Ilovepolitics.info - la communication politique américaine vue de France
Analyses & Interviews

Obama : une tournée de commandant en chef

Barthélémy Courmont le 23 Juillet 2008 à 07:30

Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). En partenariat avec contre-feux.com. Pour les candidats à l’élection présidentielle américaine, la tournée à l’étranger est un cérémonial devenu classique, mais qui a généralement un impact plus grand dans les pays visités qu’aux Etats-Unis. Celle de Barack Obama fait exception, tant elle est suivie de près par les électeurs.



Barack Obama, licence cc, flickr
Barack Obama, licence cc, flickr
Au centre des préoccupations, la question de savoir si le jeune sénateur de l’Illinois est à la hauteur de la tâche, s’il est le commandant en chef dont l’Amérique a besoin sur les dossiers de politique étrangère brûlants auxquels elle fait face. Une tournée en trois phases qui sont autant d’aspects de son programme de politique étrangère.

Asseoir son leadership en Afghanistan et en Irak
Kaboul et Bagdad, deux destinations obligatoires pour le candidat à la Maison-Blanche, deux destinations à risque également, quand on sait que c’est la capacité d’Obama à proposer une nouvelle orientation dans la guerre contre le terrorisme qui est au cœur des interrogations concernant son leadership. En Afghanistan, Obama a comme prévu rappelé la nécessité de renforcer la présence militaire, et a promis l’arrivée de 7.000 hommes s’il est élu, tout en apportant son soutien à Hamid Karzaï, après l’avoir critiqué à plusieurs reprises. Mais nombreux sont ceux qui doutent que même un renfort de troupes puisse permettre la victoire.

En Irak, il a loué les progrès du gouvernement de Nouri al-Maliki, rappelé son souhait de retirer les troupes d’ici deux ans, mais a surtout rencontré le général Petraeus, commandant en chef des forces de la coalition, qui avait défendu les renforts de troupes pour porter un coup aux rebelles, stratégie à laquelle Obama s’était opposé, mais qui semble couronnée d’un certain succès. Ces deux visites sont pour le candidat démocrate l’occasion de mettre en pratique sa stratégie d’écoute des militaires avant de prendre des décisions importantes, notamment sur l’Irak, et d’asseoir son leadership en connaissance des dossiers, et non de manière dogmatique. John McCain avait à cet égard annoncé que son adversaire changerait son approche sur l’Irak après s’y être rendu; à Obama désormais d’apporter une réponse à la hauteur de ses ambitions.

Gagner en crédibilité au Proche-Orient
La deuxième partie de la tournée d’Obama, en Jordanie puis en Israël, est suivie de près Outre-Atlantique. Souvent hésitant sur le dossier israélo-palestinien, parfois qualifié par ses adversaires de « candidat du Hamas », Obama ne bénéficie pas par ailleurs en Israël du soutien qu’il trouve dans d’autres pays (dès le début de la campagne, les Israéliens ont indiqué leur préférence pour John McCain), et cette visite de séduction de l’Etat hébreu est l’un des moments forts de sa tournée.

Mais il ne peut dans le même temps tourner le dos de manière trop nette aux Palestiniens, qui placent de grands espoirs en sa candidature, qui marque pour eux un changement par rapport aux années Bush. Plus que dans les pays en guerre, cette visite au Proche-Orient est le grand test de la crédibilité de Barack Obama sur le front de la diplomatie, d’autant qu’il a promis d’aider Israël à trouver des « partenaires crédibles avec qui faire la paix » une fois élu, et dans le même temps un rééquilibrage de la politique américaine sur son traditionnel plus gros dossier de politique étrangère.

