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Les Démocrates déchirés, les Républicains lancés

Charlotte Lepri le 7 Mars 2008 à 11:45

Par Charlotte Lepri, chercheuse à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Alors que les primaires du Texas, de l’Ohio, du Rhode Island et du Vermont ont définitivement garanti à McCain la candidature républicaine, elles ont en revanche confirmé le déchirement des électeurs démocrates entre deux candidats d’exception. Le choix entre deux personnalités atypiques, qui, quoi qu’il en soit, constitueront toutes deux une évolution dans le paysage politique américain, est un des plus grands dilemmes que le camp démocrate ait eu à affronter.



Les Démocrates déchirés, les Républicains lancés
Hillary Clinton partait grande favorite de cette élection, mais elle a été prise au dépourvu par l'ampleur du phénomène Barack Obama, inconnu il y a encore peu. Eloquent et charismatique, Barack Obama est parvenu en quelques mois à créer autour de lui une véritable dynamique entretenue par des militants très motivés, les médias et Internet. En peu de temps, il a réussi à faire passer Hillary Clinton pour un symbole de l'establishment de Washington alors qu'elle n'a, faut-il le rappeler, des fonctions d'élue que depuis huit années. Bien plus, la perspective d'élire une femme à la Maison Blanche, qui constitue déjà une avancée formidable des mentalités, a été « ringardisée » par la perspective de voir un jeune métis à la tête des Etats-Unis.

Depuis le Super Tuesday du 5 février dernier, Barack Obama accumulait les victoires et confirmait son « big momentum ». Il a bénéficié en outre d'un traitement bien plus favorable dans les médias, américains et étrangers, qu'Hillary Clinton. Mais, coïncidence fâcheuse pour Barack Obama, ce manque d'impartialité, cet engouement pour le Sénateur de l'Illinois, a été mis en lumière juste avant l'élection de mardi dernier. De plus, cette situation confirme que la position de « favori » n'est pas forcément un avantage et que les électeurs sanctionnent rapidement les excès de confiance dont peuvent faire preuve les candidats (Rudy Giuliani, Hillary Clinton et Barack Obama).

De fait, il est encore aujourd'hui impossible de prédire qui des deux candidats représentera le camp démocrate à l'élection présidentielle. Mardi dernier, Hillary Clinton a certes gagné trois Etats sur quatre, mais Barack Obama conserve toutefois son avance en termes de délégués. En effet, au choix déjà difficile qu'ont à faire les électeurs démocrates s'ajoute une particularité technique dans le décompte des voix. Contrairement aux primaires républicaines, où le candidat qui remporte le vote populaire remporte tous les délégués de l'Etat, la répartition des délégués démocrates se fait à la proportionnelle, rendant plus incertaine encore l'issue finale.

Si elle n'a pas totalement renversé la tendance, Hillary a toutefois su montrer sa ténacité et sa combativité. Ces qualités pourraient jouer en sa faveur auprès des quelques 800 Super-délégués qui pourraient être amenés à jouer un rôle décisif dans le choix du candidat en août prochain à la Convention nationale du Parti. Ces Super-délégués, qui ont la particularité de ne pas être élus et de ne pas être officiellement engagés en faveur d'un candidat particulier jusqu'à la Convention, sont des membres du Congrès, des gouverneurs, des anciens présidents et vice-présidents, des membres éminents du parti démocrate. Si aucun des candidats ne s'est clairement démarqué d'ici août prochain, alors les Super-délégués pourraient faire basculer l'élection primaire dans un sens ou dans un autre.

Une dizaine d'Etats n'ont pas encore tenu leurs primaires, mais cela suffira-t-il à faire émerger clairement le futur candidat démocrate ? Beaucoup en doutent. C'est donc une bataille de longue haleine qui attend Hillary Clinton et Barack Obama jusqu'en août prochain date de la Convention démocrate à Denver qui scellera le sort final du candidat démocrate. Dans les primaires à venir, chaque voix, chaque délégué, chaque Etat vont compter, et sans nul doute, cette guerre fratricide laissera des marques.

