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Journaliste à BFM Radio (Les Grands Débats, USA Hebdo) et passionnée par la vie politique américaine.
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Le fait marquant

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Rédigé par Marjorie Paillon le 16 Mai 2008 à 22:00
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Après avoir été défendu par son directeur de campagne, David Axelrod, et l'ancien candidat démocrate Joe Biden, Barack Obama a décidé de répondre en personne aux commentaires de George W. Bush et John McCain, qui l'ont dépeint comme le "candidat du Hamas". Le sénateur de l'Illinois s'est adressé aux deux Républicains depuis Watertown dans le Dakota du Sud, où il poursuivait sa campagne.

Le président des Etats-Unis, en visite officielle en Israël, avait jugé bon de comparer le candidat démocrate, sans le nommer directement, à Neville Chamberlain, ancien premier ministre britannique ayant signé les accords de Munich en 1938. Une façon de fustiger la stratégie d'apaisement avec les dictateurs d'hier et les terroristes d'aujourd'hui que Barack Obama a pris comme une attaque personnelle.
John McCain a ensuite relayé la remarque de George W. Bush en affirmant qu'Obama ne pouvait pas défendre l'Amérique.
Dans son discours, Obama appuie minutieusement sur la continuité des attaques de Bush et McCain. Il prend les deux Républicains au mot et leur propose de débattre de sécurité nationale. Il remet en cause leur politique iranienne "irresponsable".
Finalement, la polémique tombe à pic pour le camp Obama. Elle lui permet de développer en moins de 48 heures sa future rhétorique pour novembre : Bush-McCain, blanc bonnet et bonnet blanc.



Le fait marquant

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Rédigé par Julien Landfried le 16 Mai 2008 à 18:00
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C'est ce que le candidat démocrate malheureux en 2004 (puis vice-président de John Kerry) et 2008 vient de déclarer à la télévision américaine. La voie libre pour Hillary Clinton ?



Le fait marquant

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Rédigé par Julien Landfried le 16 Mai 2008 à 16:28
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La polémique a commencé hier en Israël, quand le président des Etats-Unis a fustigé devant la Knesset les partisans des politiques d'apaisement avec les dictatures.

«Certains semblent croire que nous devrions négocier avec les terroristes et les radicaux. (...) Certains suggèrent que les États-Unis devraient simplement rompre leurs liens avec Israël et que tous nos problèmes au Proche-Orient disparaîtraient.»
Bush a également dénoncé «le confort illusoire de l'apaisement, qui a été constamment discrédité par l'histoire» (voir l'extrait ci-dessous).

Une déclaration aussitôt comprise comme une attaque contre Obama qui s'est aussitôt défendu : «Il est navrant de constater que le président Bush se sert d'un discours à l'occasion du 60e anniversaire d'Israël pour lancer une attaque politicienne infondée, a-t-il déclaré dans un communiqué. Bush sait que je n'ai jamais soutenu le dialogue avec les terroristes.»

Une réthorique que le camp McCain emploie également depuis plusieurs semaines contre Obama, l'accusant d'être «le candidat du Hamas». Mc Cain s'est lui même défini, s'il était élu président, comme «le pire cauchemar du Hamas» (voir les déclarations de McCain dans le clip ci-dessous).

Mais il y a un hic ! Le journal en ligne The Huffington Post vient en effet de dénicher l'extrait d'un entretien datant de 2006, pour la chaîne Sky News, où McCain admet lui-même qu'il faudra bien discuter avec le Hamas, puisque celui-ci dirige le gouvernement palestinien !

On attend avec impatience la réponse du camp républicain à ces déclarations du désormais candidat McCain.
L'épisode illustre en tout cas une fois de plus comment les réflexes des néo-conservateurs empêchent la classe politique américaine de discuter rationnellement et de manière réaliste des questions de politique étrangère, en particulier concernant le Proche-Orient.


Le fait marquant

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Rédigé par Pierrick Leurent le 15 Mai 2008 à 14:00
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Le candidat républicain a une terrible envie de se démarquer de celui qui tient toujours la Maison Blanche : George W. Bush. Nouvel angle d'attaque : le changement climatique, terrain totalement abandonné par le président actuel.

