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Obama-Clinton : un ticket de rêve ?

Barthélémy Courmont le 4 Juin 2008 à 12:30

Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'IRIS, en partenariat avec Contre-feux.com. Les Primaires démocrates viennent de s'achever : Barack Obama s'est déclaré vainqueur alors qu'Hillary Clinton tarde à annoncer son retrait de la course à l'investiture. Cependant, ellle aurait déclaré à un membre du Congrès qu'elle était "ouverte" à l'idée de devenir la colistière de Barack. Ce ticket est-il réellement de rêve, comme le pensent de nombreux démocrates ?



MotherPie, lincence cc, Flickr
MotherPie, lincence cc, Flickr
A peine les Primaires démocrates bouclées, et tandis qu’Hillary Clinton tarde à annoncer son retrait officiel de la course à l’investiture, se donnant le temps de réfléchir, les rumeurs reprennent sur la possibilité de voir se composer un ticket présidentiel Obama-Clinton. Les appels à l’unité de Barack Obama, qui loue les mérites de son adversaire et rappelle qu’il est devenu "un meilleur candidat" grâce à elle, et les propos de l’ancienne First-lady, qui se déclare "ouverte" à l’idée de devenir la colistière du sénateur de l’Illinois sont autant d’indices. L’occasion est offerte de s’interroger à nouveau sur la faisabilité et la pertinence d’un tel ticket, souvent évoqué, mais que les longues Primaires semblaient avoir hypothéqué.

Un ticket idéal ?
De l’avis de nombreux membres du parti démocrate, le ticket Obama-Clinton est "de rêve", en ce qu’il permettrait de réunir les forces et de panser les plaies du parti, cruellement divisé à l’occasion de Primaires historiques mais également particulièrement fratricides. Les deux rivaux retrouvés derrière ce ticket apporteraient par ailleurs leur profil atypique, une combinaison de l’expérience et de l’audace, un réseau important, des collectes de fonds colossales et une représentation sur le terrain unique… des arguments contre lesquels John McCain, malgré les qualités qui lui sont propres, aura du mal à s’imposer. La médiatisation extrême dont ont bénéficié les deux candidats démocrates impose par ailleurs un tandem face auquel le candidat républicain aura du mal à trouver un colistier pouvant rivaliser (à part peut-être Condoleezza Rice, mais cette dernière ne semble pas, pour l’heure, intéressée par l’idée d’un ticket).

La balle est dans le camp d’Hillary Clinton
Si Hillary Clinton acceptait de se ranger derrière un ticket Obama-Clinton, elle offrirait au parti de l’âne l’unité après laquelle courent ses dirigeants, qui craignent que ces longues primaires n’aient altéré les chances de l’emporter en novembre contre John McCain. Et dans le cas où les deux candidats ne parvenaient pas à s’entendre, on peut imaginer que la sénatrice de New York fera de toute façon campagne activement derrière celui qui fut, le temps des Primaires, son principal rival. C’est donc Hillary Clinton qui, à ce stade, détient la clef de l’unité du parti démocrate, et c’est de sa capacité à se retirer de la meilleure manière que dépendront en grande partie les chances démocrates. Jamais, depuis le début des Primaires, elle ne s’est trouvée dans une position de force comparable, et c’est paradoxalement en avouant sa défaite qu’elle pourrait remporter une importante victoire politique, qui lui permettrait de ne pas anticiper son retrait du devant de la scène politique.

Des obstacles à surmonter
Reste que si ce ticket est un intéressant gage de réussite pour les Démocrates, il est à prendre avec précaution. Les deux anciens rivaux du parti de l’âne le savent. S’ils semblent complémentaires dans leur représentativité de l’électorat démocrate, comme l’ont prouvé les Primaires, il ne faut pas oublier que l’échec de la sénatrice de New York tient également au vote de rejet qu’elle a suscité chez une partie non négligeable de l’électorat (parallèlement à l’espoir qu’elle suscita chez d’autres électeurs), notamment au centre, qui a apporté son soutien à Obama. Une telle équation se trouve démultipliée à l’approche de l’élection générale de novembre, et il ne faut pas exclure un vote anti-Hillary, dans un électorat dont Obama aura justement besoin s’il veut prendre les clefs de la Maison-Blanche. A l’inverse, et malgré les sondages, il est hautement probable que les électeurs d’Hillary Clinton lors des Primaires, souvent catégorisés plus à gauche, se rangent automatiquement derrière Obama, passées les rancœurs de la défaite. A choisir entre soutenir Obama et le candidat républicain, ils n’hésiteront pas.