Reste le cas des Etats du Michigan et de la Floride, qui pourraient devenir la clé du scrutin. A eux deux, ces Etats représentent plus de 300 délégués, mais ces délégués sont pour l'instant exclus de la Convention démocrate et n'ont donc pas le droit de voter pour choisir leur candidat. Le Michigan et la Floride avaient en effet voulu, malgré l'opposition du Parti démocrate, avancer les dates de leurs primaires pour peser davantage et s'assurer une plus grande visibilité médiatique dans la campagne. Le vote dans ces Etats a en réaction été invalidé par le Parti. Or, Hillary Clinton est arrivée largement en tête dans ces deux Etats. L'élection étant très serrée entre les deux candidats, la décision de réintégrer ou non les délégués du Michigan et de la Floride pourrait renverser la donne, aux dépens de Barack Obama, qui avait décidé de ne pas faire campagne dans ces Etats. Si aucun compromis n'est trouvé pour décider du sort de ces délégués, il reviendrait alors à la commission d'accréditation de la convention nationale de Denver de trancher.

Dans cette primaire démocrate, le véritable gagnant est finalement John Mc Cain. Le candidat républicain, en qui personne ne croyait il y a encore quelques mois, est le principal bénéficiaire du duel interminable dans le camp démocrate. Il peut d'ores et déjà se lancer dans une campagne nationale, prenant ainsi une bonne longueur d'avance sur son futur concurrent.

Retrouvez l'IRIS sur son site Internet : www.iris-france.org
Article reproduit dans le cadre du partenariat entre l'IRIS et Ilovepolitics.info - Tous droits réservés





1.Posté par mesgains le 07/03/2008 13:43
La lutte entre les deux démocrates est-elle qu'il réside un risque pour John Mac Cain de se voir mis de côté par les médias américains jusqu'aux élections générales de septembre. Scénario que le camp républicain redoute.

Enfin petite précision, Hillary Clinton et Barack Obama ont fait match nul ce mardi 4 mars. En effet après le décompte des voix l'Ohio et le Rodhe Island reviennent à Hillary Clnton tandis que le Vermont et le Texas (caucus + primaire) reviennent au sénateur de l'Illinois.


2.Posté par Jean Marie le 07/03/2008 16:10
Je me demande pourquoi les gens et particulièrement la presse persiste à présenter Hillary Clinton comme gagnante du Texas. Je pense que la finalité visée par le vote ce sont les délégués. Or, il est à présent établi que primaire et caucus combinés au Texas, Barack Obama a obtenu plus de voix. En plus c'est Hillary qui devrait faire le jeu car c'est elle qui est en retard en nombre de délégués. M'en fait qu'elle continue à se tromper elle même qu'elle a gagné. Le décompte lui dit le contraire. Même pour les résultats globaux des quatre états qui ont voté le 4 mars, avec une avance insignifiante de 8 délégués on peut plutôt parler de match nul car ce maigre gain par rapport au retard déjà accumulé, c'est une goutte dans l'océan.

3.Posté par ren le 07/03/2008 16:33
L'affaire NAFTA n'a pas fini de faire parler d'elle...et Hillary risque d'en prendre plein la figure dans les jours à venir....

4.Posté par hadya le 07/03/2008 18:17
Oui Ren, ça va péter......

5.Posté par vintimille le 07/03/2008 22:49
Ça va les obamistes ? On vous dérange pas ? La méthode coué y'a rien de mieux.....

@ hadya :
Puisque vous avez eu l'amabilité de me répondre de manière argumentéé sans me rejeter dans les cordes, je ferais à vos remarques quelques brefs commentaires aussi constructifs que possible :

* vous ne m'avez pas répondu quant au caractère représentatif des caucuses en regard des primaires : s'agit-il de prendre le pouls de la base militante ou de sonder plus largement l'électorat potentiel ? Vous et vos amis qui sembliez si attachés au scrutin populaire,pourquoi vous réclamer désormais de la vulgaire manipulation partisane des caucuses ?

