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Primaire du New Hampshire: Romney sur les rails de la nominationMarjorie Paillon le 11 Janvier 2012 à 08:00
39% des voix. Cette fois-ci, le score est net et sans appel. Mitt Romney remporte cette primaire du New Hampshire devant Ron Paul (23%), Jon Huntsman (17%), Newt Gingrich (10%) et Rick Santorum (9%). Rick Perry ne rassemble qu'un petit pourcent des suffrages du Granite State. Et même s'il faudra passer par la case de la Caroline du Sud et de la Floride pour assurer définitivement la nomination, la prochaine étape sur la route de Mitt Romney est déjà novembre.
On savait depuis plusieurs semaines que Mitt Romney remporterait cette primaire du New Hampshire. La seule inconnue était la marge de cette victoire annoncée. L'ancien gouverneur du Massachusetts, jouant quasiment à domicile, totalise 39% des voix. Il dépasse le score de John McCain en 2008 (37%) et son propre score d'il y a 4 ans (il avait décroché la seconde place avec 31% des voix). L'exploit réside aussi dans le fait d'être le premier républicain à assurer le doublé Iowa-New Hampshire depuis 1976.
Le vainqueur est le premier à prendre la parole. Il monte à la tribune entouré de son épouse, Ann et de ses cinq fils, donnant l'image d'une First Family en campagne. Dès le début de son intervention, il se comporte en nominé du Parti républicain et seul opposant possible à Barack Obama : "le président n'avait plus d'idées. Maintenant, il n'a plus d'excuses. Et nous nous assurerons en 2012 que son temps soit révolu." S'il encourage les électeurs de Caroline du Sud (la prochaine étape sur la route des primaires républicaines le 21 janvier) à le rejoindre, ses yeux sont déjà rivés sur l'élection du 6 novembre prochain. La Caroline du Sud ne sera pas terre d'évangile pour Romney. En 2008, il s'était classé à la 3ème place avec 15% des voix derrière John McCain (33%) et le pasteur Mike Huckabee (29%). Si sa foi mormone l'empêche de passer la Bible Belt, son Super PAC a déjà construit un bouclier médiatique pour s'assurer la victoire en Floride (les électeurs républicains y votent le 31 janvier). Le comité d'action politique a acheté pour 3,6 millions de dollars de temps d'antenne dans le Sunshine State. La nomination semble donc promise à Mitt Romney, mais reste une équation à résoudre : comment le candidat "modéré" pourra-t-il rallier la base ultra-conservatrice en novembre? La logique voudrait qu'il choisisse d'ici le mois de juin un vice-président qui puisse séduire cette frange du parti. Le même problème s'était déjà posé à John McCain en 2008. Gageons l'ancien candidat du GOP lui prodiguera ses conseils en la matière. McCain a en effet offert son très officiel endorsement à Romney avant le scrutin du New Hampshire.
Leave free or die. La devise du New Hampshire va comme un gant à Ron Paul. Le libertarien est le second vainqueur de la soirée. Avec 23% des voix, il triple son score de 2008. Et surtout il enregistre la plus belle progression sur le vote des indépendants et des jeunes électeurs. Le représentant du Texas le martèle à chaque discours : "seules les libertés individuelles peuvent résoudre la crise que nous traversons. (...) Nous en avons assez d'envoyer nos enfants jouer aux gendarmes de la planète; il est grand temps de les ramener à la maison. (...) Le rôle de l'Etat est pourtant simple : protéger la liberté ! " Les hourras et slogans "Ron Paul Revolution! Give us back our Constitution!" ponctuent chaque phrase de son discours, preuve s'il en est que Paul est le seul candidat qui réussit à enthousiasmer et entretenir une base fervente de supporters.
Jon Huntsman profite également de cette primaire "ouverte" du New Hampshire. Les indépendants étaient autorisés à voter lors de ce scrutin et ne s'en sont pas privés. C'est à ces modérés que l'ancien gouverneur de l'Utah doit ses 17% de voix et sa troisième place. Mais bien que le Wall Street Journal ait encensé son programme économique et que Time lui ait décerné le titre de "républicain que les démocrates craignent le plus", il semble peu probable que l'ex ambassadeur des Etats-Unis en Chine puisse transformer l'essai lors des prochaines primaires. Souvent surnommé par ses adversaire "le Romney Bis", car il est mormon et jugé modéré (voir libéral au sen américain du terme) comme lui, Huntsman devrait selon toute logique politique se rallier prochainement au favori.
Reste le tiercé perdant du jour. Newt Gingrich est celui qui a peut-être le plus perdu entre le caucus de l'Iowa et cette primaire du New Hampshire. Sa ligne de défense aux accents de "Monsieur Propre", selon laquelle il serait le seul candidat à ne pas décocher de publicités négatives contre ses adversaires ne tient plus. Son Super PAC finance en effet à hauteur de 5 millions de dollars la diffusion d'un documentaire anti-Romney. Et les conservateurs semblent de moins en moins enclins à voir en Gingrich la réincarnation de Ronald Reagan. L'ancien Speaker of the House veut tout de même y croire et maintient sa candidature pour les primaires à venir en Caroline du Sud et en Floride notamment.
Pour Rick Santorum l'objectif était surtout de limiter la casse dans le Granite State. L'ex sénateur de Pennsylvanie souhaite rester dans la course pour prolonger son momentum jusqu'en Caroline du Sud, où il retrouvera une base électorale plus favorable à ses valeurs conservatrices et religieuses le 21 janvier prochain. Lors de son intervention dans le New Hampshire, le candidat évangélique dit vouloir mener campagne jusqu'au bout du processus des primaires. Il dit aux aussi à ses supporters de croire en une Amérique fidèle à la Foi, à la famille et aux opportunités économiques. Santorum devra surtout avoir foi en lui-même pour rééditer dans deux semaines sa performance surprise de l'Iowa. Reste Rick Perry. Le gouverneur du Texas ne rassemble qu'1% des voix sur ce scrutin. Il ne misait de toutes les façons pas sur la primaire du New Hampshire, préférant sillonner la Caroline du Nord cette semaine. Si Perry a les finances pour poursuivre sa campagne, il n'est pas certain que ces déconvenues électorales l'incitent à persister dans sa volonté d'être le nominé du GOP. Michele Bachmann a pris la décision de sortir de la course républicaine alors qu'elle réunissait 6% des électeurs en Iowa la semaine dernière.
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