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Primaires républicaines: le French Bashing s'invite dans la campagne

le 13 Janvier 2012 à 15:16

"The French Connection". C'est le titre de la dernière publicité négative promue par Newt Gingrich pour faire tomber son adversaire Mitt Romney. En cause : sa proximité linguistique avec un autre élu du Massachusetts et candidat à la présidence des Etats-Unis, John Kerry. Le démocrate avait pâti de l'étiquette "made in France" que lui avait collé la campagne de George W. Bush en 2004. Romney souffrira-t-il lui aussi de French Bashing en 2012?



Il est pourtant étrange que cette attaque francophobe vienne du camp Gingrich. Comme le rappelle Richard Hetu sur son blog, l'ancien Speaker of the House ne cache pas son admiration pour le Général De Gaulle, et a lui aussi vécu en France - à Orléans très précisément - lorsqu'il était adolescent pour suivre la carrière militaire de son beau-père.

Mitt Romney a lui passé près deux ans en France, de 1966 à 1968 lorsqu'il faisait ses classes de missionnaire mormon. Si ses détracteurs se servent de cette période hexagonale pour stigmatiser sa francophilie, Romney n'en garde pas moins un profonde aversion pour la chienlit de mai 68 dont il a été témoin. Le républicain conserve l'image d'un pays paralysé, gréviste jusqu'au bout du béret. Cette étiquette de "socialisme européen", Romney tente lui-même de la coller au bilan de Barack Obama. Le favori des sondages a été l'un des plus virulent sur ce thème cette semaine dans le New Hampshire.

S'il se refuse désormais à parler en français devant les caméras de télévision, Romney n'a rien perdu de la langue de Molière. Plusieurs versions d'une vidéo rôdent sur la toile, où on le voit s'exprimer dans un français quasi-parfait en tant qu'organisateur des Jeux Olymiques de Salt Lake City. Un document plusieurs fois utilisé et détourné, comme ici, où son discours est repris sur fond de Marseillaise.

Un French Bashing dont Romney n'est pas le premier à faire les frais. John Kerry a en son temps goûté à la francophobie républicaine. L'adversaire de George W. Bush avait reçu en 2004 les surnoms de "Monsieur Kerry" ou "Jean Chéri", comme en témoigne cet article du New York Times . "Il a l'air Français" s'était perfidement étonné le secrétaire d'Etat au commerce du président sortant, insulte suprême s'il en est.

Il faut dire qu'à l'époque, la France était en plein bras de fer avec les Etats-Unis, ayant mené en 2003 la contestation contre la détermination de l'Administration Bush à lancer la guerre en Irak. Les Freedom Fries avaient remplacé les French Fries à la cantine du Congrès américain et les pro Bleu Blanc Rouge ne menaient pas vraiment La Vie en Rose à Washington.





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1.Posté par ALM le 15/01/2012 22:02
Bonsoir,

Oui, je ne pense pas que cette attaque soit destinée contre la France, ou même soit sérieuse contre Mitt Romney. Il faut rappeler qu'en 2008, lors de la primaire, alors que Mitt Romney pensait devoir affronter Hilary Clinton, il avait également utilisé dans une figure de style la comparant à la France, donc dire qu'il est français, surtout quand on sait l'image qu'il a vu de la France.

Il faut savoir que le modèle française: l'économie keynésienne, et l'état interventionniste, représentent tout ce que les Conservateurs rejettent en bloc, donc l’amalgame est vite faite.

Il s'agit plus ici d'une basse attaque d'un PAC, mais cette attaque est dans les règles, le PAC de Mitt Romney : "Restore Our Future" utilise également ce type d'attaques simplistes.

2.Posté par Analyse le 19/01/2012 16:20
Simpliste pour simpliste, devant ce type d'allusion raciste, l’ambassade de France aux USA pourrait (et devrait) rappeler aux médias américains que Lafayette aussi parlait Français, de même que plus de la moitié des hommes à qui les États-Unis sont redevables de leur indépendance …

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