*de la remarque précédente découle la suivante : si vous êtes assuré du soutient populaire, alors vous serez d'accord pour que les électeurs d'un grand État comme la Floride aient leur mot à dire...dans des primaires !!!

*je suis enfin d'accord avec vous pour que les SD se contentent de ratifier le scrutin populaire.Mais ma modeste connaissance des institutions US m'a appris que le rapport à la démocratie directe est culturellement moins marqué aux States qu'en France : tradition d'un pluralisme institutionnel basé sur la superposition des légitimités,ce qui explique les conflits de juridiction,l'empilement des sources du droit et le rôle exorbitant(à nos yeux) du judiciaire.Il est arrivé au 19e siècle que le collège des grands électeurs soit départagé par un vote du Sénat (Quincy Adams).Et n'a-t-on pas vu en 2000 le foisonnement des procédures de vote...conclu par un arrêt de la Cour Suprême ? En France,attaché au légicentrisme direct et plébiscitaire le peuple se serait soulevé.Tout ça pour dire que les Américains sont moins choqués que nous par le filtrage"élitiste" des suffrages.Ils l'ont déjà fait et c'est parce que le Parti s'est toujours méfié de ses caucuses partisans que les "grands électeurs" ou SD de la Convention démocrate ont été institués.
Je crois que la question de la suppression des caucuses a été soulevée en 1984 et 1988 pour que le parti se dote d'un mode de sélection des candidats plus conforme à l'état de l'opinion et non des seuls militants.Le projet est une arlésienne qui n'aboutira jamais : question de gros sous !(Floride on te retrouve!).

Voilà mademoiselle pour l'état actuel de ma réflexion.Votre enthousiasme vous honore, mais qu'il ne vous empêche pas de conserver un regard critique sur tout ce qui arrive. Mme Clinton a sans doute plus de probité et de sens du devoir d'État que vous ne l'imaginez.Mr Obama est moins candide,et plus machiavélien qu'on ne le dit.La politique en démocratie revient souvent à chercher l'espérance et l'adhésion auprès de masses qu'on gouvernera froidement et rationnellement.

Pour finir j'aimerais connaître votre sentiment sur 2 points anecdotiques mais significatifs :
*à quoi bon être le président des cellules militantes du Poitou et du Bourbonnais, si l'électorat de Paris,Lyon,Marseille vous boude et que celui de Lille est déclaré sans valeur ? drôle d'assise populaire, non ?
*savez-vous quel serait le rapport BO/HC s'il ne s'était agit que de primaires depuis janvier ?
*avez-vous lu que Hillary serait aujourd'hui désignée si le parti démocrate avait appliqué la règle du "winner takes all" et non cette soupe proportionnelle ?(j'ajoute qu'en novembre on verra les distorsions)

Bien à vous.

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Pour ceux qui n'auraient pas lu mon précédent post :

Si besoin était,ces résultats du 4 Mars viennent nous apporter ,une fois de plus,la preuve de l'inconsistance des pronostics sondagiers et du cirque médiatique(et blogosphérique) auxquels nous avons droit quotidiennement.
Je voudrais en tirer quelques remarques qui témoignent moins de mes certitudes que de ma perplexité :

1 . Je crois utile de rappeler aux blogonautes français qu'une élection US n'est pas de la même nature qu'une présidentielle française : les États-Unis sont une fédération d'États encore souverains il y a moins de 150 ans. Le caractère unitaire, national, du pays a toujours coexisté avec une forte légitimité des pouvoirs locaux. S'explique ainsi la puissance du Sénat et des équilibres bicaméraux ,rien à voir avec le légicentrisme français et la domination du Palais Bourbon. S'explique enfin,et surtout, le poids parfois démesuré de certains États clefs le jour du scrutin. Il ne suffit pas de recueillir une majorité des votants pour gagner.