Confirmer les soutiens en Europe
La troisième partie de la tournée d’Obama, à Berlin, Paris et Londres, est a priori la plus facile. D’abord parce que les relations transatlantiques, passée la crise irakienne, sont au beau fixe ; ensuite parce que le candidat démocrate bénéficie d’une grande popularité en Europe occidentale, comme l’indiquent de nombreux sondages. Cette visite devrait donc être l’occasion de faire état des convergences transatlantiques sur les grands dossiers sécuritaires. La visite en France est la plus attendue, en raison de la présidence de l’Union européenne, mais aussi parce que c’est sans doute en France que l’opinion publique attend le plus d’une éventuelle présidence démocrate, à en juger par l’importante couverture médiatique de l’évènement. Cette visite va donc servir de confirmation de la popularité d’Obama à l’étranger, même si cela n’est que symbolique.

Notons cependant que Barack Obama ne se rend pas en Europe centrale et orientale, notamment la Pologne et la République tchèque, qui sont au cœur du partenariat avec Washington sur le déploiement d’une défense antimissile. Sujet sur lequel le candidat démocrate se montre peu loquace, notamment en raison des difficultés rencontrées avec Moscou. De même, et de manière plus globale, cette tournée internationale ne conduit pas Barack Obama en Asie orientale, où les membres de l’administration Bush multiplient actuellement les déplacements, mais région également sur laquelle le candidat démocrate ne s’est que très peu exprimé. On pense notamment à la Chine, à la Corée du Nord, ou plus largement à la stratégie américaine en Asie-Pacifique. Preuve s’il en est que si cette tournée est un événement attendu, elle ne répond pas à toutes les interrogations concernant la politique étrangère selon Obama.

En partenariat avec contre-feux.com




1.Posté par french puma le 23/07/2008 11:58
Pourquoi ne pas rappeler la réalité des choses?
Contrairement à ce que les médias français nous affirment : Obama est loin d'avoir course gagnée. Les Américains en général n'ont pas confiance en un candidat qui leur apparaît comme bien jeune et inexpérimenté. Un récent sondage publié par le New York Times sur la politique étrangère est à cet égard édifiant ; d'ailleurs le camp Obama a été pris de panique en le consultant et a très vite décidé de recentrer la campagne sur les questions de diplomatie.
Ce sondage montrait que pour 46 % d'Américains, John McCain est tout à fait crédible dans le rôle de "Commander in chief" ; alors qu'ils ne sont que 24 % à penser la même chose d'Obama. Inquiétant, mais peu surprenant. Le sénateur de l'Illinois fait preuve d'une grande légèreté sur les questions de défense, et il n'a d'ailleurs jamais siégé au sein de la prestigieuse Commission des Forces Armées du Sénat, dont Hillary Clinton à l'inverse fait partie depuis plusieurs années. Rappelons aussi que très récemment, beaucoup ont mis en doute le patriotisme d'Obama suite à ses déclarations ambigues, et à celles de sa femme, qui s'affirmait "fière pour la première fois de son pays parce qu'il a choisi mon mari" !
Non, décidément, les Américains ne sont pas très convaincus : malgré l'accueil digne d'un chef d'Etat que vont lui réserver les dirigeants européens, Nicolas Sarkozy en tête en tant que Président de l'Europe, Barack Obama n'apparaît pas crédible en commandant-en-chef. Préoccupant, à quelques mois seulement d'une élection dans laquelle les questions de politique étrangère pèseront certainement très lourd ...


2.Posté par annegc1 le 23/07/2008 15:00
@ french puma: votre description des Etats-Unis est, comme vous l'avez déjà démontré, pleine de partialité. Pourquoi par exemple ne relevez-vous aucune des récentes déclarations de John McCain notamment sur la Tchécoslovaquie (pays dont il faut selon lui beaucoup plus parler et qu'il faut aller voir...) ou sur la frontière entre l'Irak et le Pakistan (sic). Ou aussi ses déclarations très approximatives sur l'Irak lors de son bref passage là bas... Pour un soit disant parfait commandant en chef, voilà des déclarations qui font frémir jusqu'à ses plus fidèles. De plus, pourquoi non plus évoqué l'absence de McCain lors de la majorité des débats du Sénat sur l'Afghanistan...
L'actuel voyage d'Obama était prévu de longue date.
Enfin, accepter la réalité qui veut que Hillary Clinton, quoique vous puissiez penser, est définitivement hors course. Et ne sera JAMAIS la candidate démocrate cette année.
Visiblement la réalité semble vous déplaire... mais est-ce là une raison pour tenter de la transformer?