Les Républicains préfèreraient affronter un ticket Obama-Clinton
Par ailleurs, si les Républicains montrent de réelles faiblesses à contrer le discours d’Obama, et semblent pour l’heure tomber dans les mêmes travers qu’Hillary Clinton (manque d’expérience, naïveté…), ils sont en revanche bien préparés à batailler contre l’ancienne First-lady, en qui ils voyaient il y a encore quelques mois leur adversaire principale. Face à Clinton, John McCain sait quelle stratégie adopter. Mais face à Obama, il lui reste encore à trouver un angle d’attaque. Dès lors, un ticket Obama-Clinton permettrait au Grand Old Party de revenir à la charge contre le clan Clinton, avec un discours qui pourrait faire mouche auprès des milieux conservateurs (que McCain a encore du mal à convaincre). En d’autres termes, là où une lutte McCain/Obama pose problème aux Républicains du fait du profil centriste du sénateur de l’Illinois (mais que McCain n’hésite pourtant pas à qualifier de "gauchiste"), une lutte McCain/Obama-Clinton nous ramène à une opposition Démocrates-Républicains plus classique, un terrain sur lequel les milieux conservateurs se montrent généralement habiles pour rassembler leurs forces.

En partenariat avec contre-feux.com




1.Posté par RenUS le 04/06/2008 13:18
"Les deux rivaux retrouvés derrière ce ticket apporteraient par ailleurs leur profil atypique, une combinaison de l'expérience et de l'audace, un réseau important, des collectes de fonds colossales et une représentation sur le terrain unique"

C'est ce que je pense.
Et puis il ne faut pas oublier qu'en règle général les républicains sont avantagés au niveau des fonds de campagne, alors que là McCain est franchement derrière Obama, ce qui est assez unique.
Or l'argent aura beaucoup d'importance, on en voit déjà les effets d'ailleurs:McCain a une couverture médiatique bien plus faible qu'Obama.

Si Hillary apporte son réseau et son influence à Obama je pense que ce dernier vaincra.

2.Posté par WalterS. le 04/06/2008 13:47

Faut pas qu'Obama fasse l'erreur de mélanger son avenir avec ces pourritures de Clinton. On avait déjà oublié le "Monicagate". Il se prépare un nouveau scandal avec de nouvelles infidélités de celui que ses proches appellent en cachette le "grand chien". Car il est effectivement grand et saute sur toute femelle qui traine un peu trop près. Nous aurons une campagne au gré des révélations sur les affaires des Clinton. Les médias avaient épargné Hillary pour sa liaison avec un avocat, pas sûr qu'ils épargneront Bill pour sa vie toujours tumultueuses. Le vieux McCain pourra dire : voilà le genre de changement que vous promet Barack.


Gina Gershon aurait eu une aventure avec Bill Clinton
Le 3 juin 2008 - 11:15 | Julie Rhéaume




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L'actrice Gina Gershon.
Dans un long article publié dans le magazine Vanity Fair, un journaliste révèle que l'ex-président américain Bill Clinton aurait été impliqué dans une liaison avec l'actrice Gina Gershon. Ce texte soulève évidemment la controverse.

Le journaliste Todd Purdum écrit que Bill Clinton rend visite à l'occasion à Gina Gershon, en Californie. On a notamment vu la comédienne dans «Cocktail», «Showgirls» et «Bound».

La porte-parole de Gershon a qualifié l'article de «journalisme irresponsable» et de «mensonge», rapporte E! Online. «Nous allons demander une rétractation» a ajouté Mara Buxbaum.

De son côté, l'ancien président a traité Purdum de vulgaire, de malhonnête et de vaurien. Son porte-parole Jay Carson est ensuite intervenu pour tempérer les propos de son client : «Le langage était inapproprié et (M. Clinton) souhaite n'avoir jamais utilisé de tels mots».

D'après le journaliste, Clinton ne serait pas fidèle à Hillary. Il serait impliqué dans des amitiés particulières avec plusieurs femmes dont la riche Canadienne Belinda Stronach, ex-ministre et députée fédérale.

3.Posté par RenUS le 04/06/2008 14:20
Le pays a évolué, ce genre de liaison ne suffit plus à faire perdre un candidat, surtout que là ce serait le mari de la VP,pas le candidat Obama qui garderait une image clean.

Le message d'Obama c'est la réconciliation et l'union, ceux qui disent soutenir Obama et refusent Clinton en VP n'ont rien compris au candidat Obama et ce qu'il représente.

Ou alors qu'il donne à Hillary la gestion de la couverture santé et choississe un républicain modéré en VP, ce serait un gros coup de force.