2 . Ce même processus de rééquilibrage territorial se retrouve aux autres échelons voire dans l''organisation des scrutins internes aux partis.Le Texas constitue,à cet égard, un exemple caricatural des distensions,des déformations que peuvent occasionner découpages électoraux et saucissonnage du corps des votants.C'est ainsi que Clinton n'aura pas un nombre de délégués proportionnel aux suffrages qui se sont pourtant portés sur son nom.Le cas s'était déjà présenté par le passé.

3.Ceci doit nous amener à nous interroger sur la nature,les modalités et in fine l'utilité des scrutins partisans censés départager les prétendants à la magistrature suprême :

* si le scrutin est la manifestation de la volonté d'une base militante et partisane,il est alors évident que le critère numérique des votants éclipse toute autre considération.À la rigueur,dans cette optique, seule la modalité des caucuses peut prétendre refléter le mouvement populaire....

*dans la perspective d'un suffrage militant ouvrir les urnes à des non partisans,à des indépendants,ne s'explique pas : il y a un risque d'interférences étrangères au parti, à commencer par l'opinion publique et les "manipulations" des médias...

*tout change si on veut considérer les scrutins partisans comme des tribunes ouvertes à l'opinion publique.Dans cet ordre d'idée, il s'agit moins de faire parler la base militante que de sonder l'ensemble du corps électoral. Le candidat désigné par la convention ne doit pas seulement se faire le porte-parole de son parti mais le champion de tout son électorat. On comprend mieux alors l'existence de Super Delegates chargés de surplomber les déformations des caucuses .

4 . Les considérations précédentes m'amènent à poser quelques questions sur les processus à l'oeuvre :

a . faut-il préferer un candidat massivement élu dans des États qui ne sont ni susceptibles de faire basculer la géographie électorale,ni suffisants pour gagner le vote populaire ? Quelle est d'ailleurs sa représentativité au regard du mode extrêmement étroit et partisan du corps électoral admis aux caucuses ?
b . de l'autre côté que penser d' une candidate ayant accaparé les grands États ? Ce qu'elle n'a pas en voix militantes,elle semble le rééquilibrer au sein des "masses silencieuses" : une primaire est-elle plus significative du suffrage populaire qu'un caucus ?
c . des interrogations précédentes découle l'idée selon laquelle le vote partisan pourrait brouiller la carte électorale.Carte d'autant plus biaisée qu'on a décidé de jeter un voile pudique sur un grand État comme la Floride.Aurait-on oublié l'élection de 2000 ?

Voilà le dilemne auquel sont confrontés les SD : désigner un candidat porté par la base partisane lors des caucus,mais sans réelle assise au sein des grands États, ou bien choisir une candidate forte du suffrage des grands États mais ostensiblement boudée par les militants et une partie conséquente de l'opinion publique ?

Les SD ne se contenteront pas d'une simple arithmétique,ils la savent biaisée par les caucuses et l'absence de la Floride. Ils savent combien le scrutin de novembre peut échapper à la seule logique du nombre comme l'élection de 2000 l'a cruellement prouvée.Alors ils attendront,scruteront les signes,les votes qui (ils l'espèrent) feront un choix à leur place.Ils se garderont bien d'endorser quiconque avant le coup de sifflet final.Ils pourront à tout moment se parjurer et changer d'avis.

On refait le match........!!!

6.Posté par Elko le 07/03/2008 23:46
Pour le Texas: Et bien non, Obama n'a pas remporté plus de voix, il a remporté plus de délégués.
En combinant primaire et caucus, Hillary arrive à 90 000 voix d'avance. C'est peu mais c'est suffisant pour dire qu'elle a gagné!

7.Posté par mesgains le 08/03/2008 00:18
"Si" je peux me le permettre avec des "si" on peut refaire le monde.

