posté par dori le 11/11/2008 13:58
Deux à Deux. Amen!

C'est justement ce que j'aurais aimé que tu dises à Rico. Et tu l'as fait avec un style aussi rare qu'élegant. Je crois que Rico comprend désormais ton opinion(la mienne aussi d'ailleurs). C'est pour ça sans doute qu'il ne réagi plus. J'ai juré de ne plus lui parler mais je me rends compte qu'il me manque un peu. Où es-tu Rico?


66.Posté par Avembe le 11/11/2008 12:22
Aîe aîe aaîe , Deux et deux!!!
Dès que tu as mentionné ,ce reportage sur "les yeux bleus" g t si content car ça fait au moins 2 ans que je cherche désespérement mais je ne le trouve pas...
Donc s'il te plait, dès que tu retrouve les références ,transmets ce serait troooooooop cool!!!!!!!!!!
ce reportage est superbe!!!!!en plus il est très émouvant, si instructif, pédagogique, subtile et à la fois précis...bref !SUPERBE!!!!
D'avance merci!!!!!!!!!!!!!!!
par contre sérieux c'est le plus long des super-méga-pluslongs ultra super longs posts que j'ai jamais lu de ma vie
Wow, t t inspiré!!!

65.Posté par Deux Et Deux le 10/11/2008 14:34
@Rico. Je te remercie de constater l'attention avec laquelle j'écoute ce que tu exprimes. Je ne peux donc que te remercier d'en faire autant. Et je m'excuse par avance des limites de mon cerveau, qui manifestement délivre des interprétations douteuses de tes motivations généreuses. Ce préambule, sincère, me permet de souligner que là, nous sommes dans un dialogue constructif, démocratique. L'écoute, le respect de l'orateur, la prise en compte de sa parole dans les mots et les actes qui suivent.

Le problème est que les mots que tu prononces, les références que tu choisis, les intentions que tu prêtes aux revendications noires, s'ils sont admirablement documentés, n'en sont pas moins l'écho du dogme dominant, celui qui bénéficie actuellement de la caisse de résonnance médiatique, et que l'on peut résumer rapidement par "C'est celui qui dit qui y est !" Il te faut donc admettre que les nuances qui te sont personnelles nécessitent d'être soulignées et reformulées parfois. C'est toute la différence entre une prise de parole singulière et une communication de masse. J'y suis également contraint. Rien de perso dedans.

Or, le dogme dominant, "c'est celui qui dit qui y est ", incontestablement justifié par la nature universelle des démons du racisme, est aussi réputé pour être un artifice rhétorique qui présente l'avantage d'être, d'une part, à la portée d'un enfant de 5 ans et d'autre part, redoutablement efficace. Il permet tout simplement de déplacer le sujet de la discussion, tout en transformant l'accusé en accusateur. C'est de bonne guerre. Tiens, avez-vous vu cette semaine, le documentaire consacré à Jaques Prévert (en voilà un Juste, semble-t-il) où il s'étonnait qu'on dise toujours "c'est de bonne guerre", et jamais "c'est de bonne paix". Tout est dit je crois dans cet aphorisme, si on veut bien tolérer la formulation poétique. Il y a une différence entre un discours polémique et un dialogue politique.

Il ne faut donc pas s'étonner si les tenants des revendications noires se montrent particulièrement réticents à se laisser entraîner dans une prétendue autocritique, dont le premier effet serait de ranger une fois encore leurs revendications dans le placard. On sort à peine d'une rhétorique à la "reste tranquille, sinon Tonton Le Pen va débarquer" pour passer à "Prouve-moi ton amour, et j'étudierai ton dossier". Et je te passe la litanie des précédentes réactions aux revendications noires dans la nation française, dont les plus scandaleuses étaient "va faire la guerre pour moi, et tu pourras parler". Promesses systématiquement trahies.

La situation est grave. Nous ne sommes pas aux premiers jours de ce débat. L'échec de la république à mener ce dialogue est patent. Et la meilleure preuve pour moi est la manière dont on ramène systématiquement les discours à l'identité de la personne qui les porte. Tu as le droit de parler parce que tes ancêtres n'ont pas de sang sur les mains, il ont soufferts eux aussi. Moi j'ai le droit de parler parce que j'ai dans mon parcours personnnel une liste de discriminations impressionnantes, qu'il faut avoir vécu pour pouvoir apprécier. C'est quand même triste d'en arriver là. Cela témoigne d'une hypersensibilité et d'une défiance totale envers la parole de compatriotes.

La récente affaire Siné/Val a permis ainsi à nombre de journaliste et d'internautes de rappeler le bon mot de Desproges, disant qu'on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. Pauvre Desproges. Triste destin que celui de l'iconoclaste raccourci au rang d'icone, dont on exploite les paroles en dehors de leur contexte. Non, non et non. Le pouvoir du verbe ne se résume pas à l'identité du locuteur. La république doit pouvoir se construire un espace où les homosexuels défendent les femmes, les femmes les noirs, les noirs les handicapés, et les handicapés les pauvres. Etc...

Rico, si je me permets de t'en faire la leçon, c'est parce tu fonces tête baissée dans le piège, en évoquant les spécificités des ascendances d'Obama. Regarde bien la situation. Obama n'est pas une seconde encombré de telles sources potentielles de traumatisme, au contraire, il s'en fait un flambeau, et se défait avec virtuosité de toutes les étiquettes que l'on a pu lui coller. Pourquoi ? D'abord parce que le témoignage peut en effet avoir une valeur pédagogique. On pourrait le passer au détecteur de mensonge qu'on se rendrait probablement compte qu'il pense très profondément, et probablement depuis longtemps ce qu'il dit : il est possible de revendiquer son ascendance en prenant ses distances avec les erreurs et les fautes commises. Et puis, le politicien habile se rend bien compte que le témoignage permet de communiquer à la plus grande masse des notions particulièrement complexes et polémiques. C'est toute la puissance de la littérature orale par rapport à la culture de l'écrit. Enfin, le politicien post-médiatique est conscient des limites du filtre des médias : à la télé, il ne faut surtout pas se créer des ennemis en dévoilant trop tôt la réalité du programme qu'on envisage d'appliquer, il vaut mieux formater des messages très lisses et très courts, que l'on se contentera de répéter inlassablement, en proposant à l'électeur un personnage suffisamment contrasté pour que chaque population ciblée s'y retrouve. Les électeurs post-médiatiques sont totalement perdus face à la qualité des communications politiques, sublimées par l'art récent du story telling. Au point d'en arriver à juste "sentir" le candidat. La boucle est bouclée pourrait-on dire : nous sommes revenus à une sélection animales de nos partenaires. On ne choisit plus un programme, on adhère à une personnalité, ou pas. On lui sent le cul, et ça passe ou ça casse.

Cette situation est pour moi la preuve d'une situation post-traumatique dont il faut absolument prendre la mesure. Il faut d''abord admettre que le témoignage à ses limites. C'est un pis-aller, pas un idéal. Et puis, il faut comprendre que les traumatismes de l'esclavage, de la colonie, de la ségrégation, de l'apartheid ou du nazisme sont encore trop frais pour disparaître par eux-mêmes. Un jour viendra probablement, où le nom d'Hitler sonnera avec la même résonnance folklorique que celui de Gengis Khan. Mais ce n'est pas demain. Ce genre de traumatisme provoque des désarrois profonds chez les descendants des victimes (c'est évident), comme chez les descendants des bourreaux (ce qui est beaucoup moins évident). En cela, on ne peut mettre sur le même plan, les descendants des victimes et ceux des bourreaux.

Les descendants des victimes sont beaucoup plus conscients de leur devoir de mémoire et du travail qu'ils doivent accomplir pour dépasser leur histoire. Forcément. C'est pour cela qu'il réclament que la lumière soit faite sur les crimes du passé. Ils veulent verbaliser et ainsi dominer les douleurs héritées. Le sentiment d'impuissance, d'animalisation, d'être utilisé comme un objet... Ce n'est pas simple tout ça. Mais c'est là qu'un autre malentendu intervient. En exigeant que le coupable soit pointé du doigt, et que l'horreur de son geste soit exposé publiquement, le descendant d'esclave mise sur l'humanité du descendant d'esclavagiste : loin de considérer son ancêtre comme un psychopathe qui n'aurait éprouvé aucun sentiment humain, et qui aurait transmis ses gènes déviants à sa descendance... le descendant d'esclave se propose d'aider le descendant d'esclavagiste à porter son fardeau, pour le soulager d'une part (simple mise en application du devoir de fraternité dans lequel certains s'autorisent à croire, libre à toi de mettre en doute leur sincérité), mais également pour s'assurer que, les mêmes causes provoquant les mêmes effets, le présent n'affiche pas les mêmes symptômes de discriminations que le passé.

Le traumatisme du descendant d'esclavagiste est autre : celui-là doit s'arranger avec l'amour qu'il ne peut s'empêcher d'éprouver pour ses ancêtres malgré l'image aux aspects légèrement monstrueux que l'histoire lui renvoie. Il doit supporter l'angoisse horrible de porter le mal en soi. Et surtout, il doit redéfinir entièrement sa logique collective, traquer en lui les germes dangereux (son quotidien, sa culture, toute sa conception du monde) , et agir de manière éclatante pour témoigner des distances qu'il a prise avec le mode de pensée de son ascendance. Mission impossible. Les êtres humains ne sont pas fait s'inventer individuellement une culture. Cela prend du temps, ensemble.

Alors parlons-en du présent. Et de l'avenir. Constatons d'abord. Tu as parlé d'une loi. Super. D'autres nous parlent d'un numéro vert. Excellent. Sur le plan symbolique, nous y sommes. Sur le plan des droits individuels, nous avons fait également beaucoup de chemin. Mais ne faudrait-il pas commenter plutôt les résultats que les intentions. Que de faux-semblants... Qui veut-on tromper ? N'as-tu pas été frappé par la manière dont, aux états-unis, malgré les lois, malgré les évolutions culturelles, il a fallut voir le nouveau président élu avant d'admettre à 100% que cela était possible. A travers le monde d'ailleurs. Cela veut forcément dire qu'au fond, personne n'est dupe des déclarations incantatoires, et des pansements sur les jambes de bois. Obama a dû passer par un trou de souris pour arriver au bout. Blanc, il n'aurait pas eu autant d'obstacles à-priori. Musulman, on peut également spéculer sur plus d'obstacles.

Au fond, tout le monde sait qu'être noir aux états-unis ou en France est un handicap. Tous les américains le savent. Tous les français le savent. Et c'est ce refoulement qui participe des défoulements auxquels nous assistons. Les noirs, les arabes, ça vous gâche le plaisir d'être français. Ça vous pique dans la chaussure. Ça fait chier, toujours à se plaindre.

Avant de continuer, permets-moi un apparté, concernant la hiérarchie des victimes que je suggérais. Tous les journalistes connaissent la théorie du mort par kilomètre. De source Wikipedia : "la mort occupe une place d'autant plus faible que le nombre de kilomètres qui la sépare du lecteur est élevée, car le lecteur se sent moins touché". Je sais que tu la connais. Si je la rappelle, c'est que cette théorie illustre parfaitement qu'entre gens de bonne compagnie, on peut se permettre de commenter les tragédies humaines en leur attribuant un ordre d'importance donc d'urgence. Et non seulement on peut se le permettre mais dans certaines situations, on doit passer par là. Les journalistes doivent peser leurs mots. La justice repose sur une hiérarchisation des victimes, donc des peines. La police le fait à chaque appel. Il est commun chez les êtres humains de prendre la responsabilité d'évaluer le drame d'un autre, en faisant tous ses efforts pour apporter à chacun le maximum de compassion.

Alors pourquoi tout d'un coup mettre à l'index ma tentative de hiérarchisation en la qualifiant d'étrange. Aurais-je franchi une limite taboue de la société française ? Aurais-je prouvé mon intention de compétition victimaire ? Suis-je anti-sémite ? On est d'accord : tu te gardes bien d'aller jusqu'au bout. Tu devines probablement à mon discours qu'il sera compliqué de m'inculper, et tu n'en as probablement pas envie. Tu ne reviens pas sur le fond de mon discours, mais par facilité rhétorique, tu introduis dans notre dialogue l'ombre du soupçon que je serais indigne de le mener. Tout le monde aura compris. Pas besoin d'en dire plus. Ça, ce n'est pas un dialogue républicain. Fraternel.

Il me faut malheureusement admettre pour ma part, en y mettant toute la bonne volonté du monde, que je dois probablement avoir un de ces gènes négroïdes qui m'empêche de comprendre cette finesse française consistant à éviter certains mots et expressions pour en conjurer le risque. Soit, ç'est un gène négroïde, soit je me trouve au sein d'une nation traumatisée. Une nation qui s'imagine que de tirer les leçons du drame d'hier, consiste à se préparer exactement au même drame. Pour moi, qui ne suis traumatisé, ni par "Je suis partout", ni par "Radio Mille Colline", je préfère appeler un chat tel que. Au risque de me tromper. Qui vole un oeuf, vole un boeuf, et qui compare deux victimes tue un juif, je ne comprends pas ça.

Au contraire, il semble que le traumatisme ainsi mal géré, suscite ce qu'il voulait éviter. Aux Etats-unis, un drame comme celui de Katrina, a permis aux noirs américains d'évaluer combien la loi du mort par kilomètres jouait clairement en leur défaveur. Même en plein coeur du pays, à une couleur de peau près, on peut se sentir très loin de son gouvernement. Le tsunami asiatique lui, allait nous prouver que même à des milliers de kilomètres de son territoire, le blanc restait très proche de son gouvernement et de sa société. Si on avait le droit de s'interroger sur une hiérarchie des victimes, on découvrirait probablement une loi du mort par taux de mélanine.

