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Analyses & Interviews

Les Européens attendent-ils trop d’Obama ?

Barthélémy Courmont le 8 Août 2008 à 12:25

par Barthélémy Courmont, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), tribune parue dans Libération.



Les Européens attendent-ils trop d’Obama ?
La tournée de Barack Obama en Europe a pris les allures d’une marche triomphale, dont le discours de Berlin fut le symbole. A Paris, Nicolas Sarkozy a même déclaré que «la France sera très heureuse» s’il est élu en novembre, affichant clairement, et de manière inédite, la préférence de l’Élysée pour un candidat à la fonction suprême dans une démocratie amie. Mais les faits sont là. Fan clubs, journalistes, ou simples curieux, les Européens ont succombé à «l’obamania». Jamais un candidat à une élection présidentielle n’avait fait l’objet d’un tel enthousiasme populaire, qui plus est à des milliers de kilomètres de son pays. C’est que les Européens sont séduits par le candidat démocrate, et attendent beaucoup de sa présidence s’il est élu en novembre prochain. Mais pourquoi de telles attentes, et surtout, sont-elles justifiées ?

Barack Obama incarne aux yeux des nombreux européens déçus par l’Amérique des années Bush un vrai changement, que John McCain ne parvient que trop difficilement à personnifier. Ses origines, sa jeunesse, son éloquence et ses discours universalistes lui ont attiré des soutiens massifs à l’étranger, en Europe occidentale surtout, et ravivent un rêve américain qui s’était éteint. Mais c’est également un candidat porteur d’espoir sur des dossiers qui ont cruellement divisé les deux rives de l’Atlantique au cours des dernières années, pas tant sur les orientations politiques que sur les valeurs et les priorités. En clair, les Européens attendent des Etats-Unis qu’ils redeviennent une puissance bienveillante, impliquée dans les grands défis internationaux, refusant l’unilatéralisme, mais se montrant également plus à l’écoute sur des problèmes tels que le réchauffement climatique, la fracture Nord Sud, ou les problèmes sociaux qu’implique la mondialisation. Une Europe progressiste qui espère que Washington l’assiste dans son identification des grands défis, et qui ne cherche pas à imposer son leadership. S’ajoute à cela une passion presque irrationnelle pour le candidat démocrate, souvent comparé à Kennedy, et s’imposant comme un véritable modèle, voire une icône.

Mais il convient de rester prudent, et noter que cet engouement populaire sympathique n’est pas toujours en phase avec la réalité. D’une part, et malgré ses bonnes intentions en matière de politique étrangère, les priorités de Barack Obama sont aux Etats-Unis, pas en Europe. Le candidat démocrate est parvenu à s’imposer dans une campagne difficile grâce à son programme économique et social, qui s’inscrit dans les attentes des électeurs. S’il remporte l’élection, ce ne sera pas grâce à sa popularité outre-Atlantique (même si celle-ci lui est profitable), mais grâce à sa capacité à convaincre les électeurs que l’Amérique doit changer de l’intérieur, pour faire face à des difficultés économiques majeures. Et cela ne se fera pas forcément à l’avantage des Européens, notamment dans des négociations commerciales qui pourraient être d’autant plus âpres entre Bruxelles et Washington avec Obama comme chef de l’Exécutif, et un Congrès à majorité démocrate (ce dernier semblant presque inévitable).

D’autre part, les divergences de fond entre Européens et Américains, sur la peine de mort, le port d’arme, l’importance de la religion dans la société ou la place des lobbies (sujet ô combien sensible outre-Atlantique) ne se dissiperont pas avec Obama à la Maison-Blanche, comme elles ne se sont pas dissipées avec Bill Clinton, dont beaucoup attendaient des mesures spectaculaires. Barack Obama ne peut pas tout changer, y compris sur des dossiers de politique étrangère très impopulaires à l’extérieur pour lesquels, comme l’Irak (n’a-t-il pas récemment rappelé qu’il écoutera les militaires, reniant ainsi son souhait d’un retrait rapide ?), il ne pourra se permettre d’opérer un virage à 180 degrés. A cet égard, n’est-il pas venu en Europe rappeler aux alliés de Washington à quel point il est indispensable de renforcer la présence militaire en Afghanistan ? Pas sûr qu’une telle doléance soit très populaire le jour où les chefs de gouvernements européens devront prendre les mesures nécessaires, et assumer leur rôle dans cette guerre imprévisible.

Les Européens pourraient dès lors être déçus par Obama si celui-ci devenait président des Etats-Unis, simplement parce qu’ils découvriraient que son ambition est de diriger son pays, et non le reste du monde. Obama est un candidat au profil exceptionnel, comme on en trouve rarement, et la convergence de ce profil avec les espérances en une Amérique qui retrouve ses couleurs explique son immense popularité à l’étranger. Mais il ne faut pas attendre trop de lui s’il est élu en novembre, au risque d’une cruelle désillusion.