Le jeu des élections démocrates était défini à l'avance. Chaque candidat démocrate en connaissait les règles. Pas de "winner take all" (le gagnant d'un état remporte tous les délégués) mais un scrutin à la proportionnel.

Là où Hillary Clinton joue à l'opportuniste et manque d'honneteté c'est qu'elle veut revenir sur les votes de Floride et du Michigan qui dès le départ ne devaient pas être validés par le parti. Pour l'anecdote il n'y avait pas de bulletins Obama dans certaines villes. Je ne parle pas de soupcons fraudes dans l'état de New York où 9 bureaux de votes n'ont pas décompté les bulletins de BO.

A force de jouer la girouette sur l'Irak, sur "le ticket" et enfin sur les sentiments des électeurs elle risque de finir par perdre toute crédibilité.

Quand on s'en le vent tourner la meilleure stratégie est de crier fort, faire des croches pattes et de se présenter à tort comme étant à nouveau maître du jeu.

8.Posté par hadya le 08/03/2008 04:03
@Vintimille
Le système des caucus n'est peut-être pas aussi démocratique que les primaires mais là, c'est au parti Démocrate à qui il faut s'en prendre.
Barack tout comme Hillary avaient accepté les règles dès le départ.

Et là, je pourrais faire la même observation que mon précédent post sur les SD : si les caucus ne sont pas sensés rentrer dans la course à l'investiture, pourquoi les avoir mis en place si c'est pour ensuite ne vouloir compter que les primaires classiques?

Je conçois que Barack a été privilégié aux caucus mais rien ne prouve qu'il n'aurait pas gagné s'il y avait eu des primaires normales.
Et ça ni vous ni moi ni personne ne le saurons jamais

Pour la Floride, Barack est d'accord pour de nouvelles primaires....C'est Hillary qui ne veut pas (figurez-vous que la pauvre chérie veut garder son score établi en janvier quand il n'y avait qu'elle en course!!)

Ensuite pour la suite de vos questions, une fois de plus, ce n'est pas parce que les "gros Etats" ont voté Hillary qu'ils ont forcément boudé Barack.
D'ailleurs je vous parie que si le ST se déroulait aujourd'hui, la donne changerait....
En Février, Obama était encore un inconnu dans grand nombre d'Etats (notamment Californie), donc ce qu'il y a réalisé est tout simplement un exploit.

D'ailleurs un sondage d'hier montre qu'en novembre Obama réaliserait dans cet Etat 51% et Hillary 50.....
On n'est pas en novembre certes, mais c'est pour vous expliquer que la tendance à l'heure actuelle a changé

Et concernant le "Winner takes all", je suis ravie que cela n'existe pas chez les Démocrates; c'est anti-démocratique et je préfère de loin la proportionnelle même si le Parti devrait changer certaines règles compliquées

9.Posté par Elko le 08/03/2008 14:40
En Floride, il y avait des bulletins Obama. C'est au Michigan qu'il n'était pas présent.

10.Posté par hadya le 08/03/2008 16:55
@Elko

Le nom d'Obama n'apparaissait pas dans toutes les villles
De plus, Mme Clinton qui se soucie tant des "électeurs floués en Floride" devrait penser à ceux qui ne se sont pas déplacés pour voter pensant que ça ne servirait à rien qui,, eux seraient les vrais frustrés

D'ailleurs ya même pas à débattre, ce qu'elle fait n'a qu'un seul nom : la triche car tout était clair dès le début et elle-même avait accepté la règle

11.Posté par Brice le 08/03/2008 17:15
Bonjour à tous,

Je voudrais tout d'abord répondre à Vintimille lorsqu'il déclare que les sondages étaient faux pour les primaires du 4 mars car les différents sondages publiés au cours des semaines précédentes et des jours précédents indiquaient une victoire probable d'Hillary Clinton au Texas et en Ohio.
Dans un deuxième temps les éditoriaux américains se sont fait plus percutant à l'égard de Barack Obama à la suite de ces primaires et je pense que ce n'est pas un mal pour sa candidature. Il est encore tôt dans le long processus démocratique et il est préférable pour lui qu'on réfléchisse à la pertinence de sa candidature dès maintenant plutôt qu'en septembre. Dans le cas où il serait désigné par la Convention Démocrate de Denver, CO. Malheureusement pour Hillary sa candidature et sa personnalité n'attire pas que la sympathie auprès des médias US mais cela ne date pas d'hier.