En attendant, on mélange tout. Allez expliquer au travailleur malien qu'il ne sera jamais obligé de porter une étoile ni jaune ni noire, il vous rigolera au nez. Son étoile, il la porte tous les jours, sur le front, sur le cul, vaillamment. Et en plus, le problème entre les juifs et les goy lui échappe royalement : comment deux blancs ont trouvé le moyen de se bouffer le nez à ce point ? Hitler, pour lui, ça sonne un peu comme Gengis Khan. Et si vous croyez qu'il met quelque malice à ne pas reconnaître dans cette mesure anti-étoile jaune, une énorme évolution de la législation française destinée à le protéger, s'il ne comprend pas combien cette mesure va lui permettre d'échapper à son vendeur de sommeil ou de trouver un boulot à la hauteur de ses compétences, c'est peut-être parce que au fond, vous ne souhaitez pas croire le thermomètre. Vous soupçonnez le messager. C'est là, le drame des revendications noires : elles doivent être portées par des noirs, et de ce fait, n'en sont plus crédibles. On a beau être dans le désarroi, on ne va pas pour autant confier les clés du camion à l'ennemi héréditaire. Alors quand un noir se permet de comparer son problème de discrimination à celui qui lui paraît le plus proche du sien.... pas celui des corses, ni celui des femmes, ni celui des handicapés, mais celui des juifs. On hurle au blasphème, Si on lui laisse le bout du doigt, le salaud prendra le bras entier.

Pendant ce temps, l'anti-sémitisme historique de la France, se retrouve chez les nouveaux français. Scandale. Horreur. Des enfants de maliens, dont les parents n'auraient su définir un juif, se retrouvent au pilori médiatique : ne sont-ils pas en train de réintroduire en France, par la gauche pourrait-on dire, le virus irrésistible de l'anti-sémitisme. Est-ce que le mal est fait, ou peut-on encore les sauver malgré eux ? Sont-ils faibles d'esprits, ou juste musulmans, stupidement solidaires des palestiniens ? Voilà en tout cas qui ne donne pas envie de les écouter ou de les aider : au contraire, c'est même intolérable de voir une victime incapable d'empathie envers une autre victime. Plutôt leur coller nos pires experts du redressement de cerveau dans les pattes. Pas les doux, les malins, les vicieux, non, les durs, les brutaux, les ceusses qui ne s'en laissent pas conter. Ce qui met les noirs en rage, ayant l'impression que juifs et goys blancs se refont une histoire collective à leurs dépends. Comme toujours avec les hommes : c'est par l'exclusion des autres que l'on affirme le mieux l'union des uns.

Pourquoi j'ai développé ce long apparté, au risque de me prendre dans la gueule les perches que j'aurai fourni ? Certainement pas pour stigmatiser ton discours Rico. Posément, point à point, je tenais à souligner toutes les astuces rhétoriques que tu as pu utiliser. Tu me dis : Zidane et Noah. Je te réponds le Général Dumas et le Chevalier de St-George. Les exceptions servent aussi à prouver des règles. Et puis, bizarrement, contrairement à ce que tu pourrais croire, nous, les noirs, n'accusons pas la société française en bloc et sans nuances. Le vote populaire pour Zidane et Noah a un sens. Ce qui n'a pas de sens, c'est le plafond de verre qui maintien consciemment le statut quo discriminant dans de nombreuses institutions. Ce qui n'a pas de sens, ce sont les petites vexations qui pourrissent le quotidien des noirs de manière totalement inconsciente. Un cadre qui se fait snober par 5 taxis à 3 h du matin en sortant du boulot, un jeune qui se fait contrôler 3 fois dans la journée, une femme dans un grand magasin qui se fait systématiquement ignorer par les vendeuses, mais serrée de près par le vigile. C'est notre quotidien, ne t'en déplaise. Comme un supplice chinois (les pauvres, on les avait épargnés jusqu'à présent) : ce n'est pas l'impact ou l'intensité qui fait mal. Au contraire. Ce ne sont que de petites frustrations, vexations, mais il vaut mieux t'y attendre et serrer d'avance les dents que le contraire. Toujours. Tout le temps. Nous n'avons pas d'indications de race, de réligion ou un casier judiciaire sur notre carte d'identité, mais je ne sais pas pour vous les autres noirs, moi je ne sors jamais sans elle. Il y a trop de gens qui s'y intéressent. C'est une habitude de ma jeunesse : j'attirais quasi immanquablement l'attention de la police. Je dois avoir une tête à la André Pousse. Nous sommes beaucoup à avoir une tête à la André Pousse. Même si nous n'avons pas vraiment conscience de nous ressembler.

Ha mais oui : il faut dire qu'on n'est pas aidés par les sauvageons amateurs de Kärcher. Quelle engeance que celle-là ! Incapable de s'identifier à un président qui lui aussi a été ostracisé par le gotha, ils se lamentent d'être remisés dans des ghettos. Quand je suis arrivé en France, l'élite musicale se plaignait de la dépolitisation de la chanson populaire. Le groupe Chic, vu d'en France, étaient les symboles d'une musique dédiée à la danse, sans plus de prétention. Des guignols. Bling Bling avant l'heure. Personne ne savait que le fameux Aaaaah Freak Out qui allait devenir leur cri de ralliement, se prononçait initialement Aaaahhh Fuck Off, inspiré par un des portiers du Studio 54 qui leur avait interdit l'entrée. Mais on savait vivre à cette époque. Les Wailers se lamentaient de belle manière eux. Défoncés jusqu'aux yeux. Guignols disait la critique musicale. Dansant, agréable mais terriblement répétitif. Pas aussi saignant que le rock des Rolling Stone, pas aussi inspiré que le rock des Beatles. Ha vraiment, ceux-là étaient irremplaçables. Heureusement, le punk et le hardrock sauvaient un peu l'honneur, mais bon... Rien d'aussi massif que le rock. Personne n'a senti venir le rap.

20 ans après : Arsenik sur la sono : "J'ai vu d'la lumière j'me suis dit qu'est-ce qui s'passe là-haut, y avait pas d'porte ouverte alors j'ai pété un carreau. J'ai fait tésau la fenêtre et incrusté mes négros".

Bouh les vilains. Apologie de l'association de malfaiteur en vue de commettre un cambriolage... ou simple allégorie de l'obligation de s'inventer un chemin quand l'ascenceur social est en panne. Les rappers n'ont rien demandé à personne. Ils sont rentrés en studio, ont construit leur trucs et l'on vendu. Skyrock devient Skyrap (mais sans le dire surtout) : deuxième radio musicale française. Levis se lance dans le baggies (n'en parlez à personne). Avant les grandes heures du téléchargement, une véritable industrie. Et je ne parle pas des produits dérivés. Le genre de réussite économique qu'on salue en général car elle fait vivre xxx français. N°2 mondiaux sur le rap. Vous n'aimez pas ? Pourtant on ne peut pas leur reprocher de ne pas être politisés, créatifs, radicaux. Ha si : quand ils font de la politique, on leur reproche d'oublier la musique... et quand il font de la musique, on leur reproche d'être incompréhensibles. C'est comme le jazz moderne ou l'art abstrait : du n'importe quoi. On sait ce qu'est la musique, on ne va pas essayer de nous la faire quand même : c'est nos parents qui en ont défini les règles. Et puis, c'est ça l'art, on aime ou on n'aime pas. Ça ne se commande pas. Surtout avec tout ce folklore de mauvais garçons. A force de se le répéter, ils vous finir par nous agresser ces cons. L'artiste incontrôlable est effrayant. Les vrais artistes français eux, étaient toujours contrôlables : Genêt, turbulent oui, mais compréhensible. Delon avait de mauvaises fréquentations, mais ils ne disait que des gros mots qu'on comprenait. Et puis on savait comment tout cela finirait. Depardieu, un bon vivant. Pas toujours regardant sur ses relations, mais bon homme d'affaires. Jim Morrisson. Sulfureux, mais belle dégaine quand même. Du style. Rien à voir avec les sauvageons. Eux, ces cons, ont choisi une musique de jeunes, revendicative en plus. Vous parlez d'un plan de carrière. Keith Richards des Rolling Stones disait que "les adolescents écoutent la musique que leur parents ne peuvent supporter : c'est le meilleur moyen de s'en débarrasser". Oui mais c'est Keith Richards. Regardez le lui, un beau vieillard, magnifique carrière, intègre jusqu'au bout. Un vrai rebelle lui. Le rebelle éternel dirait Eric Zemmour en joignant les deux mains et en levant les yeux au plafond. Alors que ces jeunes rappers (moue méprisante). La peste. Posez leur des questions vous découvrirez qu'en guise de politique, ils veulent juste s'en sortir. S'offrir leur part du gâteau. Ils ne sont même pas vraiment révolutionnaires. Que c'est pitoyable un artiste qui se trahit. Et quelle vie : pathétique. Ça se gonfle de machisme, alors qu'on les sait tous impuissants. On leur enverra l'armée s'il le faut. Et vas-y que ça se défonce, se fait offrir 40% de chômage aux frais de la princesse, s'insulte, se vole, se bagarre, se vautre dans la fange, se tue. Quand ils s'énervent, ces cons, pour exprimer leurs opinions politiques ou sociale : ils brûlent les voitures de leurs parents. Pas directement de leurs parents bien sûr, mais ils se rendent service : tu brûles la voiture de mon père, je brûlerais celle du tien. Au moins, ils ont deviné qu'il n'y avait pas intérêt à s'aventurer dans les beaux quartiers. Faut pas confondre La Bastille et La Défense. Ils seraient bien reçu là. C'est le modèle américain dans ce qu'il a de pire : johnny, lui, choissait le meilleur. Non vraiment, les rappers et toute leur clique, il ne faudrait en parler que pour en dire tout le mal qu'on pense. En fait, les enfants des noirs et des arabes, ce sont les seuls que même Dolto ne pourrait comprendre. On leur fait une caresse, ils vous mordent la main. Engeance.

Heureusement, il y a les médias. Toujours dévoués pour donner corps aux angoisses les plus pernicieuses. Tandem crache : "Je baiserai la france jusqu'à ce qu'elle m'aime". Ça vous fait penser à quoi : une tournante ou une déclaration d'amour ? Tout dépend de ce que vous avez dans la tête. Monsieur R. pompe et ça devient : "la France est une garce N'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser". Normalement, dans ces cas, on détourne la tête un peu gêné en se mettant à la place de celui qui s'est donné en spectacle, dans un piteux plagiat sans imagination. Sans le minimum d'exigence stylistique. Mais qui croyez-vous que les médias ont promu ? Monsieur R, bien sûr. Plan média national et procès évémentiel à la clé. Faut pas leur en vouloir aux médias. Ils reflètent l'actualité. Obama dit "Mon rapper préféré est Ludacris". Les médias retiennent "Ludacris a traité Hilary Clinton de salope". Personne ne nous explique en quoi Ludacris est aimable par le nouveau président des Etats-Unis. Personne n'est prêt à tolérer ce doigt d'honneur à la Sid Vicious, lancé par un noir en costard. Ce n'est pas la faute des médias : vous leur demanderiez un américain raciste, avec une sale gueule et des propos incohérents. ils vous en offrent 10, 15 dans la semaine. Rien de perso dedans. Vous voulez un père de famille standard qui menace la vie du président et réaffirme la suprématie de la race blanche. On en a 3 répertoriés, adresse et numéro de téléphone sous la main. Attention, des semi-professionnels : bons clients, ils ont déjà fait plusieurs émissions de télévision et n'hésitent jamais à se lâcher au bon moment. Tout ça, c'est de la matière. Que du bonheur.

Où j'en étais ? Ah oui... Répondre point par point à tout ce qui me semble des attaques purement rhétoriques. Résumer en un ou deux paragraphes, mon avis sur des questions qui hantent des millions de français. Alors les rappers, c'est fait. J'ai répondu : ce sont mes jeunes frères. Turbulents, mais je les comprends et je sais leur parler. Autre question ? Je crois avoir fait le tour. En une phrase quand je le pouvais.

Je ne veux pas me moquer de toi Rico. Tout cela, on en parlerait détendu autour d'un pastis, si on se connaissait. On en rirait bien. Mais voilà, on ne se connaît pas. Et tu utilises une rhétorique provocante pour révéler instantanément à tes yeux le bon grain de l'ivraie, l'adversaire de taille du bouffon égaré. Malheur à celui-là s'il tombe dans "ta" toile. Tu t'en fais 10 au petit déjeuner. Dans ce jeu de masque, confortablement installé dans des opinions majoritaires, agréablement rafraîchi par des idées neuves, ou en tout cas qui le paraissent (du genre "le politicallly correct, c'est du bullshit", "aide-toi, Dieu t'aidera", "ne te demande pas ce que tu peux faire bla bla bla"), tu sème le trouble dans les esprits les moins clairs, en souriant probablement du coin de l'oei. Acide de nature, tu te fais candide pour nous faire bisquer. Et tu rigoles en nous voyant démarrer au quart de tour, savourant la bonne blaque : ha les cons, s'ils savaient combien je les aime. S'ils savaient tout ce que j'ai fait pour eux et tout ce que je suis en train de faire en les titillant du bout de la langue. Hélas, ils ne me remercieront même pas.

Tu vois, je me suis détendu. Je me suis pris au jeu de "Devine qui vient bloguer ce soir ?" Je ne sais toujours pas qui tu es, quel est le fond de ta pensée, même s'il est toujours agréable (j'avoue que je partage ce plaisir) de psychanalyser quelqu'un à la machette. Mais je sais que tu la caches.

Avoue que je me débrouille aussi en provocation. Dans mon genre. Pourtant ce n'est pas ce qui m'emmène dans l'agora. Je n'avais pas l'intention de relever une quelconque provocation de quiconque. Je ne joue pas. Car si je joue, même si j'ai su montrer patte blanche au cours de mes précédentes interventions, je sais qu'il faudra jouer super serré, et ça me fatigue. Je n'aime pas argumenter de bonne guerre. Argumenter de bonne paix me va beaucoup plus. Je ne joue pas. Je me bats pour ma survie. Pas pour mes enfants, puisqu'ils sont blancs eux. Pour la république.