Dernier ouvrage paru : L’autre pays du matin calme. Les paradoxes nord-coréens, chez Armand Colin.

Retrouvez l'IRIS sur son site Internet : www.iris-france.org
Article reproduit dans le cadre du partenariat entre l'IRIS et Ilovepolitics.info - Tous droits réservés




1.Posté par Farid H le 08/08/2008 12:37
Obama, un magnifique leurre

Le succès d'Obama auprès des européens est indéniable mais non justifié. En effet, on le juge sur sa jeunesse et ces discours aux accents messianiques mais en analysant de plus près Obama n'est rien d'autre qu'un opportuniste : on observe depuis quelques mois des contradictions, des voltes faces.
Obama prépare le terrain en disant qu'il peut réajuster ces propositions au regard du terrain. En clair son programme actuel est un leurre. D'ailleurs parlons-en de son programme : c'est quoi au juste ?

2.Posté par french puma le 08/08/2008 13:25
Quand la presse française va-t-elle finir par comprendre que Obama n'a aucune chance de remporter l'élection et que la seule candidate est... Hillary ?

Depuis des semaines, les médias en France font de la désinformation et refuse de parler du mouvement anti-Obama qui a pris une ampleur exceptionnelle aux USA, notamment grâce à Internet (Just Say No Deal coalition ; Pumas ; Denver Grouup ; etc...). Tous ces Démocrates déçus par Obama comptent bien se faire lors de la Convention de Denver et espèrent que les délégués vont au dernier moment faire preuve de bon sens et choisir la seule candidate qui tient la route et qui a une réelle chance en novembre face à McCain.
Dans une quinzaine de jours, va débuter cette Convention du Parti Démocrate, à Denver. Loin d'être le couronnement annoncé de Barack Obama, cette dernière pourrait finalement se révéler plus agitée que prévue...
Tout d'abord, il y aura ce qui se passera en dehors : la coalition anti-Obama prépare actuellement son action : des bus transportant des membres de cette coalition vont converger sur Denver et de nombreuses manifestations sont prévues.
D'autre part, il faudra observer de près la manière dont se déroule la grand-messe : une pétition d'au moins 300 délégués va certainement être soumise le 26 août, jour du vote, demandant à ce que le nom de Hillary Clinton figure sur les bulletins de vote. Elle est alors libre d'accepter ou non. Hier, dans son chat organisé sur son blog avec ses supporters, elle a laissé entendre que tout était possible. Elle veut que les 18 millions d'électeurs qui ont voté pour elle lors des primaires aient la chance d'être entendus.
Alors, préparons-nous à un grand moment ! Rappelons-nous que par le passé, certaines conventions ont réservé de grandes surprises...
http://hillary.meilleur.choix.qu-obama.over-blog.com/

3.Posté par annegc1 le 08/08/2008 13:58
tiens les anti-Obama sont de sortie. Il faut croire que la réalité ne leur plait pas. Ils sont obligés de la transformer...
@ Farid H: il suffit de vouloir se renseigner un tant soit peu pour connaître la réalité des programmes, des positions d'Obama. Il est tellement facile de se contenter des idées pré-mâchées par certains, caricaturales à souhait, mais répétées à l'envie histoire d'espérer qu'elles soient érigées en faits... il faut arrêter de penser que les pro-Obama sont aveuglés par le charisme d'un homme. Les pro-Obama le suivent surtout et avant tout pour ses idées et son programme... mais encore faut-il s'y intéresser.

@ french puma: merci le copier/coller. Vous avez l'intention d'inonder le moindre des articles de ce site avec votre diatribe encore longtemps? force est de constater que le seul à ne pas accepter la réalité: c'est vous.

4.Posté par Alpho T. le 08/08/2008 14:28
@Farid H
http://www.barackobama.com/index.php

Effectivement, quand on ne comprend pas l'anglais, tout cela est du charabia.
Je présume alors que McCAIN non plus n'a pas de programme. Vous serez donc excusable...
En revanche si vous ne lisez pas la presse quand tout cela est traduit (ou en partie), vous devez passer votre chemin.

Il n'y a pas eu de volte face de B. OBAMA. Si c'est à propos des offshores, le bon sens demande à ce qu'il ne soit pas stupidement rigide : il a mis les bonnes conditions à cette éventualité. Il réfléchit pour des solutions pour son peuple. Vous imaginez le baril atteignant 200$ sans prendre de décision pour infléchir le mouvement aux USA.
Il faut savoir qu'une pub du parti républicain lors de la tournée de B. OBAMA à l'étranger explique qu'il est seul responsable de la hausse des prix à la pompe!!? (...)
Pour ce qui est de son programme énergétique, il a eu les acclamations du gouverneur de l'Alaska, Républicain classé comme un probable VP de MacCAIN.

