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McCain, Obama, Clinton : rois et reine du Boston Globe et du Des Moines Register

Marjorie Paillon le 16 Décembre 2007 à 20:00

Hillary Clinton et John McCain pour le Des Moines Register. Barack Obama et John McCain toujours pour le Boston Globe. Les capitales de l'Iowa et du Massachusetts se prononcent pas la voix de leurs journaux respectifs. Les deux canards ont-ils misé sur les bons chevaux?



John McCain à la rencontre de ses militants en 2005 - Mr Wright - Licence CC
John McCain à la rencontre de ses militants en 2005 - Mr Wright - Licence CC
Cela peut-être étonnant vu de France, mais les journaux américains ont pour habitude d'apporter un soutien aux candidats qu'ils jugent les plus aptes à remporter la campagne présidentielle. Et les soutiens en l'occurrence sont d'autant plus important à analyser qu'ils viennent d'être dévoilés par les leaders de la presse locale en Iowa et dans le Massachusetts. Soit les destinations favorites des analystes politiques pour le mois de Janvier. Pour le Des Moines Register, c'est sur Hillary Clinton et John McCain qu'il faut miser.
Du côté du New Hampshire, le Boston Globe mise lui aussi sur John McCain, mais préfère Barack Obama à Hillary Clinton.

John McCain, le vétéran de la course à la Maison Blanche

Une remontée de John McCain intéressante à moins de 3 semaines des premiers caucus. Le sénateur de l'Arizona est à la traîne dans les sondages nationaux. Il s'est fait distancier par Mike Huckabee, la véritable surprise de ces dernières semaines. Il faut dire que McCain a fait une campagne jusqu'ici chaotique. La plupart de ses collaborateurs l'ont lâché en cours de route. A 71 ans, il est le plus âgé des présidentiables républicains et a soutenu des positions sur la guerre en Irak à l'opposé de celles de ses concurrents. Alors qu'ils cherchent presque tous à se démarquer du bilan de George W. Bush (seul Mitt Romney fait des excès de zèle en reprochant à Mike Huckabee de critiquer le président sortant), John McCain continue de supporter l'idée qu'il faille mener la mission irakienne à son terme. Le vétéran du Vietnam veut supporter les boys jusqu'au bout. Une position qui a du mal à passer dans les quartiers chics de New York ou sur les plages de Californie, mais que les américains du centre du pays, eux, comprennent mieux.
Le choix du Des Moines Register et du Boston Globe ne sont donc pas si innocents. McCain s'est présenté pour la première fois à l'élection présidentielle en 2000. A l'époque, il était favori face à une certain George W. Bush. Et il avait remporté les primaires du New Hampshire, du Michigan, de l'Arizona, de Rhode Island, du Connecticut et du Vermont, mettant Bush en difficulté. Mais pas jusqu'à lui permettre de remporter l'investiture.
En 2005, les sondages donnaient McCain et Giuliani largement vainqueurs devant n'importe quel adversaire démocrate. Il ne faut donc pas sous-estimer le vétéran. Le Purple Heart bat toujours sous sa poitrine cabossée.
Dernière info en date, Joe Lieberman, candidat démocrate malheureux à l'investiture de 2000, fait le grand saut. Il rejoint le clan du sénateur d'Arizona et se présentera au Today Show de NBC avec le candidat pour dire pourquoi il votera McCain.

Entre Hillary ou Obama, les démocrates n'arrivent pas à choisir

Dans le camps démocrate, les choses s'avèrent tout aussi compliquées. Bien qu'elle soit en difficulté dans les derniers sondages, derrière Obama en Iowa et sur la sellette dans le New Hampshire, Hillary ne s'avoue pas vaincue pour autant. Bourdes de Bill, jets de poudre aux yeux de Barack Obama : ces dernières semaines ont fait apparaître les premières fissures sur le front Clinton. La femme à abattre de cet automne devient la femme qui ne veut pas être battue cet hiver. Elle reste en tête des sondages nationaux et elle compte bien ne pas se faire voler la vedette en Caroline du Sud, troisième Etat à conquérir dans le calendrier des caucus de janvier.
Barack Obama prend de l'avance en Iowa et dans le New Hampshire. Lui aussi louche sur la Caroline du Sud. Le soutien médiatique et très médiatisé d'Oprah Winfrey n'a toutefois pas encore l'effet escompté. La papesse de la télévision américaine n'a pas encore multiplié les voix comme des pains. Et le débat sur l'inexpérience du sénateur de l'Illinois n'est pas tout à fait clos, à en juger par la petite phrase du week-end dégainée par Bill Clinton.
Le duel Hillary vs Obama ne pourrait-il pas alors profiter au troisième homme de la campagne démocrate, John Edwards? Le sémillant ancien sénateur de Caroline du Nord n'en est pas à son premier combat présidentiel. Il a été la révélation de la campagne 2004 en éliminant le chouchou Howard Dean, aujourd'hui président du Parti démocrate. Mais les caucus des Etats de l'est avaient eu raison de sa candidature. Il faudra donc qu'il fasse très attention à sa droite cette année. Ceci dit, John Kerry en a fait son futur-ex vice-président en 2004. Edwards sait donc ce que veut dire aller au bout d'une campagne.
Quant à un nouveau ticket, l'hypothèse Hillary est envisageable. N'oublions pas que les talents de juriste d'Edwards ont réussi à sortir Bill de l'impasse au moment de la procédure d'impeachment de 1999.
D'ailleurs, le Des Moines Register avait choisi de suivre John Ewdards en 2004. Le soutien du journal lui avait permis d'obtenir sa première victoire surprise de la camapagne. Le Register renouvellera-t-il son pouvoir d'influence en 2008? Les caucus chez les donkeys promettent de jolis coups de sabots.



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1.Posté par David le 17/12/2007 11:05
Lieberman vote mc caine, dpuis la primaire senatoriale du connecticut il a peté un plomb l'ami joe.

2.Posté par Yvon Thivierge le 17/12/2007 18:35
On est en droit de se demander si Joo (sic) Lieberman ne va pas donner le coup de grâce ou le baiser de la mort au sénile John McCain qui passe désormais pour un délirant voire malade mental quand il ricane en réponse à une question en chantonnant "Bomb, bomb, bomb, bomb, bomb Iran" et qu'il lance un "You little jerk, you're enlisted" à un jeune qui lui demande s'il n'est pas trop vieux et trop Rambo débile pour être président.
La seule raison pour laquelle il a reçu l'appui du "Des Moines Register" et du "Boston Globe" est qu'ils sont tous deux des journaux libéraux et que le sénateur républicain n'est pas aussi corrompu ou religieusement éclaté que ses concurrents. Mais il est aussi menteur, opportuniste et vire-capot que les autres, notamment Mitt Romney.

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