3.Posté par mike le 23/07/2008 15:04
"french puma", toujours aussi nul et confus dans tes analyses, allez je te renvois à tes chères études comme tu semble penser qu'Obama est arrivé à ce niveau par hasard, sans stratégie sans intelligence sans rien...continu de rêver le jour se lèvera dans tout les cas....

4.Posté par annegc1 le 23/07/2008 15:09
un conseil french puma, renseigne toi sur les derniers propos de McCain sur l'Irak, domaine sur lequel il prétend pourtant pouvoir briller... fort heureusement pour lui, CBS (qui comme tous les médias sont soit disant à la botte d'Obama) ne les a pas diffusés. Malheureusement pour lui, ils ont été malgré tout retranscrits sur Internet.

5.Posté par Alpho T. le 23/07/2008 17:21
@french puma qui aurait besoin d’un cours élémentaire.
Les idées et «la vision politique» ne viennent pas avec le nombre d’années. Contrairement à McCAIN et H. CLINTON, B. OBAMA est diplômé en sciences-politiques, c’est donc un politicien de formation (il est vrai qu’une tête pleine n’est pas gage des bonnes solutions, mais permet de bien analyser…).

McCAIN s’est reposé uniquement sur sa biographie de militaire et d’une tournée en Europe et au moyen orient pour se construire une image solide en politique étrangère relayé par les médias. Et pendant ce temps, l’attention des démocrates était tournée vers les primaires (répondre à la campagne négative). Il est clair que McCAIN est loin de le démocrate quel qu’il soit en matière de politique étrangère ; les sondages n’en sont qu’une illustration.

Siégé des années ou des décennies dans la prestigieuse Commission des Forces Armées du Sénat n’est pas gage d’une meilleure vision du monde qui nous entoure.

Cette fameuse inexpérience et naïveté produisent les effets tout à fait contraire.
En effet, 1)dès le commencement, B. OBAMA a martelé que la guerre en Irak était une grossière erreur.
è H. CLINTON a mis du temps pour maintenant le reconnaître et s’en est excusée.
McCAIN n’aura toujours pas compris, mais un jour, il l’acceptera ; les années à la Commission des Forces Armées du Senat n’ont pas servi à grand chose !
2)Le retrait des troupes de l’Irak et le renfort de ceux de l’Afghanistan font parti de programme de B. OBAMA. Il parlait d’une erreur stratégique dans la lutte contre le terrosrisme.
è Tien tien, l’avenir est en train de lui donner raison. Manifestement, Gordon BROWN, les gouvernements Irakiens et Afghans lui donnent raison.
L’expérience de la guerre dirait-elle de ne faire que la guerre et/ou de menacer par la force militaire tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous!?
3)Consolider les relations avec les pays amis et ouvrir des discussions avec les pays ennemis a été taxe de naïf par tous par ces 2 et en particulier par le Républicain.
è Hein hein, le gouvernement Américain, républicain fait désormais des pas vers l’Iran et la Corée du Nord. Que se passet-il donc, G. W. Bush lui donnerait-il aussi à ce jeune naïf, sans expérience…

Pour l’instant, le naïf inexpérimenté, est en train de montrer à ses aînés qu’il comprend mieux le monde qu’eux avec une meilleure vision, une approche plus pragmatique et mondiale.

french puma, redonnez-nous donc les sondages sur la politique étrangère dans une dizaine de jours.

6.Posté par Thomas le 23/07/2008 19:15
Ce fameux french puma n'est rien d'autre que Smboy (pour ceux qui s'en souviennent...). no comment !