John McCain le sait : le candidat démocrate fera tout, d'ici novembre, pour rappeler aux Américains qu'un républicain à la Maison Blanche ne peut qu'être le digne successeur du président Bush, au sommet de son impopularité. McCain a donc décidé de se démarquer au plus vite de l'encombrant héritage des années Bush. On connaît sa position sur la torture. Mais John McCain souhaite aussi montrer aux électeurs indépendants qu'il est prêt à faire entrer les Etats-Unis sur la voie de la révolution verte. Le 12 mai dernier, il dévoilait ainsi son plan de lutte contre le changement climatique, lors d'une conférence dans l'Oregon. Principale mesure : créer aux USA ce qui existe en Europe, l'émission de droits à polluer payants et échangeables par les entreprises sur un marché du CO2.

Pour appuyer le tout, son équipe de campagne a mis en ligne un nouveau clip, insistant sur l'engagement de John McCain dans le domaine de l'écologie, au moment même où la Floride fait face à des feux de forêts, et où plusieurs personnes ont trouvé la mort dans des tornades dans le Missouri et l'Oklahoma.



Le fait marquant

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Rédigé par Marjorie Paillon le 15 Mai 2008 à 08:30
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Il avait juré ses grands dieux qu'il ne choisirait pas entre les deux candidats démocrates en lice. En quittant la course à l'investiture démocrate le 30 janvier dernier, John Edwards voulait se remettre au travail pour l'Amérique pauvre qui n'a jamais quitté le cœur de sa campagne. Pourtant, il a officiellement apporté son soutien à Barack Obama ce mercredi, à l'occasion d'un meeting à Grand Rapids dans le Michigan. Avec Edwards à ses côtés, le sénateur de l'Illinois peut s'adresser directement à la classe ouvrière blanche. Jusqu'à présent, les cols bleus lui ont préféré Hillary Clinton. Le soutien de l'ancien candidat à la vice-présidence en 2004 peut-il changer la donne ? Extraits.



Le fait marquant

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Rédigé par Barthélémy Courmont le 14 Mai 2008 à 17:17
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Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'IRIS, en partenariat avec Contre-feux.com. Le 8 mai, Barack Obama a livré une intervention télévisée d'importance sur CNN, sans doute la plus importante depuis sa candidature. Il a exposé très clairement ses ambitions en matière de politique étrangère : restaurer l'image de Washington dans le monde, renouer avec le leadership, et redéfinir les priorités de l'engagement extérieur américain.

Au lendemain de sa large victoire en Caroline du Nord et de sa courte défaite en Indiana, qui le rapprochent un peu plus de l'investiture démocrate, Barack Obama a livré une intervention télévisée importante sur CNN. Sans doute la plus importante depuis sa candidature début 2007 pour les observateurs étrangers, tant elle lui offrit l'opportunité de présenter ses ambitions en matière de politique extérieure. Au programme du très probable futur candidat démocrate, restaurer l'image de Washington sur la scène internationale, renouer avec le leadership, et définir des priorités dans l'engagement extérieur américain.

(la 2nde partie de l'entretien d'Obama sur CNN, consacrée à la politique étrangère, durée 10 min)