Je vais donc revenir très posément au sujet qui nous occupe. Et au ton initial de la discussion. Considère tout ce que j'ai dit auparavant comme une pure démonstration, destinée à installer une grille de lecture de ce qui suit.

Au fond, je crois que tu poses le problème de la transmission de la responsabilité. Mon père décède, il me laisse un immeuble acquis partiellement par la violence, des dettes et des engagements auprès de certaines de ses victimes. Réaction : je prends l'immeuble, je déclare les comptes soldés, et je fais évacuer les victimes de mon hall. Désolé, j'avais dit que je ne provoquais plus, mais maintenant tu m'as lancé. Non, en vérité, j'ai l'impression que tu cherches à édicter un principe dans une situation qui se prête uniquement au cas par cas. Tous les blancs ne sont pas descendants d'esclavagistes, tous les noirs ne le sont pas non plus.

Ce que je redoute le plus dans échanges d'arguments massus, je le résumerai en un aphorisme. Un raccourci entre deux proverbes bien connus : il n'y a pire sourd... que celui qui vous accuse d'avoir la rage. Celui-là vous provoque, vous enfume, vous généralise, dévie le débat, vous accuse, vous reproche vos lacunes, votre passé, élabore des procès d'intention sophistiqués, procès en sorcellerie communautaristes, procès en tentative d'escroquerie, bref use de tout son art de la rhétorique pour avoir le dernier mot, et quand vous perdez le contrôle de vos émotions, le pompier pyromane se drape dans sa dignité héréditaire (forcément héréditaire), vous informe que vous venez de dépassez les limites du blasphème anti-national, vous disqualifie, vous bannit de l'arène et vous déchoie de votre identité.

C'est très intéressant comme procédé : face à une demande qui est " Nous voulons tout savoir sur l'histoire de la France, notre France"... la réponse est : "Ce n'est pas parce que vous êtes descendants des victimes que vous devez rouvrir nos blessures". Tu as remarqué le glissement ? Nous sommes passés d'une question rationnelle, citoyenne et salutaire, aux prémices d'une guerre civile.

C'est ce procédé que je trouve anti-républicain. Et contrairement à ce que tu prétends, il n'est pas exceptionnel. De nos jours, les droits-de-l'hommiste, comme tout le monde dit maintenant, ont du plomb dans l'aile. Les leaders d'opinions à la mode, ceux qui ont des théories (versus ceux qui sont paumés cherchant fébrilement à rassembler les bribes sauvées des désastres idéologiques du XX° siècle), réinventent l'eau tiède chaque jour, relayé par des dizaines, des centaines de petits laveurs de cerveau. "Pour retrouver la grandeur de la France, il suffit de la déclamer". Guaino. Yaka réinventer le civisme. Gallo. Il faut qu'on retrouve une qualité de français comme on n'en a jamais eu. Finkielkraut. Il faut que tous les enfants apprennent l'histoire de France par coeur. Zemmour. Il faut faire du chiffre, pas des sentiments. Hortefeux. C'est celui qui dit qu'y y est. Petré Grenouilleau. Il faut porter plainte. Sarkozy. Il ne manque plus que Pasqua, sur son ton patelin et bourru, l'oeil déjà enchanté de sa boutade : il faut exécuter les tueurs, et discriminer les racistes anti-blancs. C'est une véritable révolution culturelle nationale que voilà. Un programme, enfin. Rien de nouveau peut-être, face à un phénomène de mondialisation totalement inédit lui. Mais ce n'est pas grave : n'est-ce pas dans les vieilles casseroles que l'on fait les meilleures soupes.

Tout cela s'explique donc se comprend. Le traumatisme le plus important que la France ait connu récemment est celui du nazisme. L'esclavage, c'est vieux. La décolonisation, on ne comprend pas encore. On fera les comptes quand les protagonistes seront mort. C'est plus cool. Le refus de gérer le traumatisme du nazisme et les autres avec la même vigueur, en profondeur, mais en choisissant ses priorités et en marchant sur des oeufs est compréhensible. Le besoin de se prémunir avant tout des schémas constatés quitte à négliger royalement des scénarios qui nous crèvent les yeux au quotidien est juste une faiblesse humaine. L'argumentation polémique qui s'en suit ayant pour but de discréditer l'interlocuteur plutôt que de débattre me semble de trop. La parole, le dialogue, ça c''est trop important. Nous sommes pour les autres les seuls repères. Quand le verbe est utilisé pour détruire, on en devient fous. Celui qui l'utilise et celui qui le subit.

Vous nous rendez fous avec toute cette rhétorique. L'impression de parler à des autistes. Et encore, l'incommunicabilité des autistes n'est pas agressive. Ils ne viennent pas vous chercher querelle. Ils ne vous demandent pas de prouver votre sincérité. Ils ne vous suspectent pas plus qu'un autre, pas moins, pareil. Alors que là on n'arrive pas à témoigner de manière concluante. Si vous ne croyez pas le thermomètre, vous faites comment ? Ce que nous demandons, ce sont des trucs tous bêtes. C'est du présent, c'est de l'avenir. Si l'on parle de la responsabilité d'hier par rapport à celle d'aujourd'hui, il nous faudra parler de celle d'aujourd'hui par rapport à celle demain. Les problèmes que l'on ne traitent pas, ceux que l'on créent, les effets secondaires que l'on provoque seront pour nos enfants. C'est ainsi que notre héritage s'est complexifié au point de devenir paralysant. Nous sommes dans l'impasse, rien ne nous dit que nos enfants trouveront les solutions si nous nous dégageons entièrement sur leurs épaules. Ils auront déjà une sacrée dette sur les bras. Soyons décents.

Prenons un exemple de passé/présent/futur. De Gaulle est génial et visionnaire quand il conceptualise le mythe de la France libérée par elle-même, réconciliée. En revanche, sa vision de la décolonisation sous forme de néo-impérialisme est empreinte d'un regard très "début du XXème siècle". Rien à voir avec le monde d'aujourd'hui. Nous devons passer d'une conception de l'intérêt national à une forme d'intérêt-national-bien-compris.

Prenons l'affaire des frégates de Taïwan. Comme moi, Rico, tu estimerais normal qu'on en sache plus sur ce dossier. Je sais que c'est le charme de la France, son côté latin, son pragmatisme à elle. Mais de deux choses l'une : quand je relève la capacité des citoyens français à s'accomoder de leurs devoirs, tu le prends à la rigolade, comme si je parlais d'une petite coqueterie, qu'une culture peut bien s'offrir. Sauf ton respect, je ne crois pas. Je crois que nous, citoyens de France, je, tu,nous, en âge de voter portons la responsabilité de décider ou non si nous voulons creuser ce dossier. De la même manière que nos ançêtres français portaient collectivement la responsabilité des actes de la nation. Si on ne le fait pas, ce sont nos enfants qui se prendront au mieux un effet papillon au pire un effet boomerang. Pour l'instant, la grandeur de la France, notre image si précieuse, est celle du corrupteur pris la main dans le sac, qui trouve toujours moyen de trouver un arrangement, pour éviter tout procès. Quels signaux pour nos partenaires ? Le monde nous regarde. Quels signaux pour notre jeunesse. Quelqu'un dira-t-il que nous ne savions pas.

Prenons le procès de l'angolagate. Il se dit que des entreprises "occidentales" ont financé les deux parties en guerre en angola pour prendre la suite des africains du sud, qui utilisaient auparavant le territoire comme terrain de guerre froide, afin de développer un commerce doublement rentable : armes contre ressources minières. L'irak mais en plus malin. Les angolais se font la guerre entre eux, bradent leurs ressources pour investir dans des armes, chacun des belligerants promettant à son fournisseur des tarifs privilégiés à long terme, s'il gagne la guerre. Bingo. La dernière fois que je m'y suis intéressé, les retombées de la production et des ventes d'armes s'élevaient à près de 25% du PIB français. Total est encore une des entreprises les plus rentables de France. Impossible de faire l'impasse sur de telles rentrée. Alors quoi faire ? D'après le Canard Enchaîné, le gouvernement (exécutif) aurait déjà donné à Dos Santos, président de l'angola, l'assurance de notre considération la plus distinguée, pouvoir judiciaire compris. Petits arrangement entre businessman. Qui expliquera ce mic-mac à nos enfants ? Qui racontera en quoi je, tu, nous, ne sommes pas responsables, si nous n'avons rien fait pour que la justice passe. On verra.

Le Congo, le Gabon, le Togo, la Côte d'ivoire, le Cameroun, le Nigéria, le Rwanda... Ça te semble clair tout ça ? Voilà les pays d'origine de nos sauvageons.

C'est du concret. De l'actualité. Mais revenons à notre petit quotidien. Discrimination à l'embauche, au logement, dans les loisirs... Prenons les taxis. Une des rares professions qui s'autorisent constamment des refus de vente à répétitions. Rien de raciste dedans bien sûr. C'est un problème de sécurité. Et comme ils sont sensibilisés par des expériences malheureuses et des rumeurs dangereuses, ils sont devenus des spécialistes en détection de l'ennemi public. Rien de grave. Juste ces petites vexations que l'on ressent quand il vous snobe royalement pour s'arrêter devant le français qui a une bonne tête, 10 mètres plus bas. Quelle jouissance cela doit-être que de lever la main pour en appeler un, avec la certitude de ne pas rester planté comme un con, ridicule. A New-York, il y a une Brigade des taxis, avec des faux clients noirs chargés de relever les refus de vente, et d'améliorer la sécurité de la profession. Je n'ai pas de statistiques, mais je sais faire la différence entre un système à l'écoute des citoyens, et un système autiste, acharné à vous convaincre que ce que vous vivez n'est pas la réalité, ou pire, est une fatalité. Si rien n'est fait, cela restera ainsi : comme un supplice chinois. Foultitude d'anonymes qui vous déchoient de votre nationalité au coin de la rue, sur un coup d'oeil. Bah, nos enfants s'en occuperont.

Je vais arrêter là. Je fonctionne à l'analogie, à l'exemple, à l'image forte... Héritage d'une littérature orale qui discrédite probablement mon discours dans la république de Descartes. Mais je suis curieux. Mes sentiments citoyens rangés au grenier, au cas où quelqu'un en aurait besoin, je me renseigne pour le plaisir de faire fonctionner ma machine à réfléchir. Tes références, je prendrai le temps de les explorer. Ne rejetant aucune information. Je n'ai pas voulu te noyer, juste anticiper sur les polémiques que tu n'aurais manqué de développer, si je n'avais pas précisé ma pensée. Mais il y a bien une référence que j'aurai bien voulu partager avec toi. Il s'agit d'un documentaire diffusé par planète, il y a quelques années. Oui, juste de la télé. Je l'ai, perdu dans mes archives sur cassette VHS. Ne m'en veux pas d'être si imprécis, si je m'aventure à en parler, c'est avec humilité, en espérant que ton vaste savoir me permettra d'en retrouver la trace sous une forme numérique. Le titre : "Les yeux bleus". Si par hasard, tu ne l'as pas encore vu, je peux te raconter l'histoire en quelques mots.

C'est l'histoire d'une institutrice américaine qui, dans les années 70, a eu l'inspiration de proposer à ses élèves, noirs et blancs, un petit jeu de rôle. Il s'agissait de diviser la classe en deux : d'un côté, les enfants aux yeux clairs, de l'autre côté, les enfants aux yeux sombres. L'expérience s'étalait sur 2 journées. La première journée, la loi du jeu déclarait que les enfants aux yeux clairs étaient des incapables, que leurs interventions étaient forcément nulles, et que leur avenir paraissait forcément sombres, alors que pendant ce temps, l'autre groupe, les enfants aux yeux sombres, était encensés sous le moindre prétexte, confortés dans tous leurs actes, et promis à un avenir rayonnant. Tout simplement. La seconde journée, on intervertissait les groupes.

L'expérience, bien entendu, était destiné à permettre aux élèves blancs d'imaginer une journée au moins, ce que pouvait vivre les noirs dans leur quotidien. Et ce qui était très intéressant, c'est que notre institutrice utilisait pour démolir l'estime de soi des victimes du jour, cet art de la rhétorique cinglant que certains enseignants développent à l'envi, et qui leur permet de calmer en un seul mot le trublion pertubateur, ou la masse d'élèves surexcités. Juste des petites techniques à la portée de tous, limite harcèlement moral, adaptées au talon d'achille de chaque protagoniste. Rico, si tu n'as jamais vu ce documentaire, alors tu n'as jamais vu ce que peut produire la discrimination. Il suffit juste d'une journée, un expert en rhétorique, et un groupe social apparemment cohérent pour démolir un être humain. Elle prenait des photos l'institutrice... Et d'un jour, à l'autre, on pouvait voir les mêmes visages, maussades, renfermés, au bord des larmes, qui se transformaient le jour suivant en joyeux bambins, pétants d'énergie, savourant la douceur d'un monde protecteur qui attendait d'eux le meilleur.

Des enfants, me diras-tu... Mais pas seulement. Notre institutrice (Juste parmi les Justes) a étendue par la suite son expérience à des stages d'entreprises. Même résultat. Pas plus de 3 minutes pour démolir un adulte à base d'attaques mesquines, un adulte qui sait pourtant qu'à l'instant ou le stage sera fini, il retrouvera tous ses privilèges de blanc, et qui se rend compte dans l'expérience qu'il ne pourrait supporter le 10ème de ce que les noirs participant aux stages, goguenards pour une fois, se vautrant dans le sentiment d'être du bon côté de la barrière, lui confirme avoir vécu toute leur vie, anecdoctes à l'appui.