Ensuite je voudrais rebondir sur l'article de l'IFRI. Certes les Républicains ont leurs nominé mais ils n'ont pas de VeeP et surtout la base électorale des Républicains n'est absolument pas rassemblée derrière Mc Cain. En outre le soutient plutôt appuyé de Georges W. Bush ne me semble pas la meilleure des choses qui soient arrivée à Mc Cain. Cela peut lui ouvrir certains réseaux financiers et l'appui de certains évangélistes dans le 'deep south' mais en terme d'image je ne suis pas convaincu d'un retour positif.
De plus et contrairement à ce que certains analystes pensent le fait que les primaires démocrates durent ne me semble pas une bonne chose pour Mc Cain car pendant encore plusieurs semaines voire mois il restera inaudible dans les médias. Or la candidature Mc Cain a besoin de communiquer pour rassembler tous les Républicains. Notons que les Républicains sont très clairement divisés actuellement en terme d'idéologie et que Mc Cain est "très à gauche" au sein du mouvement, n'oublions pas qu'il aurait pu être VP de Kerry, la proposition lui a été fait. Il est proche d'une Hillary "très à droite" chez les Démocrates. Les Républicains se lancent dans une course à la réunification et le temps passe vite.
Un article de M. Abramowitz celui ci met le doigt sur la participation dans ces primaires et prends 2 exemples le Wisconsin et la Virginia où les Républicains ont votés à 25% et 16% pour la primaire démocrate et sur ces votants 72% ont choisit Obama. L'analyse critique que l'on peut faire c'est qu'ils ont décidés de voter pour la primaire démocrate parce qu'ils savaient la primaire Rép. pliée et qu'ils considèrent comme adversaire le plus facile à battre Obama vs Clinton. Il est probable qu'une partie de cette électorat ait cette vision "stratégique" mais pas dans des proportions si large. Par ailleurs il n'est pas anodin de voir la participation EXTRAORDINAIRE dans ces primaires démocrates tout comme les levées de fonds pour les candidats démocrates qui explosent littéralement.
N'oublions pas que les gros contributeurs parient sur une victoire de leur protégé....

Du côté Démocrates il y a un sacré dilemne : QUI peut battre Mc Cain ?
Eleanor Clift de Newsweek publie un article sous forme d'interrogation, qu'est-ce qu'on fait si aucun des candidats ne peut remporter les suffrages des 'super-délégués' ?
Elle avance alors l'hypothèse..... Al Gore ! Il a l'expérience, il est populaire et pourrait battre Mc Cain. Qu'en pensez-vous ? C'est peut-être l'alternative que les démocrates vont choisir avec Obama en Veep pour 2012 ou 2014, qui sait ?

Enfin, un sondage de Survey USA publié sur ABC montre que Mc Cain serait battu par Clinton et Obama quoi qu'il arrive. Cependant Clinton gagne le Nord-Est et la Californie + la Floride alors qu'Obama lui gagne dans la région des Grands lacs (Wisconsin notamment), l'Est et une partie de l'Ouest. De prime abord sa victoire est plus "équilibrée" sur l'ensemble du Mainland.....

Affaire à suivre mais en l'état actuel des choses les républicains n'ont pas encore le momentum sur les démocrates et c'est peut-être aussi pour cela que la compétition est rude.

