Ilovepolitics.info - la communication politique américaine vue de France
A la Une

Obamaniaques, que pensez-vous de cet édito du Monde diplomatique ?

Julien Landfried le 29 Juillet 2008 à 20:47

Serge Halimi, le directeur de la rédaction du mensuel Le Monde diplomatique, signe dans le numéro d'août un édito qui sonne comme un rappel lucide des positions politiques du sénateur d'Illinois. Des positions bien éloignées du romantisme et de la naïveté qui est celle de nombre de ses soutiens -sincères- en Europe et en France en particulier. Le débat est lancé, non ?



Couverture du Monde diplomatique, août 2008
Couverture du Monde diplomatique, août 2008
Voici quelques extraits de l'édito du Monde diplomatique :
[Barack Obama veut] réhabiliter la marque Amérique, rendre plus performantes parce que mieux acceptées — et plus accompagnées — les interventions des Etats-Unis à l’étranger.
(...)
A ceux qui rêvent encore qu’un président « multiculturel » né d’un père kényan signalerait ipso facto la venue d’une Amérique new age et la farandole d’une ronde où tous les gars du monde se donneraient la main, le candidat démocrate a déjà dit qu’il s’inspirerait moins des Pink Floyd ou de M.George McGovern que de la politique étrangère « réaliste et bipartisane du père de George Bush, de John Kennedy et, à certains égards, de Ronald Reagan ». Le multilatéralisme n’est pas pour demain ; l’impérialisme serait néanmoins plus soft, plus habile, plus concerté et, qui sait, peut-être un peu moins meurtrier. Les huit ans d’embargo de la présidence Clinton avaient toutefois tué énormément d’Irakiens...
(...)
M. Barack Obama a de l’ambition. Jusqu’où le conduira celle, légitime, de « gagner les élections » ? Ces derniers mois semblent suggérer la réponse : plus à droite. (...) Car « Yes, we can » est également devenu : oui, nous pouvons critiquer un arrêt de la Cour suprême, pourtant fort conservatrice, qui prohibe l’exécution de violeurs non coupables d’assassinat ; oui, nous pouvons prononcer devant le lobby pro-israélien un discours qui s’aligne sur les positions les plus inflexibles du gouvernement de M. Ehoud Olmert ; oui, nous pouvons associer systématiquement créativité et secteur privé, compléter la mission de redéfinition du progressisme lancée par MM. Clinton et Anthony Blair, promouvoir une alliance de classes dont les managers et les cadres seraient les acteurs-clés. (...)



Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 2 Novembre 2012 - 11:40 Carte électorale 2008 vs 2012 : let's do the math



1.Posté par Passant le 30/07/2008 07:28
Le peu que l'on peut comprendre du système politique américain vu de France est que nul président ne peut y être élu sans faire allégeance et même charmer ce qui fait l'identité même de l'amérique : son économie. Ne serait-ce que du fait de la réalité du financement de la vie politique.

Il est alors difficile d'imaginer que quelque évolution aux USA puisse provenir de ses politiciens. Ou alors, peut-être, uniquement de leurs pires erreurs une fois parvenus au pouvoir, comme celles de GWB.

Obama ne semblant pas aussi caractériel et stupide de GWB, il est logique de ne rien attendre d'autre que des changements de façade de l'America Corp.

(NB : Je ne dis pas pour autant qu'il en soit différent en France ou ailleurs, hein..)

2.Posté par Laurent le 30/07/2008 16:14
Bienvenue dans le monde de la politique M. Halimi!

Charmer les militants c'est une chose, gagner les élections en est une autre. A ce jeux, tous les politiciens oublient leurs propos passés jugés trop risqués. McCain a fait de même (il était initialement contre les baisses d'impôts de Bush, mais a fait volte-face depuis). Et le phénomène n'est pas unique aux Etats-Unis.

Donc oui, Obama est parfois full of it. Comme tous les candidats de tous pays.

Quant au choix de financement d'Obama, je ne vois pas où est le problème. Le but du financement public est d'éviter les injustices entre candidats. Or le principal mode de financement d'Obama (obtenir une petite contribution de milliers de gens) est somme toute fort démocratique. Pas besoin de carnet d'adresse de gros donneurs. Il faut "juste" le soutien de centaines de milliers de supporters. Et puis Obama économise au contribuable américain $84 millions. Goutte d'eau face au budget de l'état, certes, mais goutte symbolique.

3.Posté par Cosmosplit le 01/08/2008 01:42
Intéressant, car on trouve sur le site du Monde Diplomatique un article d'avril 2oo8 intitulé L'Audacieux Pari de Barak Obama avec la traduction du discours du 2 octobre 2oo2 du sénateur de l'Illinois contre l'invasion Américaine en Irak.

A noter que dans ce discours à charge datant de 6 ans déjà, il y a une atttaque très virulente contre Karl Rove qui a très récemment rejoint l'équipe de campagne de Mac Cain. Or depuis son arrivée, la campagne prend a Nasty Tour !

Extrait
Ce à quoi je m’oppose, c’est à une guerre stupide. Ce à quoi je m’oppose, c’est à une guerre irréfléchie. Ce à quoi je m’oppose, c’est à la tentative cynique des Richard Perle, Paul Wolfowitz et autres combattants de salon, guerriers du dimanche de cette administration, de nous forcer à avaler leurs programmes idéologiques, quel qu’en soit le coût en termes de vies perdues et de souffrances subies.

Ce à quoi je m’oppose, c’est à la tentative de politicards comme Karl Rove de détourner notre attention de l’augmentation du nombre des non-assurés, de la montée du pourcentage de pauvres, de la chute des revenus moyens – de détourner notre attention des scandales dans le monde des affaires et d’une bourse qui vient de connaître son pire mois depuis la Grande dépression.


Pour lire l'intégralité de ce discours fondateur en français http://www.monde-diplomatique.fr/2008/04/OBAMA/15768
Ou en anglais sur le site de campagne d'Obama

Pour en revenir aux craintes de Mr Halimi d'un brutal virage à droite de Barak Obama, ne s'agit-il pas plutôt de sa déception au sujet de la récente allégeance d'Obama au camp pro-israelien (déclaration du 4 juin sur Jerusalem) et de sa tournée au Moyen-Orient ? Une allégeance nécessaire et bien appuyée afin de s'assurer à minima le vote de l'importante communauté white jewish american.

Obama n'a pas gagné les élections, juste l'investiture et il cherche les voix qui lui permettront d'arriver au pouvoir. Après il aura le pouvoir et qui vivra, verra !

Bien d'accord avec Laurent sur le financement de la campagne d'Obama qui encore une fois se différencie de ses prédécesseurs en refusant les fonds publics...

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter




L'équipe Ilovepolitics






Les Dossiers d'Ilovepolitics



Les Archives d'anciennes campagnes
Sites et ressources sur les précédentes campagnes présidentielles américaines



La Présidence Obama

Les Sondages en temps réel
Les sites des instituts de sondage les plus importants aux Etats-Unis

Les Institutions et partis américains



Les Grands médias américains
Les plus grands journaux et networks américains