Voilà Rico. Au fil de la plume. Ce que je crois que Dori voulait que je te dises. Travaille ton empathie. Rien de perso. FRA-TER-NI-TE disait l'autre, comme si le mot avait encore un sens. Profites bien du confort de tes certitudes (forcément enviable) et de l'impression miraculeuse que le monde est fait pour toi. Au fait, si par hasard, tu découvres que mes mots sont repris par des noirs à des fins revanchardes, ne t'inquiètes pas, ne bouge pas le petit doigt. Je suis metis, je te rappelle (un peu moins habilement qu'Obama puisque j'ai déjà démonté la piètre logique de cet argument). Mais pour paraphraser Jon Stewart, quand on parle de repentance et de réparations, j'ai mon cerveau gauche qui intente un procès à mon cerveau droit. Ne te dérange pas : je m'occuperai du fol furieux. Avec peut-être autant de chances d'être compris que toi. A condition tout de même que je sois d'humeur à relever des provocations. Ce n'est pas tous les jours. Question de survie.









64.Posté par rico le 10/11/2008 13:11
Dori:
j'ai pu me faire une certaine idée.
Ca c’est clair que tu te fais des idées.

Tu fais partie de ces français qui ne veulent jamais reconnaitre la responsabilité de la France dans l'histoire.
C’est complètement faux. J’ai déjà écrit « Je n’attends pas d’elle un passé irréprochable (je n’y croirai même pas) avant de remplir mes responsabilités à son égard ». Mais vu ta rigueur intellectuelle, tu as dû survoler mes propos avant de répondre.

Tu feras mieux de nous les chiffrer pour des comparaisons (…)
Non, je ne ferais pas mieux. Je l’ai dit et je le redis, les crimes des uns n’effacent pas ceux des autres. Si pour toi le déni de justice à l’égard de Nicole Brown et Ronald Goldman compense celui à l’égard d’Emmett Till, pour moi ils s’additionnent.
Ta manière de présenter les choses me laisse à penser que tu justifies des crimes contre des personnes quand d’autres crimes ont été commis par les membres d’une même société. Je ne suis pas d’accord avec ce raisonnement vendettiste et communautariste, et il constitue un frein à l’intégration.
Ca répond au passage à quelques interrogations de Funnymine

Ce qui m'amuse encore beaucoup dans tes commentaires, c'est que tu sembles montrer que les pays africains et les noirs en général sont très dépendants de la France
T’as fumé quoi ? Cite moi donc un passage où je parle des pays Africains. Je parle des antilles et ce n’est absolument pas la même chose. Aucun intérêt ton passage sur les pays Africains. Hors sujet (et tu copies/colles sans citer). Je parle des antilles parce que j’y ai vu des mois durant des politiciens utiliser à tour de bras le sujet hautement démagogique de l’esclavage pour masquer une faillite toujours plus criante, et ce faisant braquer les foules contre la métropole qui les porte à bout de bras et exhorter le communautarisme. Instrumenter un passé lointain, ne surtout pas regarder le présent et s’enfoncer toujours un peu plus.

Tu sembles très choqué par la victoire d'Obama.
Sûrement pas non, au fur et à mesure que je voie à quel genre de personnes j’ai affaire ici j’en viens à comprendre sa nécessité. De leur idole, ils ne veulent voir que le symbole qui les flatte, et non la démarche qui l’a mené à la réussite (un fait que je souligne ici de façon récurrente depuis des mois). Voir ce que l’Amérique lui a donné, ignorer ce qu’il lui propose.
Si tu croies que c’est son taux de mélanine qui m’importe, c’est que tu es bien aussi bête que tu en as l’air. Je te ferai parvenir un spectromètre pour les prochaines échéances électorales…
Enfin, au moins on retombe dans le sujet !

A l'avenir je ne te parlerai plus.
Mon Dieu. Si c’est pour ne plus te voir me traiter de « néo-nazi » « trouvant normal les camps de concentration », quelle perte !

63.Posté par dori le 10/11/2008 09:13
Rico
Tu dois avoir un serieux problème, je ne sais vraiment lequel mais à en juger par ton dernier commentaire(61) j'ai pu me faire une certaine idée. Tu fais partie de ces français qui ne veulent jamais reconnaitre la responsabilité de la France dans l'histoire. Cela n'engage que vous. Je rappelle tout de même que reconnaitre un tort qu'on a fait n'est pas une faiblesse. C'est pour ça que certains peuples avacent: ils reconnaissent leurs torts et demandent pardon. Lorsque le PM britanique Brown a reconnu la responsabilité de la GB dans la traite négrière ce n'était pas du tout une faiblesse. Au contraire le monde a loué la grandeur de cette nation.

Quand je lis ton commentaire concernant les antillais je ne peux m'empêcher de rire. Voilà un exemple parfait de propos violemment racistes. Les DOM TOM sont des territoires français au même titre que l'île de france ou Auvergne ou autre et en tant que tels, ils reçoivent les mêmes subventions. Mais cela ne peut te convaincre, tu es persuadé(comme beaucoup de français dans ton genre) que ce sont des "dépendants" tout court de la France.

Tu parles des exactions commises par les "goumiers" africains en Italie. Tu feras mieux de nous les chiffrer pour des comparaisons avec ce que les italiens ont pu faire en Afrique du nord, en Ethiopie et même dans certains territoires européens qu'ils ont occupés pendant cette guerre. Inutile de te rappeler les camps de concentration parce que tu sembles trouver ça normal. Tu parles aussi de ce que les russes ont fait aux allemandes lors des offencives russes mais tu oublies que cette guerre que les allemands avaient déclenché a couté la vie à plus de 20 millions de russes(20 MILLIONS!), et ça on en parle beaucoup non plus. Tu dois être un partisan de Lepen (ou peut-être même néo-nazi)qui trouve que l'ocupation allemande de la France était une bonne chose(lol). Je ne sais pas ce que tu essaies de défendre vraiment mais tu dois savoir que la première réponse à l'appel du Général De Gaulle pour la France libre était venue d'un pays africain: le Tchad, pendant que Vichy collaborait avec les nazis. Mais biensûr cela ton orgueil t'empêche de reconnaitre. Où étaient tes grand-parents déjà et leur soi-disant patriotisme?

Ce qui m'amuse encore beaucoup dans tes commentaires, c'est que tu sembles montrer que les pays africains et les noirs en général sont très dépendants de la France(opinion très rependue en France d'ailleurs). On voit là bien la teneur de ton ignorance. Va regarder les soldes commerciaux de la France avec l'Afrique, l'Amérique, l'Europe et viens nous dire ici où gagne la France. Et pendant que tu y es regardes aussi les mêmes soldes des pays africains francophones avec tous les pays sur au moins quatre décennies et viens me dire où ils sont systématiquement négatifs. Et ne viens pas me parler de l'aide publique au développement sans en connaitre les mécanismes de fonctionnement. Et maintenant dis-moi, que font les soldats français sur les territoires africains? Pourquoi la France confisque-t-elle systématiquement l'indépendance économique et monétaire des pays africains francophones, avec l'obligation faite à leurs banques centrales (de la CEMAC et de l'UEMOA) de déposer 65% de leurs réserves(vous imaginez, 65% des avoirs des 16 pays à majorité producteurs de pétrole?) au Trésor français, cet argent qui permet de resorber l'infini déficit de la France et revient aux pays africains sous forme de prêts(les fameuses aides) qu'ils doivent rembourser trois à quatre fois plus?

Tu sembles très choqué par la victoire d'Obama. C'est peut-être ton droit. Mais ne confonds pas les choses car ça peut devenir dangereux et surtout saches qu'après ce 04 novembre, le monde ne sera plus comme avant et que tant pis pour le "vieux" continent si vous continuez à dormir sur ces vieilles méthodes(lol).

Mais peut-être que je devrais faire comme AVEMBE: Tu as raison. A l'avenir je ne te parlerai plus.


62.Posté par Avembe le 09/11/2008 20:45
Rico
t as raison, sur TOUS les points que tu as défendu, je dis bien tous sans exception , tu as totalement raison...je me suis engagé à ne plus t'embêter....

61.Posté par rico le 09/11/2008 14:13
Avembe
C’est toi qui fait des erreurs, pas la convention de l’ONU. Je les ai lus tes articles et il n’y a aucune trace d’esclavage contrairement à ce que tu prétends. Faut il que je les copie/colle pour te confronter à ton erreur ? Ca devient grotesque…

Et xénophobe???de l'immigré fraîch'ment français à la tête de l'état????
Ca se passe de commentaires.

les bêtises proférées par Tidiane N'Diaye (…) c’est ça ta référence ??!!!!
Précises. Qu’est ce que tu considères comme « des bêtises » dans l’enquête de N’Diaye ?

Et au fait, j’ai une question concernant tes « réparations financières » puisque tu semble antillais : vous allez rembourser la métropole des fonds que vous engloutissez chaque année ?
140 M$ d’exportation contre 1700 M$ d’importations et 28% de chomeurs pour la Guadeloupe en 1997, date ou ma famille était venu s’y installer.
290 M$ d’exportations, 3 Md$ d’importations pour un PIB de 9Md$ en 2006
Ca s’explique comment ces performances ridicules ? Par la discrimination à l’embauche par la minorité blanche ? Par l’esclavage dont se servent allègrement les politiques afin de remporter l’adhésion ?
Même le potentiel touristique vous vous démerdez pour le gâcher : lorsqu’une enquête dévoile que les touristes jugent l’acceuil « pas aimable », il s’agit soit d’un complot soit d’un retour de l’esclavage. « Déni » qu’il disait...

60.Posté par Avembe le 09/11/2008 05:49
@RICO
Je n'ai toujours pas compris ce que tu défends d'une manière générale
mais considérer comme des erreurs ,des sources telles que la convention validée par l'assemblée des nations unies???!!!
Je soutiens que tu n’as pas lu les articles dont j’ai parlé

Moi jaloux?! C vrai je lui envie son salaire ou plutôt le pouvoir d'augmenter par décret son salaire si j'pouvais faire pareil, ce serait cool!!!
Et xénophobe???de l'immigré fraîch'ment français à la tête de l'état????
Qui veut donner des leçons de patriotisme par excès de zèle ???!!!

Non vraiment je ne peux pas être jaloux d'un mec qui va à Dakar et explique aux Noirs qu'ils vivent à côté de l'histoire(et autres stupidités mais bon puisque son conseiller et lui en sont convaincus)...et ça c'est raciste, et tu sais ce que je pense des racistes....

Sur le contrefeu et SURTOUT sur les bêtises proférées par Tidiane N'Diaye concernant la traite atlantique, je reste sans voix…c’est ça ta référence ??!!!!

Je vais essayer de ne plus t'embêter à l'avenir…mais s’il te plait fais-un effort , lis les articles


59.Posté par Funnymine le 09/11/2008 05:45
@ Rico

Ton commentaire 53 est assez affligeant...(mais venant de toi plus rien ne m'étonne)

Du temps ou les européens pratiquaient l'esclavage, l'ethnie Luo dont est issue le père d'Obama était justement, en temps qu'ethnie dominante, esclavagiste. Côté maternel, on compte carrément Jefferson Davies , président des états confédérés parmi les ascendants de votre champion.

Ce que je trouve formidable dans l'histoire d'Obama est qu'il est l'opposé de son illustre ancêtre Jefferson Davis, l'un des plus ardent défenseur du système esclavagiste. Et toi tu présente ses ascendances comme une tare ! C'est justement ce qui en fait la force du personnage !
Ce que certains ici reprochent à la France ce n'est pas d'avoir le passé qu'elle a (qu'on ne changera pas) mais son attitude actuelle par rapport à ce dernier. La loi sur le "rôle positif" du système de spoliation qu'était la colonisation fut pour le moins tirée par les cheveux... Cependant quelques efforts (tardif) on été consenti sous l'impulsion de Chirac et il faut le souligner. Ce qui devrait tous nous rendre fier ce sont les combats livrés par des humanistes de notre pays pour qu'on sorte du déshonneur de la barbarie (Césaire, Camus, etc...). Au lieu de cela, je constate plutôt ici et là des tentatives aussi stériles que puériles de justification de l'horreur (pour sauver la face?), comme tu le fais Rico en balançant (sans vraisemblablement rien comprendre aux enjeux du débats) des bouts d'Histoire de l'humanité glanés à droite à gauche.

La raison pour laquelle l'esclavage et la colonisation sont des sujets encore si sensibles réside dans leurs conséquences encore palpables aujourd'hui dans les esprits, notamment quant au regard que nous portons sur "l'autre" et sur nous-même. Je pourrais te citer pas mal d'extraits de tes interventions ainsi que de celles d'Avembe où je vois transparaître en filigranne cet héritage culturel problématique. La question raciale est en France une bombe qui pourrait faire voler en éclats nos belles utopies du vivre ensemble, alors essayer de détourner l'attention avec les crimes des "autres" n'est rien qu'un moyen désespéré de retarder un débat avant tout national.

58.Posté par rico le 09/11/2008 00:08
Et pour clore mon intervention, j'ai choisi de vous faire part de cette vidéo qui finalement synthétise assez bien les faits que j'ai exposés juste avant.

Tidiane Ndiaye aborde un sujet polémique: l'esclavagisme musulman qu'il qualifie de "génocidaire pour les africains noirs contrairement à la traite atlantique".

Il précise également que les premières victimes de l'esclavage ont été les slaves (je me demandais d'où venait la similitude entre le nom de ces peuples et la traduction anglaise d'esclavage, mais je croie que maintenant je sais), bien avant les africains et jusqu'à l'émergence d'états puissants en Europe centrale.
Il est vrai que le Coran ne protège de l'esclavage que les musulmans...

57.Posté par rico le 08/11/2008 23:54
Avembe :
Ton commentaire est truffé d’erreurs

La traite et l’esclavage sont des génocides , c’est expressement indiqué dans les articles 2 et 3 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide approuvé en 1948(révisée en 1985) par l’assemblée générale des Nations Unies !
Faux. Le texte est accessible ici.
Le génocide (étymologiquement « mise à mort d’un genre ») est l'extermination physique, intentionnelle, systématique et programmée d'un groupe ou d'une partie d'un ethnique, national, religieux ou racial.
Rien à voir avec l’esclavage, gros malin, autrement il n’y aurait pas de descendants d’esclaves !