7.Posté par Thomas le 23/07/2008 19:16
PS : Smoby et non Smboy

8.Posté par Gehem le 24/07/2008 00:33
French Puma :
Comprends-tu l'anglais, parce que ta citation de Michelle n'est pas très exacte.
Puisque que tu connais si bien les U.S.A (i wonder where you live btw), tu devrais savoir comment ça fonctionne, en particulier que HRC est maintenant out. End of story.
Et ou est-ce que t'as vu les médias français dire que la course était gagnée d'avance ?

9.Posté par Avembe le 24/07/2008 07:39
C dingue Thomas quelques secondes avant de te lire j'avais cette impression très très désagréable que French PUMA=(feu?)Smoby...
Les PUMA veulent couler le DNC,braillent à qui veulent l'entendre que le DNC à voler la nomination à HRC pour la DONNER à OBAMA...donc ils comptent voter pour Mc CAIN ...
Sur ce point,ces fameux PUMA qui vont donc dynamiter leur propre maison espèrent sans doute que le RNC leur retournera le geste(ainsi croient toujours les traitres)...Le problème est que ,les sachant capables de traitrise, ils auront tôt fait de les neutraliser(et ils auront raison) car il est absolument hors de question de faire confiance...à un traitre...S'il a pu"donner" sa famille" ,à plus forte raison son "adversaire"...
Et quand on sait l'aversion , la haine absolue que TOUS je dis bien TOUS les républicains ont pour HRC,et que MC CAIN a tant combattu cette dame, laissant même une de ses supportrices traiter HRC de "b..;ch",j'en conclus que la démarche de PUMA n'est compréhensible que d'un point de vue raciste!!!
Donc j'affirme que French PUMA est...comment dirais-je...très très très très contrarié qu'un Noir ait gagné l'investiture démocrate!!!!

10.Posté par Avembe le 24/07/2008 16:16
et je l'remets ICI:
http://www.huffingtonpost.com/the-uptake/gook-john-mccains-racism_b_114401.html

11.Posté par Alpho T. le 24/07/2008 18:54
Allez on vous a démasqué FRENCH PUMA alias SMOBY!

Vous dites "... l'accueil digne d'un chef d'Etat que vont lui réserver les dirigeants européens...",
vous venez donc de dire vous même qu'il est digne d'un command-en-chef alors qu'il n'est que Sénateur. Vous êtes tellement contrarié que vous vous contredisiez, l'explication viendra de @Avembe

Le politique internationelle de McCAIN vous plait tellement qu'il serait judicieux pour vous de vous engager comme soldat volontaire en Irak.

12.Posté par Alpho T. le 26/07/2008 16:11
@french puma
Il conviendrait que, pour un minimum d'honnêteté intellectuelle, vous relayiez dans vos différents mouvements et autour de vous ce triomphe de Barack OBAMA dans la maîtrise des dossiers et sa meilleure vision internationale.
Que vous n'aimiez pas l'individu personnellement n'est pas un problème car vous ne serez pas seul, mais il faut un minimum d'honnêteté.

Les grandes ligne de la politique internationales de Barack OBAMA seraient sur le point d'être suivi par l'administration républicaine en place isolant part conséquent celui qui disait tout ou mieux connaître. McCAIN va-t-il finalement donner raison à Barack OBAMA.

http://www.nytimes.com/
"President Bush’s decisions on Iraq troop withdrawals and talks with Iran and North Korea have put John McCain on the defensive."

"McCain Gives Qualified Endorsement to Iraq Timetable"

...

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter




L'équipe Ilovepolitics






Les Dossiers d'Ilovepolitics



Les Archives d'anciennes campagnes
Sites et ressources sur les précédentes campagnes présidentielles américaines



La Présidence Obama

Les Sondages en temps réel
Les sites des instituts de sondage les plus importants aux Etats-Unis

Les Institutions et partis américains



Les Grands médias américains
Les plus grands journaux et networks américains