4.Posté par WalterS. le 04/06/2008 14:37
Sorry

J'ai oublié le lien vers le long (très long) article de Vanity Fair sur la vie (toujours) tumultueuse de Bill. Mais maintenant il ne se contente plus de secrétaires et de stagiaires.

Est-ce que la ténacité d'Hillary dans sa course à la Maison Blanche n'a pas comme principale raison sa volonté d'avoir un "plus" par rapport à toutes ces jeunes femmes (la quarantaine), riches, belles et prestigieuses ? Je laisse les psychologues se pencher sur ce type de syndrome où la femme bafouée refuse de quitter son mari et met toute son énergie pour être au-dessus de ses rivales. Le couple Royal-Hollande nous avait fait un numéro.

On peut également comprendre l'empressement de Bill à trouver un poste de VP à sa femme. Car toujours avec le parallèle Royal. En cas d'échec total d'Hillary, le vide immédiat peut la conduire à prendre la décision de mettre de l'ordre dans sa vie privée pour mieux se concentrer sur ses ambitions politiques. On a dit que Hollande était le boulet de Royal, il commence également à se murmurer de Bill est celui d'Hillary.

5.Posté par WalterS. le 04/06/2008 14:46
à RenUs

Je crois que votre message s'adresse à moi.

Je ne soutien pas en tant que le tel Obama parce qu'il est Obama. Je soutien d'abord son idée de changement. Je ne suis pas contre Hillary que je trouve être une femme extraordinaire dans tous les sens du terme. Mais si vraiment Obama n'a pas d'autre choix que de prendre Hillary comme VP, il faudrait vraiment dresser un cordon sanitaire entre le tandem Obama-Hillary pour que le tordu Bill ne vienne pas y foutre son nez dans la campagne et plus tard à la maison balnche. Il peut se faire aussi discret que l'époux de Mme Tatcher. Certes Hillary est la première victime des fourberies de Bill, mais faut pas qu'il entraine tout le monde dans sa déchéance. Il a déjà plombé la carrière politique de son ami Al Gore qui a su se recycler avec succès dans l'écologie. Sinon Obama pourra se chercher un job de romancier et de conférencier à succès.

6.Posté par Avembe le 04/06/2008 15:50
par pitié Obama pas de Clinton Obama elle va le "miner" et le faire exploser il s'en est très bien sorti tout seul à la rigueur qu'il choisisse un autre proche d'HRC mais franchement Mme Clinton va le plomber!!!!

7.Posté par WalterS. le 04/06/2008 16:33
Soyons sérieux. Hier Mme Clinton a martelé qu'elle se réjouissait de ses victoires et à dit à ses militants que la bataille pour la maison blanche continue. En gros Hillary n'a pas reconnu qu'Obama sera le candidat à la présidence. Dans ce cas elle ne peut pas être candidat à une quelconque vice-présidence aux côtés d'Obama, aujourd'hui.

Soyons sérieux et des gens plus sérieux comme Richardson ou Edwards dès qu'ils ont vu qu'ils étaient plus dans le coup sauf à espérer un mircale (genre ceux qui sont devant meurent dans un accident), ils se retirés pour éviter des divisions inutiles au sein du parti et ont attendu le bon moment pour soutenir celui dans lequel ils se retrouvaient le mieux.

Est-ce que Hillary pensent qu'Obama est capable de porter l'essentiel de ce pourquoi elle s'est battu, mieux qu'un autre candidat encore en cours tel McCain. Si oui il faut qu'elle le dise et offre ses services à ce candidat. Hillary n'est pas propriétaire de ses 18 millions d'électeurs. Ces électeurs auront comme président McCain ou Obama. Il n'y a pas d'autre choix possible. Et ces citoyens auront à "subir" la politique d'Obama ou de McCain, pas celle d'Hillary. Donc c'est à Hillary de savoir pour qui elle veut rouler: pour elle-même ou pour ses électeurs. Si c'est pour ses électeurs démocrates qu'elle roule, surtout les "cols bleus" dont elle serait la mère-courage, elle n'a qu'à continuer ses enfantillages qui permettront à McCain de continuer une politque économique encore plus dure envers les classes défavorisées.

C'est peut-être sa stratégie à elle pour être le recours en 2012. Eh ben il y a 4 ans, son mari a tout fait pour voler la vedette à Kerry afin que Hillary soit le recours en 2008. Ca n'a pas marché et ça ne marchera pas non plus en 2012 ni en 2016. Tout simplement parce que le monde a changé.