Juste dire que l'esclavage est un crime contre l'humanité, n'engage pas à grand chose par contre parler de "génocide" implique , une responsabilité avec des obligations de réparations
Faux de nouveau. Le crime contre l’humanité est le seul élément imprescriptible en droit français, alors que s’il s’agissait d’un génocide, l’affaire serait réglée.

Donc le déni est TOUJOURS , flagrant….l
Donc, à la fin d’une argumentation truffée d’erreurs, on en conclu ce qu’on veut.
Moi que tu ferais mieux d’être un peu plus critique vis à vis de tes sources et de vérifier par toi même.


A part ça :

Nombre de Domiens sont sérieusement contrariés par ce pays et on a un immigré , français de fraîche date qui ouvre sa bouche
La personne dont tu parles est aussi française que Zidane ou Noah, et ton raisonnement jaloux et xénophobe est identique à celui de ceux que tu condamnes.

les Luo aient été esclavagistes, je ne vois pas en quoi ça concerne la France
Par la mise en rapport de l’idolatrie de personnes comme toi envers un descendant d’esclavagistes reconnus et de leur haine envers un pays dont 500 familles parmi 20 millions d’habitants se sont livrées à ce commerce (source : le canadien Robert Louis STEIN : The French Slave Trade in the Eighteenth Century. An Old Regime Business.)

Des Gis ont violé des Allemandes(pourquoi n’en parles-tu pas ?)
Parce que personne ici n’a dit que les GI avaient sauvé la France de l’humiliation. Je n’en parle pas plus que des russes qui ont fait un carnage épouvantable et rendu 90% des femmes berlinoises de 1945 porteuses de diverses MST.
Mais je viens de le faire, et ça n’efface en rien le carnage commis par les goumiers après la bataille de Monte Cassino, un carnage qui ne fait pas précisément honneur à notre pays

la HONTE noire(sais-tu pourquoi ?je ne le pense pas)
Si. Comme je m’y attendais, tu es allé cherché le premier contrefeu que tu pouvais trouver, à trois clics du lien que je propose. Qu’il y ait des exagérations dans les comptes, je n’en doute pas, mais ça ne remet pas en cause pour autant l’effectivité de ces crimes.

56.Posté par rico le 08/11/2008 23:45
Deux et Deux :
Ton post fait montre d’une finesse d’analyse remarquable de mon argumentation (entre autres ) aussi je suis très surpris de voir… que tu interprètes celle ci très exactement dans le sens contraire.

« en nous faisant part de ta souffrance d’entendre la Patrie dénigrée » Absolument pas mon état d’esprit. J’expose ce que je sais et ce que je découvre en me documentant, et peu m’importe que ma Patrie soit dénigrée. Je n’attends pas d’elle un passé irréprochable (je n’y croirai même pas) avant de remplir mes responsabilités à son égard et de l’aimer.
Le sort qu’elle a offert à mes ancêtres n’est pas bien agréable. Mes grands parents ont 85 ans et continuent de travailler malgré des ennuis de santé à n’en plus finir. Une génération avant, on tombe dans l’illetrisme (et les noms figurants sur les monuments aux morts de la grande guerre). A remonter plus loin, je suppose que je ne trouverai que des serfs à une exception près (mon nom indiquant une autre fonction). Aucun de mes actes ne pourra améliorer leur sort. En revanche le mien et ceux des générations futures, je peux.

et que le statut de victime (quel que soit le crime) exonère automatiquement de la charge de construire la réconciliation. Le contraire donc de ce que tu voulais dire.
Exactement le sens de mes propos. Et c’est pour ces raisons que je m’en suis pris au commentaire d’Avembe, et que je ne relèverai pas ton étrange tentative de hiérarchisation des victimes.


L’interdiction formulée à un afro-français de critiquer la république et son histoire
Ah bon ? Désolé mais je considère que la situation est exactement inverse. La pression sociale fait que l’on attend de chaque « afro-français » qu’il s’en prenne au racisme des français et de leur histoire, y compris ceux qui n’en ont jamais subit mais sont priés de croire qu’ils ne sont pas représentatifs.
Je me souviens d’une enquête aux résultats édifiants. En gros, les trois-quarts des français disaient estimer leur sort satisfaisant… mais croyaient dans les mêmes proportions que les autres étaient mécontent du leur.
Notre époque fait la part belle aux revendicatifs de tout genre. Notamment dans le show-biz ou il faut absolument être un artiste engagé, et au bout du compte toujours propager les mêmes peurs collectives. Un exemple : le groupe Sniper, dont les textes ont braqué la majorité de la population, contribué à entretenir la peur et la haine chez leurs auditeurs mais qui se sont probablement fait des c*uilles en or et dont l’itinéraire servira d’exemple à de nombreux groupes en quête de succès.

Sur De Gaulle, les veaux et Mamadou, tu as évidemment raison mais c’est une vérité d’ordre bien plus générale. Que dirait on ici si c’était Mac Cain ou même un blanc anonyme qui parlait d’offrir au futur président US « un chien issu d’un croisement comme lui »


Et pourtant, qui ne sait pas (…) Comment voulez-vous que les nouveaux français soient ? Absolu comme des allemands, flegmatiques comme des anglais etc…
Bien vu, mais si je réponds « nonchalant comme un antillais » ou « puéril comme un africain », certaines dents vont grincer.

55.Posté par Avembe le 08/11/2008 15:34
Oh la la la la Rico je ne suis même pas sûr de comprendre où tu veux en venir

J’attends de lire ou entendre de source directe les propos de Mme TAUBIRA sur ce que tu rapportes que l’Express et Eric ZEMMOUR lui attribuent !

Mme TAUBIRA est française, elle s’intéresse à la France donc à la responsablilité directe de ce pays…Elle est descendante de personnes réduites en esclavage par des Français, sur le sol français…

Donc elle a parfaitement raison de circonscrire la problématique dans le contexte ...français
Que les Luo aient été esclavagistes, je ne vois pas en quoi ça concerne la France…

On reproche aux soldats Noirs et Arabes des exactions abominables…ben ouais, c’est la guerre, ce sont les mêmes qui ont parmi d’autres sauvé la France de l’humiliation

Des Gis ont violé des Allemandes(pourquoi n’en parles-tu pas ?)Ah j’oubliais aussi les soldats britanniques etc, etc, etc….les Italiens n’ont pas attendu la guerre mondiale pour constituer un répertoire spécial pour les soldats Africains(Noirs et Arabes)…les Allemands appelaient les soldats noirs, la HONTE noire(sais-tu pourquoi ?je ne le pense pas)…franchement ça fait quelques siècles que les Noirs ont l’habitude d’être insultés, qu’ils soient sympas, innocents ou méchants…

Par ailleurs de la loi TAUBIRA initiale a été expurgée( bien malgré la député elle-même) la responsabilité directe de la France dans l’esclavage et la traite des Noirs…en gros la France a razzié, enferré,déporté vendu et esclavisé des gens…Elle a pu construire sa richesse,proposer des réductions fiscales,motiver les assurances,engraisser son armée mais…elle n’en est pas responsable…..wow ça c’est du révisionisme d’état…la raison en est assez simple.Si le parlement reconnaît la faute de la France , il y a des implications financières , qu’il ne veut pas assumer…et ça risque de chiffrer…

D’où la différence entre « crime contre l’humanité » et « Génocide »…
La traite et l’esclavage sont des génocides , c’est expressement indiqué dans les articles 2 et 3 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide approuvé en 1948(révisée en 1985) par l’assemblée générale des Nations Unies !

Juste dire que l'esclavage est un crime contre l'humanité, n'engage pas à grand chose par contre parler de "génocide" implique , une responsabilité avec des obligations de réparations

Donc le déni est TOUJOURS , flagrant….l
le parti démocrate a évolué c’est ce qui importe davantage (ainsi que le parti républicain et plutôt dans un sens bien curieux mais bon...) et la représentation française, n’évolue PAS !!!le jour où cet état le fera ,de nombreuses seront fières d’être français !!!
Nombre de Domiens sont sérieusement contrariés par ce pays et on a un immigré , français de fraîche date qui ouvre sa bouche et veut « expliquer » que celui qui n’aime pas c’pays , il peut le quitter…Et des millions de gens l’approuvent !!!!

La citoyenneté française ne s’acquiert pas, il faut l’exiger, voilà comment je comprends la démarche des américains…kery James a exprimé une idée bien intéressante…ce que la France ne veut donner, des gens vont la lui prendre…c comme ça que les femmes ont eu le droit de vote, que les ouvriers ont acquis leurs droits du travail , l’esclavage aboli, l’Ancien régime défait, les colonies etc etc etc…Bref le peuple quoi !!!

Moi je focalise sur ces points
Rico peut insister sur la situation des Pieds Noirs, et quelqu’un d’autre sur d’autres sujets Mais au final on parle de beaucoup de choses similaires, trop similaires qui révèlent une chose
:
Nous avons un sérieux problème avec la République(en tout cas moi j’en ai un)…dans ce cas occupons-nous en…Et à bras le corps parce que ce dont je suis certain c’est que ça va s’envenimer et les politiciens, ne réagiront que sous la pression

54.Posté par pili pili le 08/11/2008 11:25
C'est simple comme bonjour: aucun peuple n'est totalement parfait et angélique, ni totalement sombre et empli de fautes. Si nous accusons la France de racisme, il y a des raisons pour cela. Mais ce n'est pas pour cela que la France ne porte pas en elle des valeurs de tolérance. Elle est un mélange complexe entre tolérance et intolérance. Idem pour beaucoup d'autres pays.

C'est tout. Je pense que beaucoup ont besoin d'exalter une fiereté nationale, par besoin de s'accorcher à une identité bien prédéfinie, alors qu'une identité tout au long d'une vie peut changer... Je pense que c'est infantile de considérer certains peuples et certaines personnes comme étant "totalement parfaites, innocentes". Je crois que l'humanité ferait un bond en avant si elle assumait l'entiereté de sa grande beauté et de sa grande laideur pour les dépasser.

Nous ne pouvons pas nier les magnifiques épopées qui font l'humanité pas plus que toutes les horreurs commises.

53.Posté par rico le 08/11/2008 02:35
D'autres faits à méditer:
-Du temps ou les européens pratiquaient l'esclavage, l'ethnie Luo dont est issue le père d'Obama était justement, en temps qu'ethnie dominante, esclavagiste. Côté maternel, on compte carrément Jefferson Davies, président des états confédérés parmi les ascendants de votre champion.
-Plus récemment (guerre de sécession) le parti démocrate était le parti champion de la cause esclavagiste (et le parti républicain de Lincoln le champion de l'abolitionisme).

- Et enfin, quand j'entend parler de "déni", je vous rappelle l'existence de la loi Taubira du 10 Mai 2001 qui reconnaît comme crimes contre l'humanité la traite négrière transatlantique et l'esclavage. Une loi d'autant plus notable que son auteur la reconnait comme délibéremment révisionniste puisqu'occultant tous les torts pouvant être attribués aux non-européens (Christiane Taubira déclare sans ambages qu'il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les «jeunes Arabes» «ne portent pas sur leur dos tout le poids de l'héritage des méfaits des Arabes»). Ce genre de falsifications est idiot: in fine il instaure dans les esprits qu'on prétend apaiser l'idée qu'ils ont été continuellement des victimes de la société à laquelle on voudrait les intégrer !

- Soit dit en passant, avant la traite des noirs, au moyen age on aurait compté jusqu'à 20000 esclaves français à Alger, saisis par les pirates turcs à l'occasion de razzias sur les villages côtiers.

- Et sur la seconde guerre mondiale, on a découvert une injustice dans le traitement des anciens combattants africains à l'occasion de la sortie d'indigènes (jusque là, l'histoire est belle)... sauf que le film en question qui fait la part belle aux troupes africaines a soigneusement évité toute mention aux célèbres exactions que celles ci ont commises dans la zone italienne occupée: viols, pillages et exécutions sommaires qui ont carrément généré une expression dans la langue italienne

Alors je résume: on a sur ce site des personnes qui d'un côté s'en prennent à la France au sujet de l'esclavage et de l'autre encensent un homme dont le parti politique et les ascendants en étaient parmi les champions à une époque plus récente encore. Accusant celle ci de déni pour ce qu'elle a dénoncé au niveau d'état il y a déjà 7 ans (et au niveau local par la ville la plus incriminée) par une loi délibérément révisioniste et clientéliste.

52.Posté par Funnymine le 08/11/2008 02:08
Je tiens à remercier Deux et Deux qui hisse le débat à des sommets rarement atteint sur ce blog ! Cela nous change de la suffisance de certain... En espérant vous relire.

51.Posté par rico le 08/11/2008 01:37
Dori:
Je ne suis guère surpris que tu ne comprennes pas comment [je] formule ses pensées:
Je voudrais au passage d'ailleurs lui rappeler que l'esclavage n'a pas été pratiqué par les américains
Là j'ai du me pinçer pour m'assurer ne pas être tombé dans la 4eme dimension...Tu sors d'où ?

Ce sont les européens ( les français en tête) qui ont théorisé et pratiqué la traite négrière qui a envoyé des millions d'africains au fond des mers de l'atlantique.
Tiens, voilà de la lecture : Portugais et Anglais "en tête", et les esclaves étaient vendus au départ en quasi-totalité par des négrier noirs. Un fait souvent occulté mais pourtant évident: des siècles avant la colonisation et le développement d'infrastructures adaptées, les européens étaient incapables de mener des expéditions d'envergure dans un environnement hostile.