Allez lire, vous informer et/ou vous renseigner, c'est pour votre bien.

5.Posté par tincuo le 08/08/2008 15:02
pauvre amerique , entre un vieillard incomptent qui devrait etre a la retraite et un jeune loup opportuniste -arriviste sans aucune experience le futut s annonce tres bien.....)

j habite et travaille aux usa depuis 10 ans.....la grande majorite des americains ne sont satisfait de ces deux candidats....avec eux l amerique va dans le mur

6.Posté par Alpho T. le 08/08/2008 19:48
@tincuo
Vous dites la grande majorité des américains ne serait pas satisfait des 2 candidats. Mais dites moi, au début des primaires, il y en avait plein d'autres.

Voudriez-vous dire que les américains sont stupides pour ne pas disposer d'un individu pouvant prendre les commandes du pays?

C'est votre opinion et vous n'êtes pas américain ; la donne est déjà faussée.

Des records sans précédents de foule et d'enthousiasme pour assister à des meetings et vous dites que la majeure des américains ne sont pas satisfaits.
Ce ne seraient que des étrangers(non américains) qui se déplaceraient lors de ces meetings.

Ce ne sont pas les années d'expériences qui font la compétence. En France, les grandes entreprises sont souvent dirigées par des X ou des Centraliens
en général plutôt jeunes (dans tous les cas, ils sont les cadres dirigeants très rapidement).

Vous recommanderiez donc aux américains un pilotage automatique avec l'administration de G.W. Bush (puisque Bush ne peut plus se représenter)

Les américains ne sont pas satisfaits donc pas impliqués!? Vous êtes sur Mars ou en orbite autour de Jupiter. L'article ici, en lui même, vient de vous informer ce qui se passe sur la planète Terre depuis quelques semaines de l'année 2008 après Jésus christ.



7.Posté par Alpho T. le 09/08/2008 10:58
@french puma
http://fr.news.yahoo.com/ap/20080809/tpl-usa-presidentielle-clinton-obama-cfb2994.html

Hillary Clinton a participé vendredi à un meeting de soutien à Barack Obama, appelant ses partisans à soutenir le sénateur de l'Illinois face à son rival républicain John McCain.

"Tous ceux qui ont voté pour moi ou participé à un caucus pour moi ont tellement plus en commun avec le sénateur Obama qu'avec le sénateur McCain", a lancé Hillary Clinton sous les acclamations lors d'une réunion à Henderson dans la banlieue de Las Vegas.

Elle a cité des questions clé sur lesquelles Barack Obama et John McCain divergent, comme les nominations à la cour suprême et la réforme du système de santé, pour appeler ses partisans à ne pas voter républicain lors de la présidentielle de novembre. (...)


8.Posté par Avembe le 09/08/2008 13:11
Il n'y a pas que les Européens qui attendraient trop de Obama...
Mc CAIN veut continuer le comportement "far WEST" habituel et de plus en plus inefficace et surtout TRES coûteux de la politique des USA
Je ne comprends toujours pas comment Mc CAIN peut espérer que son pays reste 100 ans, a-t-il calculer le budget nécessaire de sa "folie"?Ah mince, j'oubliais que lui et l'économie...

Obama veut faire comprendre que Les USA n'ont plus les moyens de leur politique impérialste(financier,militaire,et stratégique) avec la débandade financière avec les conséquences sociales(des millions de personnes expulsées!!!!!) que vit le pays...Mais orgueilleux comme le sont les Américains ils n'admettrons jamais qu'ils vont s'effondrer...
A propos Alpho T. et Annegc 1,j'ignore ce que vous en pensez mais ne trouvez vous pas
très curieux que les "irrégularités" des comptages des votes régulièrement dénoncées, bénéficient TOUJOURS aux Républicains,TOUJOURS!!!je n'ose imaginer l'imagination qu'ils vont déployer pour faire en sorte que leur candidat gagne...après tout, TANT de votes ont été "étrangement "zappés(2000,2004)
Peut-être loueront-ils cette fois les services de "French my A..." aka Smoby et de Farid H.

.Je sais qu'Alpho T avait déjà proposé la présence d'observateurs internationaux mais bon...

ceci dit Alpho T il y a quand même plusieurs volte faces de la part d'Obama quelque soit la façon dont il les justifie (FISA,oil drilling,Flo and Mich votes...)
mais c vrai que par rapport à Mc CAIN....

9.Posté par The Miz le 12/08/2008 01:34
Quoi ?? Quelqu'un qui ose critiquer la grandeur de Sa Suffisance Obamesque ? Allez, 100 coups de fouet pour ce maraud :-p

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