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Que faut-il retenir du State of the Union de Barack Obama ?

Marjorie Paillon le 26 Janvier 2011 à 09:11

"We do big things." "Nous faisons de grandes choses." C'est la conclusion d'un discours sur l'état de l'Union 2011 placé sous le signe de l'économie, de la création d'emploi et de l'innovation. Barack Obama propose à ses concitoyens de "remporter la bataille de l'avenir." Un avenir que le président veut bipartisan, appelant républicains et démocrates au compris. Débriefing.



Ensemble sur le forme et sur le fond
Pour la première fois, les membres du Congrès ont mélangé leurs couleurs politiques dans l'hémicycle. Républicains et démocrates se sont assis côte à côte, gardant un siège vide pour la député de l'Arizona Gabrielle Giffords, victime de la tuerie de Tuscon. Le drame est encore dans toutes les têtes, la compassion devait donc se muer en cohésion.
Bien que les républicains de l'assistance ont pris garde d'applaudir certaines propositions de Barack Obama, l'alliance violette était de rigueur, à l'image de la cravate du Speaker républicain John Boehner.

Les temps ont changé
Barack Obama, affaibli en novembre par les élections de mi-mandat mais bénéficiant d'une session de transition au Congrès réussie, sait que le climat politique est au compromis. Avec un taux de chômage à 9,4% et une dette de 14 000 milliards de dollars tutoyant la limite imposée par le Congrès, le président ne pouvait faire l'impasse sur l'emploi lors de ce grand oral. Tout est donc dans la rhétorique : la création d'emplois devient un pari pour la compétitivité, l'innovation signe de création d'opportunités, les dépenses pour l'éducation sont des investissements et la relance des infrastructures une chance pour l'économie.

Génération Sputnik
"L'innovation, c'est notre mode de vie." Le slogan de Bill Clinton "it's the economy, stupid" a désormais son pendant sous l'ère Obama : "it's the innovation, stupid". Jon Favreau, la plume du président, a même trouvé sa propre formule : "lançons notre génération Sputnik", en référence à la guerre des étoiles des années 50 qui avait permis aux Etats-Unis d'innover en matière technologique.
En 2011, la guerre technologique d'Obama est celle des énergies vertes. Il avance une proposition ambitieuse : atteindre 80% d'énergies propres en 2035. Le président veut parallèlement abolir les subventions accordées par le Congrès à l'industrie pétrolière.

Obama tend la main aux Républicains de tous bords...
Le président met en exergue des initiatives bipartisanes, telles que le plan pour l'éducation "Raise to the top" développé par des gouverneurs démocrates et républicains. Un contrat donnant-donnant où les états financent les écoles les plus méritantes.
Barack Obama donne aussi des gages à la majorité républicaine, en annonçant un gel des dépenses intérieures sur les 5 prochaines années. Une économie faite notamment sur les salaires des employés gouvernementaux - Robert Gates, le secrétaire d'état à la Défense, sera le premier à geler les traitements des membres du Pentagone - à hauteur de 400 milliards de dollars. Réduire les dépenses jugées superflues, mais préserver celles liées à l'innovation et à l'éducation : " ce serait comme faire voler un avion en retirant son moteur", compare-t-il.
En maniant la formule du compromis, Barack Obama tend aussi la perche aux supporters du Tea Party. Il propose de réformer le gouvernement fédéral et d'en finir avec la multiplication ubuesque des agences gouvernementales. "Un gouvernement du XXIème siècle, qui ne vit pas au dessus de ses moyens mais qui innove; un gouvernement efficace, et non un gouvernement du passé."

... mais ose quelques piques démocrates
S'il veut tourner la page des tumultueux débats sur la réforme de l'assurance santé, Obama demande tout de même aux républicains de faire un dernier effort. L'abrogation d'Obamacare votée la semaine dernière par la Chambre des représentants ne passera pas le seuil du Sénat, mais le président laisse la porte ouverte à quelques amendements conjoints.
Obama ose quelques annonces qui peuvent sonner comme des provocations aux oreilles des républicains les plus conservateurs : le président songe à une réforme de l'immigration pour régulariser les jeunes illégaux faisant leurs études sur le sol américain, veut supprimer les allègements fiscaux pour les foyers les plus riches.

Plus qu'une pluie de chiffres ou de propositions, Obama parsème son discours sur l'état de l'Union de portraits d'Américains. Des citoyens choisis pour leurs histoires et leurs initiatives qui "réinventent l'Amérique". Hasard ou pas, ces exemples sont tous issus des Swing States, ces états qui peuvent faire basculer une élection. 2012, vous avez dit 2012 ?

Retrouvez le texte intégral du State of the Union sur le site de NPR.



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