50.Posté par pili pili le 07/11/2008 22:40
Cher Avembe,

sois assuré que tu trouveras tout au long de ta vie des gens qui te comprendront. C'est normal d'être dégoûté du racisme quand on l'a vécu. Il existe des gens qui savent comprendre cela (et je suis Blanche, mais je suis née en Afrique sans y vivre mon enfance). Et il faut les trouver ces gens là, t'entourer de gens positifs. Tu n'as pas besoin de gens négatifs racistes ou qui nient le racisme autour de toi. Tu te sentirais mieux si tu étais mieux entouré.

Mais il est temps que chacun d'entre nous se réconcilie face au passé...Il est temps que la France suive l'exemple des USA...

Il est temps!

Avembe, je suis aussi effarée que toi, et tu as dû le comprendre quand je disais quelques posts plus haut que je me croyais dans un film de Disney depuis deux jours. Il a esquivé les balles avec une rare intelligence et une rare adresse. Si Dieu existe vraiment, Il n'aurait pas pu faire plus fort comme coup! C'est hallucinant à quel point Obama suscite un espoir PARTOUT! En Europe, aux USA, en Amérique latine avec Evo Morales et Chavez, en Afrique, même au Hamas et en Chine! Espérons que ces attentes démesurées ne soient pas trop déçues, car Obama n'est pas un Dieu, c'est un homme imparfait et faillible comme nous tous!

Mais personnellement, je ne crois pas que Dieu ait un pouvoir sur l'histoire, je crois que ce sont des lois d'action et de réaction qui prévalent, ce que les bouddhistes appellent la loi du karma. Chacun croit ce qu'il veut après tout, c'est dommage qu'en France et en Belgique on soit raillés pour nos croyances alors que la tolérance religieuse aussi devrait exister. Mais c'est normal en même temps d'être raillés, je crois que c'est le résultat d'une peur, de la peur de retourner à l'obscurantisme du Moyen-âge, où tant de croyants ont fait du prosélytisme, ont tué, versé du sang au nom de Dieu, nom qu'ils ont profondément sali avec ce sang.

Les railleries sont aussi le résultat de la peur que la vision de la réalité soit tronquée par ces croyances, ce qui nous empêcherait d'avancer... Par exemple, si on y voit la main de Dieu, cela nous empêche d'analyser les raisons humaines qui ont fait que des millions de Blancs, malgré le révérend Wright, ont voté Obama. Il y a bien des raisons humaines qui les ont poussé à voter Obama. Je crois que c'est l'enchevêtrement complexe de plusieurs causes qui l'ont porté à la victoire. Obama a su inspirer confiance malgré le Révérend Wright, reste à savoir COMMENT!?

Bonne soirée :-)



49.Posté par Avembe le 07/11/2008 19:55
Euh merci à tout ceux qui me comprennent.. snif..j’vous jure qu’ça fait du bien …snif !!…

Pour en revenir au sujet principal, Obama est le produit de tant d’éléments, son caractère lui a permis de définir une synthèse qui manifestement lui a réussi mais il révèle selon moi une problématique qu’un certain Steele Shelby a manifesté que je trouve très pertinente…le même individu s’est magistralement trompé sur le fait qu’on ne pourrait jamais l’élire mais les 2 postures que les politiciens Noirs US adoptent sont vraies…

il y a les ceux qui mettent au défi et ceux qui proposent un deal..les 2 sont toujours existé et ce sont toujours confrontés.. ;on pourrait résumer par : Les tenants de l’intégration et les « challengers »…les 1ers essayent de convaincre qu’il n’y a pas lieu d’avoir peur des Noirs(on sait que c’est une corde très sensible auprès des Blancs) et les seconds exigent des comptes…(et eux font peur).

Je rangerais Obama dans la 1ère catégorie mais lorsqu’il est confronté il sait remarquablement réagir c’est ce qu’il a fait lors de son discours désormais historique en mars sur le problème de la race car il a su mettre en évidence que chaque camp a ses raisons

Et sincèrement je n’avais jamais pensé aux immigrants Blancs qui n’avaient rien à voir avec l’esclavage(notamment cuew qui sont arrivés fin 19ème siècle) et nombre de problèmes des Noirs et qui n’acceptaient et n’acceptent pas d’être comptables des crimes contre les Noirs
je crois sincèrement que seul son background lui a permis d’en parler avec une objectivité totale et surtout avec une sorte de sérénité…

Comme on le sait , il ne porte pas (paraît-il) la marque de l’esclavage dans SON sang
Est-ce pour cela que Palin insinuait qu’il n’était pas un vrai américain, selon elle un Noir américain ne peut être que descendant d’esclave ?

En tout cas je suis effaré par la façon dont il a esquivé les balles, franchement c’est de haute volée politique et intellectuelle parce qu’avec notamment l’affaire du rev. WRIGHT Je ne vois toujours pas comment il a pu s’en sortir, et sur ce point ma seule façon de comprendre c’est l’intervention divine,

…tout de même , 20 ans avec Wright…et il devient président!!!!
, je crois que Dieu lui-même devait être tellement dégouté de Bush qu’Il s'est impliqué dans l’élection !!!!

Bon là je crois que j’exagère… !…vraiment… ?


48.Posté par pili pili le 07/11/2008 18:14
Merci, deux et deux pour cette référence! Comme quoi , on ne cesse d'apprendre quel que soit notre âge, et je trouve cela bien dommage de voir sur les différents sites internet et forums tant d'arrogance: des gens qui se rabaissent les uns et les autres dès que l'un d'entre eux ne connaît pas une chose, un pan de l'histoire ou un fait scientifique...

@ Rico, je ne trouve pas qu'Avembe exagère en disant que le racisme existe toujours, et je ne crois pas qu'il "pleurniche"... J'ai une preuve éclatante du racisme en France: c'est qui qui a voté pour Le Pen ? Bien que cet homme utilise des affiches avec des gens de couleur dessus, c'est très trompeur.

Et qui a voté pour celui qui voulait réguler l'immigration, alias Sarkozy? Les Français, bien sûr!

Cela ne sert à rien de nier le racisme, c'est une plaie à bander aussi en Europe.

@ DORI: c'est bien ce que je pensais: un manque d'histoire commune entre Blancs et Noirs sur les territoires africains pour qu'un Blanc accède à la fonction suprême dans certains pays d'Afrique. Cela nous ferait du bien en fait de travailler tous ensemble pour redresser la situation terriblement précaire de l'Afrique...

Je suis aussi d'accord avec toi en disant que ce n'est pas juste de dire que les Américains "acceptent" d'être dirigés par un Noir métis. Ce n'est pas toujours facile de mesurer et peser nos mots... Mais il est clair que dans le passé, beaucoup de blancs ont "refusé" qu'un de leurs concitoyens Noirs soit président des USA. Mais Obama, bien que provenant d'une minorité, a réussi à obtenir le vote de la majorité ET des minorités justement parce qu'il a su transcender dans ses discours - on attends les faits, je retiens ma respiration! - les clivages et surtout il a montré qu'il se préoccupait des intérêts de TOUS les Américains, et non pas seulement d'une seule frange de la population. Pour qu'un immigré issu d'une minorité y arrive en France et en Belgique (être président ou premier ministre), il faut qu'il montre qu'il tiendra compte des intérêts de TOUS les Français ou de TOUS les Belges au delà des clivages ethniques.

@ DEUX à DEUX: tu dis ceci: "Rico, l’autre exemple que tu choisis pour parler de capacité à se réconcilier malgré les pires douleurs me semble aussi erroné. Comparer la colonisation pieds-noirs à l’immigration maghrebine est soit une erreur, soit une provocation explosive. Le jour où les immigrés maghrebins réclameront le droit de pillage des richesses françaises, l’institutionnalisation du népotisme en leur faveur, exigeront d’être les seuls à avoir le droit de vote, refuseront aux autres communautés l’accès à la justice, à l’éducation, à la propriété individuelle, sous peine d’humiliations, de mauvais traitements, de travaux forcés ou de torture…"

Je suis tout à fait d'accord avec ça!

voilà, bonne soiré à tous!


47.Posté par Deux et Deux le 07/11/2008 17:03
@ Pili Pili
Pour info : je t'invite à te renseigner sur Jerry Rawlings (ex-président du Ghana) et Seretse Khama Ian Khama (actuel président du Botswana), tous deux aussi blancs que Barack Obama est noir.


46.Posté par Deux et Deux le 07/11/2008 16:56
Okay Dori. Je relève le défi. Considérons que le débat franco-français est aussi une forme de réaction.

@ Charles : Je suis sincèrement honoré. Je t’ai relancé en présumant de ta bonne foi. Je suis comblé au-delà de mes espoirs.

@ Rico. Ma première réponse, je l’ai donné par anticipation : l’émotion est parfois mauvaise conseillère. C’est également sur ce terrain que tu te places, en nous faisant part de ta souffrance d’entendre la Patrie dénigrée. Du coup, nous ne pouvons que compatir. Cela dit, si c’est ce que tu recherches, il me semblerait logique que tu compatisses également à l’émotion d’Avembe. En revanche, si tu espères le consoler, ou provoquer en lui un sursaut d’orgueil, je ne crois pas que de le traiter de pleurnichard en pleurnichant soi-même soit vraiment utile. Enfin, si tu espères le faire taire par l’insulte, c’est je crois la pire des solutions. Avembe a raison de relever la posture de déni que l’on retrouve encore en France. Car le déni est ce qui nous éloigne le plus de toute réconciliation. Ainsi, quand tu évoques la réconciliation franco-allemande, tu oublies de préciser que les allemands ont subi jusqu’à la nausée un véritable lavage de cerveau anti-nazi, qu’ils ont payé et payent encore pour les crimes de leurs pères, qu’ils ont renoncé pendant des décennies à toute prétention diplomatique et militaire, et qu’ils ont assumé la perte de leur honneur afin de se reconstruire une identité nationale sur de nouvelles bases. Enfin, tu oublies également que c’est sur la base du plan marshall, que l’Allemagne honteuse accepte la main magnanime que la France lui tend, sous l’impulsion impérieuse d’un homme d’exception, légitime et visionnaire, désireux de mettre enfin un terme à plusieurs conflits meurtriers au possible, dont 2 guerres mondiales. Enfin, tu noteras que la France n’est pas la principale victime du nazisme. Résumer tout cela en disant que les allemands et les français ont eu l’intelligence ou l’élégance de tourner la page me semble aller vite en besogne.

Rico, l’autre exemple que tu choisis pour parler de capacité à se réconcilier malgré les pires douleurs me semble aussi erroné. Comparer la colonisation pieds-noirs à l’immigration maghrebine est soit une erreur, soit une provocation explosive. Le jour où les immigrés maghrebins réclameront le droit de pillage des richesses françaises, l’institutionnalisation du népotisme en leur faveur, exigeront d’être les seuls à avoir le droit de vote, refuseront aux autres communautés l’accès à la justice, à l’éducation, à la propriété individuelle, sous peine d’humiliations, de mauvais traitements, de travaux forcés ou de torture… Alors on pourra comparer. Le drame de l’expulsion brutale des pieds-noirs (et de leur accueil indigne en France) est une réalité injustifiable. Mais s’il suffisait de renvoyer dos à dos les deux catégories de victimes pour se laver les mains, cela voudrait dire que tout se vaut, et que le statut de victime (quel que soit le crime) exonère automatiquement de la charge de construire la réconciliation. Le contraire donc de ce que tu voulais dire.

Conclusion : il faut admettre dans la stigmatisation du déni que pratique Avembe (au-delà de son ton passionné), la volonté de faire un premier pas vers la réconciliation. En effet, c’est en identifiant les crimes, que l’on tire les leçons, et en accusant les criminels, que l’on distingue les « Justes ». L’occultation des crimes est complicité ou inconscience. Pour développer, je te propose deux exemples : 1 – en instituant une filière « Culture Afro-Américaine » dans ses universités, les USA permettent à une catégorie d’experts du racisme et de la discrimination d’émerger et proposent à tout américain, blanc-noir-jaune-rouge ou autre, une lecture critique et « objectivante » de leur histoire nationale. J’ai précisé les couleurs de peau parce qu’il se trouve que pour ma part, je n’ai rencontré que des blancs américains à avoir eu la chance de profiter de tels cursus. C’est n’est pas un constat statistique mais cela montre bien qu’une nation qui se donne les moyens d’en finir avec ses tares ataviques a plus de chances de rencontrer des citoyens désireux de s’approprier le meilleur et d’améliorer le pire. 2 – Autre exemple, quand la France investit aujourd’hui les yeux fermés dans une politique francophone, il est probable qu’elle n’ait pas compris, assumé et digéré, à quel point le fait d’enseigner voire d’imposer sa langue à un étranger (au prix parfois de sa culture à lui) est un engagement fraternel à long terme. Il ne faudra pas s’étonner demain de voir débarquer des hordes de francophones désireux de squatter la Bibliothèque Nationale, de visiter Notre-Dame-de-Quasimodo ou de jouer une partie de cartes à la Pagnol sur notre côte-d’azur. Il y a là encore des leçons qui n’ont pas été tirées.

Enfin, je pense que le malentendu entre les français et les « afro-français » est total. La mode du patriotisme béat célébrant l’infaillibilité de la république, dont un M. Gallo ou un E. Zemmour se font aujourd’hui les chantres, est une mauvaise réaction à un problème réel. Une mauvaise réaction qui s’inspire beaucoup plus de la stratégie d’intégration d’un pays d’immigration comme les Etats-Unis que du chauvinisme instinctif de l’histoire française. Ironie mordante qui emmene nos patriotes aveugles à nous inciter sans réserve à « faire comme les américains ».

L’interdiction formulée à un afro-français de critiquer la république et son histoire est un manque de confiance dans la force et la vitalité d’un système démocratique. Cela s’explique probablement par la dérive fasciste de l’entre-deux guerre et ses traumatismes, mais tant qu’à chercher des repères aux USA, je préfère pour ma part admirer la vigueur d’une république basée sur la liberté d’expression. Sinon, à force d’occulter nos erreurs et nos fautes, on en vient à perdre nos repères, nous scléroser, nous raccornir et nous supecter mutuellement des pires intentions. Quand le Général De Gaulle dit que les français sont des veaux (piètre conception d’une démocratie, que j’avoue avoir sorti de son contexte), on sourit… mais gare à Mamadou, s’il ose remettre en cause Le Système.