8.Posté par Yvon Thivierge le 05/06/2008 02:03
Je suis au regret de m'inscrire en faux contre les deux braves analystes francophones qui, à contre-courant des lieux communs et idées reçues à ce sujet, ont proposé un ticket Obama-Clinton. Je vacillais moi-même tellement les avantages et désavantages sont nombreux et signifiants. Or, comme le président Jimmy Carter vient d'expliquer pourquoi il s'agit de la "pire idée possible", je me range du côté du sage et souhaite désormais qu'Hillary devienne soit secrétaire à la Santé ou chef de la majorité au Sénat.

9.Posté par Funnymine le 05/06/2008 06:17
"Par ailleurs, si les Républicains montrent de réelles faiblesses à contrer le discours d'Obama, et semblent pour l'heure tomber dans les mêmes travers qu'Hillary Clinton (manque d'expérience, naïveté…), ils sont en revanche bien préparés à batailler contre l'ancienne First-lady, en qui ils voyaient il y a encore quelques mois leur adversaire principale. Face à Clinton, John McCain sait quelle stratégie adopter. Mais face à Obama, il lui reste encore à trouver un angle d'attaque."

Je suis en total accord avec la fin de l'article. J'en veux pour preuve le pitoyable discours de McCain hier ou l'étalage d'un lamentable copié/(mal)collé du discours d'Obama sur le changement avec en arrière-plan du "A leader we can believe in" comme l'aveu d'un candidat aux abois face au phénomène Barack qui semble mener la barque des débats et thèmes de campagne. J'ai toujours senti McCon mal à l'aise pour trouver un angle d'attaque efficace contre le sénateur de l'Illinois. Pourvu que ça dure...

10.Posté par rico le 05/06/2008 12:43
Lol !
Et moi je suis en désaccord justement avec le passage que cite Funnymine.

La campagne présidentielle sera entre les deux candidats. Les VP n'auront qu'un rôle marginal.
Attaquer le(la) VP d'Obama pour vaincre Obama, c'est vraiment prendre les républicains pour des demeurés. On ne remporte pas un concours de tir en tirant sur la cible du voisin.

MacCain peut être gêné par le fait que s'il prend trop vite et trop nettement l'ascendant sur Obama sans que Clinton ne se soit retirée, il y a toujours la possibilité que les démocrates changent de candidat cet été.
D'un autre côté, il a eu tout le temps de cerner les failles d'Obama, dont certaines sont évidentes et de monter une stratégie pour les exploiter au mieux.
Il lui suffira d'un talk show avec le pasteur Wright en vedette, vers la mi-Septembre sur Fox News pour gagner cette élection.

11.Posté par WalterS. le 05/06/2008 14:28
à Rico

"Il lui suffira d'un talk show avec le pasteur Wright en vedette"

Là tu me déçois totalement car tu penses que l'électeur républicain est un idiot qui ne votera que sur la base d'un talk show avec le pasteur Wright en vedette. C'est bien la preuve que le vieux McCain n'a pas de programme sinon continuer la même chose que Bush mais de façon plus hésitante. Un Bush-hésitant est le pire choix pour l'amérique car il n'y a rien de pire qu'un président qui cache ses convictions. A la fin d'un éventuel mandat d'un McCain qui sera caractérisé par l'immobilisme, le leadership des USA aura considérablement reculé face à l'UE; à la Chine, à la nouvelle Russie, etc...Vaut mieux un chien qui a tous ses crocs comme Bush qu'un chien qui a perdu tous ses crocs comme McCain et qui aboiera dans le désert.



12.Posté par Funnymine le 05/06/2008 18:06
"MacCain peut être gêné par le fait que s'il prend trop vite et trop nettement l'ascendant sur Obama sans que Clinton ne se soit retirée, il y a toujours la possibilité que les démocrates changent de candidat cet été."

Dommage Rico ! Hillary annonce son abandon samedi !
Je me permet aussi un Lol !

13.Posté par Alpho T le 06/06/2008 13:13
Bien vu Funnymine, McCAIN semble déstabilisé pour l'instant. Les américains l'ont déjà raillé ce "A Chief, We can bielive in". Les idées de l'époque de la guerre froide sont révolue - la guerre est écvonomique désormais.
Murdoch ne le supporte d'ailleurs pas en disant qu'il ne sait même pas faire campagne et ne connait rien en économie - l'économie principal souci des américains devançant du coup la guerre en Irak maintenant.
A savoir que des 3 derniers candidats, les économistes sont plus en accord avec BO. Wall street parie sur lui... Bon on verra les évolutions : le monde bouge (...)

S'il suffit d'un talk show, autant qu'il arrête de gaspiller de l'argent en faisant campage. Que c'est naïf...

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