12.Posté par Yvon Thivierge le 08/03/2008 20:56
Prétendre que John McCain alias McSame ou NotSane est le "grand gagnant" et qu'il peut "prendre une bonne longueur d'avance" sur son adversaire éventuel est une vue de l'esprit qui ne repose sur aucun fait réel.
Ce sénateur corrompu ne jouira tout au plus que de quelques moments de répit tant il est vrai qu'il continuera de multipler les contradictions et les piques de colère, manquera d'argent et sera négligé par les médias tous concentrés sur les deux vedettes démocrates qui se crêperont le chignon à qui mieux-mieux.

13.Posté par rico le 08/03/2008 22:07
Finalement, le primacaucus du Texas s'avère très instructif: il montre comment le système des caucus est peu représentatif puisque par ce système, les 88 000 participants des caucus (pro HC +pro BO) ont neutralisés les 100 000 voix d'avance de Clinton lors des primaires.
Deuxième effet Kisskool, chez Maria, j'ai carrément Funnymine qui s'en réjouissait et tentait de m'expliquer sans rire que des républicains qui votent pour Obama le font par adhésion tandis que des républicains qui votent pour Clinton le font pour handicaper les démocrates. La logique et les aspirations démocratiques de certains Obamaistes sont à deux vitesses.
"Selon que vous soyez blanc ou noir les jugements..." (du calme ! Je cite...La Fontaine)

Hadya, qui veut nous refaire les primaires gagnées par Hillary (mdr...):
A t'écouter, en Floride, les vrais frustrés seraient ceux qui n'ont pas voté. Mais dis moi, dans le Kansas, l'Idaho, Washington (etc...), si on refaisait les votes sur le principe des primaires, tu penses qu'Obama emporterait de plus de 75% en moyenne (et donc le nombre de délégué équivalents) ?
Dans le Maine ou ils n'étaient que 3000 votants, 600 votes ont donné 6 délégués d'avance à Obama. C'est autant que les 36000 voix d'avance de Clinton (sur 420000 votants) en Arizona.
Et la liste est encore longue

Brice:
Al GORE ! C'est du délire total. Un type bombardé au dernier moment alors qu'il ne s'est même pas présenté aux primaires ! Clift devrait plutôt écrire chez Mickey magazine...
Pour le reste, tu donnes des informations nouvelles et intéressantes... Des liens stp !!!

14.Posté par Brice le 09/03/2008 01:17
@ Rico :
"Al Gore, c'est du délire total", pour ma part je ne serais pas aussi catégorique et je pense que je n'ai pas assez explicité le propos d'Eleanor. Elle ne dit pas qu'Al Gore est le mieux. Elle dit simplement que c'est une possibilité si les candidats en lice ne réunissent pas assez de délégués. En effet à partir du 2nd vote chacun est libre de voter pour le candidat qu'il souhaite et par rapport aux attentes des Démocrates Al Gore semble être un bon compromis. Je ne fais que rapporter une information.

Ensuite lorsque tu critiques les caucus, tu as probablement raison mais les règles étaient connues de tous et si Clinton n'arrive pas à être aussi organiser qu'Obama elle perds les caucus, dernier en date : le Wyoming. J'ajoute qu'en terme de voix totales Obama est devant Clinton (Floride comprise).
A date Obama possède 294 178 voix d'avance sur Clinton depuis le début des primaires. Ils ont respectivement 13,576,869 et 13,282,691.u[

Je joins 3 cartes "Swing States" Clinton - Obama retravaillées à partir de l'enquête de Survey USA :
http://underamicroscope.files.wordpress.com/2008/03/obama-clinton-mccain.png
Différentiel Obama - Clinton - Mc Cain

http://underamicroscope.files.wordpress.com/2008/03/swing-states-for-clinton.png
Swing States Clinton

http://underamicroscope.files.wordpress.com/2008/03/swing-states-for-obama.png
Swing States Obama


Quant à mes sources elles sont diversifiées, tout autant que Marjorie :)

Au plaisir de te lire,

Brice

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