Et pourtant, qui ne sait pas que les français sont arrogants, individualistes, râleurs, utopistes, intransigeants sur leurs droits, accommodants sur leurs devoirs, violents dans leurs dialogues politiques et sociaux…. Comment voulez-vous que les nouveaux français soient ? Absolu comme des allemands, flegmatiques comme des anglais, volontaristes comme des américains ? Pour ma part, je vois dans la révolte des banlieues de 2005, l’écho de 1789, 1870, 1936 ou 1968. Et dans la complainte d’Avembe, l’adhésion à la devise de Liberté (encore), Egalité (enfin), Fraternité (ensuite).


45.Posté par dori le 07/11/2008 16:19
@ pili pili

Si un pays africain ne peut pas accepter d'être dirigé par un Blanc c'est qu'à part l'Afrique du sud, le Zimbabwe et je ne sais quel autre pays encore, il n'y a pas de Blancs citoyens ou naturalisés dans les autres pays d'Afrique noire. Or pour être président d'un pays il faut bien en être citoyen reconnu par la loi de ce pays, nous sommes tous d'accord. Les USA n'appartiennent pas aux seuls citoyens Blancs de ce pays quand-bien-même ils en constitueraient une écrasante composante. Les Blancs et les Noirs étaient arrivés là-bas presqu'au même moment et on peut dire qu'ils ont tous travaillé dur pour construire ce pays( référence au rôle d'un esclave dans l'enrichissement de son maître). C'est la loi(et non l'ordre d'arriver sur le territoire) qui fait d'un homme, citoyen d'un pays et c'est cette même loi qui peut le dénaturaliser(et non pas les hommes politiques parce qu'ils sont eux-mêmes sujets soummis à la même loi). La terre n'appartient pas forcement aux premiers occupants(référence à la Palestine). Il n'est donc pas correct de dire que les Blancs aux USA "acceptent" d'être dirigés par un Noir, autrement ce serait la confiscation du droit à l'égalité d'une partie de la population et cela est condamné par la constitution américaine.
En France comme dans certains pays européens, une partie de la population(reconnue par la loi au même titre que l'autre composante blanche) est noire ou arabe ou jaune etc. Interdire à cette partie de la population de jouir du droit à l'égalité en se basant sur les critères éthniques, pourtant interdits par les constitutions de ces mêmes pays, cela s'appelle discrimination sur base éthnique.
Une dernière chose, je voterais les yeux fermés pour un Blanc naturalisé dans mon pays qui présenterait un programme politique auquel j'adère. Contrairement aux idées très rependues, les africains(noirs) se préoccupent beaucoup plus d'opportunités que de suprématisme racial et si on rencontre parfois du racisme en Afrique( et il faut le dénoncer), c'est souvent du racisme anti-raciste. Moi même je ne m'étais confronté à la réalité du racisme que quand j'étais parti en Europe pour mes études. Mais comme personne cultivée et de tradition catholique, je me suis dit que seul le manque de culture et de la tolérance expliquent la haine raciale.

44.Posté par dolcevita le 07/11/2008 12:58

Aux Etats-Unis tu es d'abord Américain puis Blanc/Noir/Asiatique/Latino...
Contrairement à la France, les minorités peuvent accéder à des emplois plus qualifiés, à des postes clés donc la victoire d'un type comme Obama n'était possible qu'aux Etats-unis, et cela inspire bcp d'espoirs mais seulement pour les Américains. .

@ Dori, Avembe et Deux et Deux : Amen!
Un de mes grand-parent ( soldat Malgache) aujourd'hui décédé, a combattu
pour la France et n'a eu aucune reconnaissance.

@ Rico:

Tes références aux Pied Noirs ou aux Français massacrés par les Allemands sont justes mais la différence entre eux et les Noirs ou les Maghrebins de France c'est qu' aujourd'hui ces gens là ont vu leur situations s'améliorer. Ils sont considérés. Je suis sûre que certains d'entre eux font parti du gouvernement, ont des postes haut placé et ne subissent aucune discrimination à l'embauche etc...Tout cela c'est du passé, douleureux certes, mais leur vie a changé pour le meilleur. Ce qui n'est pas les cas des Afro-carribéens ou des maghrébins de France tjs au bas de l'échelle dont on nie l'appartenance à la France ( sauf les sportifs qui sont français surtout quand ils gagnent une compétition comme a dit un jour Yannick Noah): les conséquences de l'esclavages et de la colonisation sont tjs présents et c'est parce qu'on le nie que rien ne change.

Et non ce ne sont pas des lamentations ou de la victimisation : le racisme est bien réel, certes ce n'est pas pour autant qui faut se décourager ou l'utiliser comme prétexte pour ne pas avancer mais oui quand tu n'es pas Blanc en France (= le pays des Droit de l'Homme Ha! ) c'est un handicap.

Je rejoins donc ceux qui disent qu'il faut arrêter en France de se poser en donneur de leçon vis-à-vis des USA car ici les mentalités n'évoluent pas d'un iota!

Ps: Désolé pour le roman ;-)

43.Posté par pili pili le 07/11/2008 12:51

Autre question! Est ce qu'un pays d'Afrique accepterait d'être dirigé par un Blanc après cette longue histoire coloniale, comme aujourd'hui des Blancs acceptants d'être dirigés par un Noir aux USA?

Je ne sais, mais pour cela, il faudrait une longue histoire commune entre ces deux populations dans un pays d'Afrique.

Beaucoup de progrès restent à faire partout...

Croisons les doigts pour la suite, car c'est trop beau pour y croire! Pendant deux jours je me suis crue dans un film de Disney après la victoire d'Obama!!! Avant ça n'existait que dans les films, un président Noir!
Je trouvais cela tellement incroyable, et pourtant, dès le moment où j'ai vu Obama gagner en Iowa aux primaires contre Hillary Clinton, j'avais pressenti avec force qu'il se rapprochait de la maison Blanche pour y entrer, comme un futur très probable...



42.Posté par pili pili le 07/11/2008 12:35
Ha, je me frotte les mains quand je lis vos posts et remarques ici! C'est très intéressant tout ce que vous dites, et surtout, je trouve cela génial que l'élection d'Obama nous fait poser des questions sur le racisme en France et en Belgique!

C'est une question à examiner en profondeur, et riche d'enseignements. Retournons-nous sur notre propre histoire...

Personnellement, je pense que pour qu'un Noir soit élu en France ou en Belgique au plus haut poste, il doit montrer d'abord son amour pour la France ou la Belgique, et par là, démontrer qu'il sera là pour servir les intérêts de ces deux pays. Il devra montrer, plus que tout autre une grande intelligence et un grans sens du devoir. Obama, si il n'avait pas eu ces qualités, il n'aurait sans doute pas été élu. Malheureusement, pour un immigré, la barre est mise plus haute pour qu'il accède à de hauts postes, mais cela a pour effet d'obtenir une image encore plus positive de ces immigrés, une fois arrivés au pouvoir, paradoxalement!

:-)




41.Posté par pili pili le 07/11/2008 12:11
Une simple remarque à Rico, après avoir lu ta réponse à mon post: Certains lobbys sont favorisés par Obama ( le lobby high-tech, et celui des biens de consommations courante, per exemple) , mais d'autres lobbys sont sensés être défavorisés par lui, comme celui des armes et du pétrole.

Et ce genre de lobby peut très bien vouloir éléminer Obama, ou bien un mafieux raciste jusqu'au bout des dents. Si je parle de John Fitzgerald Kennedy, c'est parce que tu dis qu'il faut remonter au XIXe siècle pour qu'un citoyen lambda tue le président des USA. Mais le crime organisé tel que pour JFK peut très bien exister pour Obama.

C'est simple, moi je prie pour qu'Obama ne soit pas assassiné et surtout pour qu'il reste honnête jusqu'au bout, car sa tâche n'est pas facile. Il peut très bien devenir malhonête malgré l'immense aura qui l'entoure après sa victoire, qui l'a réellement auréolé et couronné aux yeux du monde entier.

40.Posté par dori le 07/11/2008 11:27
@ Deux à Deux et Avembe

Vous devez souvent écrire ici et surtout répondre à RICO, parce que j'ai vraiment du mal à comprendre comment ce gars formule ses pensées. Je voudrais au passage d'ailleurs lui rappeler que l'esclavage n'a pas été pratiqué par les américains, la ségrégation raciale oui. Ce sont les européens ( les français en tête) qui ont théorisé et pratiqué la traite négrière qui a envoyé des millions d'africains au fond des mers de l'atlantique.
Quant au souvenir de la colonisation et la discrimination dont sont victimes les tirailleurs sénégalais, il est encore plus injuste de demander aux gens d'oublier ça. On n'oublie jamais l'histoire surtout quand vous avez toute votre famille qui a dû faire plus de 7000 km pour aller défendre une patrie qui n'était pas la sienne et qui reçoit en retour un tel traitement et une telle ingratitude. Mon grand-père a combattu pour la France pendant la seconde guerre mondiale, mon père l'a fait pour l'Indochine mais aujoud'hui j'aurai moins de droit même pour un court séjour touristique en France. Oui les pieds noirs ont souffert et en tant que tel personne n'a le droit de s'en réjouir mais leur histoire a été racontée telle quelle dans les livres d'histoire et enseignée en France alors que les bavures de la colonisation et la contribution des "indigènes" à la construction de la France ont été elles littéralement ommises(volontairement). C'est d'ailleurs ce qui explique l'incrimination des africains vivant en France. Je suis d'accord que la colonisation et l'esclavage ont été vécus par des gens qui sont morts mais à qui fera-t-on croire que les victimes françaises de l'occupation allemande de la seconde guerre mondiale sont mortes et qu'il ne faut plus bourrer les crânes de jeunes français de 7 ans avec par exemple la lettre de ce jeune résistant français de 17 ans (Moquet). Il y a là deux poids deux mesures et c'est ce qu'on dénonce.
Pour revenir au patriotisme lui-même. On a souvent tendance à dire que les français issus de l'immigration n'aiment pas la France tout simplement parce qu'on soupçonne chez eux un manque de patriotisme. Lorsque vous regardez un match de l'équipe de France de football, les gens veulent voir si les Français noirs dans l'équipe chantent la marseillaise. On ne se préoccupe pas de savoir si les autres joueurs blancs la chantent. Je trouve que tout ceci n'est que souspicion. Une souspicion soigneusement entretenue part les politiques et les médias qui d'ailleurs jouent un grand rôle dans la désinformation et l'acculturation du peuple français.
Mais quoi qu'il arrive moi j'aime la France, la vraie France, accueillante et tolérante. Cette France là on la sent quand on y vit.

39.Posté par Avembe le 07/11/2008 10:19
Au fait Rico, l'esclavage est un génocide aussi
Et je ne vais pas me ressaisir!!!
bien sûr que si, je vois la claque mais ce que g envie de voir ,c la tête de tous ces haineux, je veux la voir, parce que moi je n'ai franchement AUCUNE envie de pardonner aux racistes AUCUNE !!!!je ne les tuerai pas t'inquiète ,mais TOUT ce qui peut contribuer à les humilier, je suis pour ,car c'est une manières les plus certaines pour eux de vivre ce qu'ils font endurer aux autres...Il y a assez de gens sympas, compréhensifs,etc pour eux...moi NON!

38.Posté par rico le 07/11/2008 01:48
Je voie ressasser un passé vieux de plusieurs siècles sur l'esclavage, mais vous êtes vous jamais posé la question de savoir ce qu'un ancien pied noir ,qui a du quitter la terre de son enfance et tout laisser derrière lui sous peine de se faire tuer, ressentait lorsqu'il voyait des immigrants de ces mêmes colonies venir s'installer sous son nez et réclamer de pouvoir faire ce qui leur a justement été refusé: de pouvoir y rester et vivre librement ?
Dans le même ordre d'idée, fallait-il continuer de haïr les allemands pour les millions de français qu'ils ont tués entre 1870 et 1945 ?
Les personnes, encore nombreuses, qui ont souffert des deux exemples que j'ai citées ont dû prendre sur elles afin que notre société aille de l'avant, alors franchement les revendications pour un crime dont les victimes comme les tortionnaires sont morts depuis des siècles...

A l'opposé de celà, on a Obama qui gagne une élection en n'ayant aucun scrupule, lui, à clamer son amour des USA, un pays qui s'est bâti sur un génocide, et a pratiqué un esclavage massif des noirs, avant la période des lynchages et de la ségrégation (contemporaine de l'enfance de ce même Obama).
S'il pouvait inspirer quelques personnes ici...

37.Posté par rico le 07/11/2008 01:44
Avembe:
(post num 23): Si j'ai cru bon dans mon message de préciser "Bien sûr, je parle de la population américaine dans son ensemble, pas de l'ensemble de ses individualités. " ce n'est pas pour rien.

Franchement, c'est soulant de te voir en permanence pleurnicher.
Il y a peu, tu écrivais que tu souhaitais ardemment la victoire d'Obama pour que le racisme se prenne "une claque", et maintenant tu refuses de la voir cette "claque"! Et te voilà reparti à te regarder le nombril et à te lamenter.
J'en cottoie des types comme toi, qui se lamentent à longueur de journée sur ce qu'ils ont vécu, qui croient être les seuls à s'être ramassé des coups et qui ne daigneront jamais donner de leur personne avant qu'on leur tresse des lauriers (un bel exemple de cercle vicieux).
Resaissis toi, parce que ça ne va qu'empirer.

36.Posté par Avembe le 06/11/2008 22:58
"Ce qui est important, c'est que la France investit depuis des siècles dans des êtres humains dont elle se prive des capacités. "
C PARFAITEMENT ça !!!!!en tout cas selon moi!!!!!!!!!c'est vraiment un des trucs qui me rend presque fous dans c'pays, ce d'autrant plus que je suis dans l'enseignement...
En fait il y a des modèles en france, très puissants mais ainsi que je l'ai dit il faut qu'ils soient RECONNUS et communément "partagés"...Et ces modèles existent depuis au moins l'esclavage....la France a des références dont elle se prive par pur racisme donc par besoin absolu d'un certain statut quo...., de pouvoir!!!

35.Posté par Charles le 06/11/2008 22:37
Deux et Deux, ta réponse à mon post m'a fait réaliser combien la situation est plus complexe que ce que j'imaginais.
Continue à prendre "trop de place", tes posts sont emplis de sagesse et appelle à une plus grande réflexion.
Charles

34.Posté par Deux et Deux le 06/11/2008 20:08
@ Avembe L'émotion est parfois mauvaise conseillère. Et je crois qu'il ne faut jamais accuser quelqu'un d'autre de sa propre désesperance. Si tu ne trouves pas de modèle politique en France, pourquoi ne pas chercher ailleurs. Prenons Mandela par exemple (tant qu'à faire...). Tu vois où je veux en venir ?
Je ne vois pas d'astuce politique dans le refus de Sarkozy de reconnaître la réalité des failles du "modèle" français. Cela me semble parfaitement cohérent avec une idéologie consistant à célébrer la capacité de tout individu à se construire son destin (vertu)... et à stigmatiser dans la foulée l'individu qui n'y arriverait pas comme étant forcément responsable de son échec (aveuglement). C'est une question idéologique sur laquelle l'humanité n'a pas de consensus que je sache. Ce que je t'accorderais volontiers, c'est plutôt que Sarkozy me semble faire preuve de complaisance à l'égard de son parcours. Quand il dit à Obama "moi aussi je porte un nom peu courant dans mon pays" : je crois qu'il s'agit juste de culot, d'aveuglement, et d'une complaisance dont on ne peut que sourire, comme on sourit devant les petites faiblesses des hommes qui se veulent grands. A part ça, merci d'avoir évoqué les tirailleurs sénégalais (que je me reprochais d'avoir oublié de mentionner), et permets moi, noir, métis afro-français, de puiser dans mes racines africaines l'envie de célébrer mes ançêtres quels qu'ils soient, afin d'en tirer l'estime personnelle nécessaire à toute personne confrontée à un chantier vaste, complexe, infini... Ce qui doit rester important, je crois, n'est pas la souffrance individuelle que nous portons (il faut la mesurer, la respecter, la traiter oui, mais il ne faut pas non plus se laisser dominer par elle)... Ce qui est important, c'est que la France investit depuis des siècles dans des êtres humains dont elle se prive des capacités. Des hommes comme Obama, il n'y en a pas beaucoup par génération et par territoire... L'absurde est d'en faire des ennemis et de s'en débarrasser, quand on en a tant besoin. Ainsi, d'après vous, entre Obama et les USA, qui a le plus besoin de l'autre ? Cela dit, il faudrait peut-être aussi remercier G.W.Bush, qui avec la participation spontanée d'un O. Ben Laden, aura permis aux USA de toucher le fond, parfois nécessaire afin de remonter. La France cherche le fonds. Toutes mes excuses à tous pour ce détournement de débat : j'ai pris trop de place. On ne m'y reprendra pas.

33.Posté par Funnymine le 06/11/2008 20:01
@ Avembe

En France il y a deux sorte de fierté nationale :

- Celle qui, aveugle, affirme que "tout est bon dans le cochon"(sic) et n'hésite pas à l'instars des Max Galo et autres Zemmour à glorifier le temps béni des colonies et sa philosophie de "civilisation des peuples indigènes".

-Et l'autre qui se concentre sur la capacité du pays à changer. Ce n'est pas le système colonial qui doit nous rendre fier mais ces milliers d'hommes et de femmes français ou colonisés qui se sont battus pour que renaisse le texte fondateur des droits de l'homme et ont contribué à la fin de l'empire colonial. On peut aussi tenir les même propos vis-à-vis de l'esclavage. C'est ce type de discours qui a mené Obama là où il est.

Le problème est qu'en France les citoyens restent dans leur majorité des conservateurs et un telle révolution des mentalités n'est que trop peu partagée. Encore une ou deux générations et peut-être...

32.Posté par HOPE 2008 le 06/11/2008 18:52
L'élection d'Obama est un hymne à l'intelligence.

31.Posté par Avembe le 06/11/2008 17:46
2et2
je trouve en effet ce fameux enfant immigré pathétique de suffisance...de plus avec son "ceux qui n'aiment pas la France peuvent la quitter"est d'une spectaculaire stupidité...Il refuse(astuce politique) de reconnaître les raisons pour lesquelles nombre de gens n'aiment pas la France alors même qu'ils SONT français...

Un parcours comme celui d'Obama , en France requiert de la part du prétendant, de l'amour si ce n'est dans "La france" au moins dans ces gens, dans ses possibilités,dans ses réalisations dont il peut s'inspirer, pour nourrir son ambition, sa foi et bien sûr sa stratégie politique

Selon moi« Liberté-égalité-fraternité » n'a pas de sens pour un noir car la France n'a cessé de nier au Noirs(Domiens et autres) ces trois mots ;exemples simples de déni=le cas des tirailleurs sénégalais, et l'incroyable absence de responsabilité de la France dans l'esclavage ce qui la"dédouane" sur le plan juridique et financier

Des dizaines de milliers de Noirs(et d’autres races et nationalités bien sûr) ont aidé ce pays à sortir de l’humiliation de 2 guerres mondiales…
Mais ce pays est constamment dans le refus, ou le déni …Du coup, je ne vois pas comment (en dehors peut-être des réfugiés politiques-genre Duvallier-) on peut être Noir et fier d’être français…ah si !il y a le foot…mais même là, paraît qu’il y a trop de noirs !!!!

Il ne suffit pas de déclarer comme le font certains « responsables » Noirs qu’ils sont fiers d’être français , il faut de solides raisons, RECONNUES, communément partagées qui peuvent servir de ciment.
Et franchement sur le plan politique , à part la député TAUBIRA DELANON je ne vois pas trop de qui je pourrais m’inspirer si j’avais envie de me lancer d’dans …


30.Posté par Deux et Deux le 06/11/2008 17:30
Suis désolé Charles, merci pour l'effort, mais ce n'est pas vraiment plus clair. Je m'explique. Obama, justement, est fils d'immigré de la première génération, et son enfance n'est pas représentative de l'enfance d'un noir américain "type" (entre la naissance à Hawaî, les séjours à l'étranger, et l'éducation dans un milieu blanc). Nombreux sont ceux qui prétendent que c'est cette différence qui lui a ouvert la voie de la présidence, dégagé qu'il est des héritages de l'esclavage. Tu retrouveras en France, les mêmes genres de profils : descendants d'esclaves, immigrés de la xème génération, métis, enfants adoptés... ayant grandi en milieu blan, noir ou autre... éduqués sur le territoire français ou à l'étranger... Impossible de généraliser toutes ces singularités qui n'ont en commun qu'un taux de mélanine dans la peau. Autre paradoxe : il ne faut pas croire que le fait de rejeter le "modèle d'intégration à la française" rapproche automatiquement les "bi-nationaux" de leurs autres pays d'origine : d'une part, ce n'est pas parce que Olivier Besancenot rejette le modèle français qu'il en devient étranger... et d'autre part, on peut rejeter simultanément le modèle français et le modèle camerounais, de la même manière qu'on peut se sentir simultanément rejeté par les deux. Enfin, on doit accorder à toute personne qui postule à un poste politique dans une société, un minimum d'adhésion aux valeurs de cette société, qu'il soit noir ou blanc ne change pas beaucoup. Bref, j'ai peur que tu cherches à rationaliser l'irrationnel... et je crains par mes remarques d'en arriver à te révéler combien la situation est injustifiable. Il faut parfois du temps pour apprendre à vivre avec cette réalité.

29.Posté par Charles le 06/11/2008 16:49
Deux et Deux,
ta remarque est juste et pleine de bon sens.
Je pense qu'un noir de la Guadeloupe pourrait être élu car il partage la "culture Française".
Je me suis mal exprimé.
J'ai voulu dire qu'il peut y avoir confusion entre le vote en faveur d'Obama aux US (Obama est Américain avant tout et adhére à la culture et à la société Américaines) et celui en France en faveur d'un Français "issu de l'immigration" mais qui ne se sentirait pas intégré mais plus proche de son pays d'origine. Ce vote là serait impossible.
J'espère avoir pu clarifier ma pensée. Je reconnais que le terrain est glissant et peut prêter à confusion.



28.Posté par Deux et Deux le 06/11/2008 15:43
Petite question pour Charles : comment arrive-t-il à faire la différence entre un noir issu de l'immigration et un noir de guadeloupe ? Et sait-il que la Martinique et la Guadeloupe étaient françaises avant la Corse ou l'Alsace ? Je devine toutes les bonnes intentions de son discours, mais il est quand même affligeant de se sentir ainsi mécaniquement exclus du monde politique hexagonal pour des raisons fausses. Tout comme il est désespérant pour les antillais d'entendre le premier fils d'immigré hongrois ou polonais venu donner des leçons de "francitude" sous prétexte qu'il est blanc et que tout s'est bien passé pour lui. Je le dis sereinement. Blasé. Pour informer.


27.Posté par AMEURAF le 06/11/2008 15:33
Paradoxalement il y a comme un peu de la chance pour OBAMA, dans la mesure où le monde entier et les Américains eux-mêmes, savent déjà que la tâche ne sera pas facile.

Cela signifierait que s'il réalisait un peu de progrès dans quelques domaines, à quelques poussières des pourcentages, l'on pourra considérrer qu'il aura fait de son mieux.

Mieux, d'ors et déjà, certains Américains se font déjà à l'idée que la réussite d'OBAMA nécessiterait deux mandats

Donc, OBAMA, il n' a pas droit à l'erreur, à des gaffes et surtout il doit se "cuirasser" pour parer d'éventuels coups bas !

26.Posté par dori le 06/11/2008 14:34
Le problème avec les européens c'est qu'ils sont pas ouverts.

25.Posté par Charles le 06/11/2008 13:16
* le "malheureusement" fait bien sûr référence à l'esclavage.
Charles

24.Posté par Charles le 06/11/2008 13:14
Je suis enchanté de la victoire d'Obama qui, je l'espère, nommera une nouvelle administration qui conduira les "affaires du monde" avec plus d'esprit d'ouverture.
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec le cliché consistant à dire "Les US ont élu un président noir, ils nous donnent une leçon, cela serait impossible chez nous..."
En effet, la population noire a depuis toujours (malheureusement) fait partie de l'histoire des US. Cela n'est pas nécessairement le cas de la population issue de l'immigration en France. Je crois que le pas à franchir serait donc plus grand pour un état Européen. Il sera évidemment franchi un jour mais je crois que cela demandera plus de temps.

23.Posté par Avembe le 06/11/2008 11:38
@ Rico tu es sidérant sur le racisme, tu es vraiment sidérant parce que parvenir à considérer qu'il s'agit d'une chimère est tout simplement....les mots me manquent....Le racisme existe , il est bien présent , il le sera encore un sacré bon moment mais c'est un peu comme si tu affirmais que le machisme,ou le sexisme est une chimère parce que les femmes ont gagné le droit de vote, ou que certaines sont des chefs d'état...
Une partie considérable du pays a changé c'est ce que Obama a voulu démontré
et il le prouve de façon magistrale...mais le racisme une chimère, aux states, je te le répète tu es sidérant...
faut arrêter de tenter de dédouaner aussi faiblement les gens ou un pays!!!même Mc CAIN a reconnu qu'il y avait du racisme...et toi tu y vois chimère...Je pense que c plutôt ton "analyse" qui est chimérique!!!!!
@Hadya, big up!!!
Où est French Puma ???????je veux French Puma, je veux sa tête!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

22.Posté par patrick le 06/11/2008 11:26
Les premiers noms de la nouvelle administration commencent à filtrer. Le "Change" en a déjà pris un coup... Pas mal d'anciens de l'administration Clinton, des sénateurs démocrates (au plus bas dans les sondages au vu de l'action du congrès) C'est du classique de chez classique. Décevant pour l'instant...

Sinon, l'objectif de 60 sénateurs pour le parti démocrate à fait "plouffe". Une première mauvaise nouvelle.

On attend...

21.Posté par hadya le 06/11/2008 10:48
Rico, rassure-toi, tu n'étais pas le pire lol
Au moins toi, argumentes et tu ne tombes pas dans les "Jamais ils n'éliront un Noiiiiir" ou les remarques sur son deuxième prénom.....

Aaaaaah que c'est bon de savourer en pensant à ces personnes; dès que j'aurai le temps -et par plaisir-j'irai les relire dans les archives lol

Oui Funnymine, non seulement on leur a fermé leur clapet (et de quelle manière!) mais en plus Obama a fait mieux que les autres candidats Démocrates : réunir sous son nom toutes las catégories (jeunes,minorités, pauvres.... et cerise sur la cadeau, les Blancs)

@Avembe
On a écrit à peu près la même chose à la même heure!
Si ce n'est pas de la télépathie Obamiste ça ptdr

20.Posté par rico le 06/11/2008 09:49
Je m'y attendais à cette remarque :-)

JFK n'a pas été tué par un déséquilibré mais par un groupe de personne bien organisé.
Sans verser dans une théorie du complot exubérante , Oswald était sensé avoir tiré de très loin DERRIERE le cortège présidentiel alors que sur un célèbre film amateur on voit la tête du président projettée violemment vers l'arrière.

Les lobbys seront ravis d'avoir un VRP comme Obama pour soutenir leurs intérêts. Si demain ce gars là décide d'aller faire le coup de feu en Iran et en Syrie, l'opinion publique européenne le suivra en chantant.

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