Une influence en régression

Pour Obama, la tendance la plus inquiétante de ces dernières années en matière de politique étrangère est la régression de l'influence américaine. L'image de Washington sur la scène internationale, au plus haut après les attentats du 11 septembre 2001, s'est depuis profondément dégradée, notamment en raison de l'unilatéralisme de l'administration Bush I, de la guerre en Irak, et de l'attitude vis-à-vis des alliés et partenaires des Etats-Unis. Cela a eu pour effet de précipiter la chute de l'influence américaine, que ce soit auprès des alliés traditionnels de Washington, où dans des régions dites à risque, comme le Moyen-Orient, l'Asie centrale, ou l'Asie du Sud-Est. Le sénateur de l'Illinois juge nécessaire de renforcer cette influence, en mettant en avant les valeurs américaines, et en proposant une vision moins manichéenne du monde. La caractéristique de Barack Obama qui découle de ce souhait, déjà exprimée à plusieurs reprises, concerne la reprise du dialogue avec les partenaires, mais aussi les adversaires de Washington. A l'inverse des autres candidats, le sénateur de l'Illinois juge nécessaire de dialoguer avec les dirigeants iraniens, nord-coréens, ou cubains, et fait de cette approche le meilleur moyen d'influencer leurs politiques. Hillary Clinton et John McCain critiquèrent l'inexpérience et la naïveté d'Obama sur ces questions, ce à quoi il répond qu'une politique agressive et coercitive, même si cela est parfois nécessaire, n'a pas le même impact que l'influence, et le soft power, qu'il estime avoir été négligé ces dernières années.


La question du leadership

Barack Obama estime que le monde a besoin d'un leadership américain. Besoin de ses valeurs, de ses idéaux, et de son combat pour la paix et la liberté. Besoin de sa puissance et de son autorité. Besoin de ses réseaux d'influence et de ses alliés. Obama a souvent été montré du doigt comme le plus enclin à favoriser un isolationnisme parmi les candidats encore en course. Ses positions sur l'ALENA et son souhait d'accélérer le retrait des forces d'Irak ont ainsi été critiqués comme la marque d'un repli sur soi consacrant le refus de Washington de s'engager sur la scène internationale. Cette intervention fut donc l'occasion pour lui d'imposer un programme de politique étrangère ambitieux, et de rejeter toute forme d'isolationnisme, mais aussi et surtout de rappeler que si le multilatéralisme doit s'imposer, il est nécessaire qu'il s'accompagne d'un leader, et que ce leader doit être Washington.

Les priorités en matière de politique étrangère

Afin de renforcer l'influence américaine dans le monde, Barack Obama estime nécessaire de définir des priorités en matière de politique étrangère. A commencer par l'engagement militaire en Irak et en Afghanistan, et la lutte contre le terrorisme international. L'Irak est dans la ligne de mire d'Obama, en raison de l'échec de l'opération américaine, de la désapprobation internationale qu'elle généra, mais également parce qu'elle écarta Washington d'engagements plus importants, comme l'Afghanistan, le réchauffement climatique, la politique énergétique ou l'économie. Si le retrait des forces militaires d'Irak figure ainsi au programme du candidat démocrate, il doit s'accompagner d'un effort accru en Afghanistan et, plus généralement, en Asie centrale, et d'une plus grande implication dans les dossiers internationaux, au premier rang desquels l'écologie. Sur ces questions encore, c'est la capacité d'influence de Washington qui est mise en avant.

Une posture électorale

Les propos de Barack Obama s'inscrivent enfin dans une posture électorale, avec les yeux tournés vers le scrutin de novembre. Le sénateur de l'Illinois est ainsi revenu sur les déclarations de John McCain selon lesquelles "le Hamas a clairement un candidat favori", tournant la page des luttes internes, et faisant ainsi de l'opposition Républicains - Démocrates la référence électorale. L'occasion pour lui de se placer en position de candidat du parti démocrate.

Sur l'engagement extérieur, Obama s'est montré comme nous l'avons vu plus engagé que ce que lui prêtent ses détracteurs, mais il a toutefois rappelé que les sommes dépensées pour les opérations extérieures sont autant d'argent qui ne peuvent permettre à l'Amérique d'être plus forte. Un moyen de rappeler que l'élection se jouera, comme les précédentes, avant tout sur les questions de politique intérieure, et que si la présidentielle est un mandat accordé à un homme et son équipe pour mener à bien la politique extérieure des Etats-Unis, c'est aussi et surtout la rencontre entre un candidat et ses électeurs, pour qui les enjeux sont avant tout locaux.

En partenariat avec contre-feux.com


Le fait marquant

10
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Rédigé par Marjorie Paillon le 14 Mai 2008 à 08:00
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La victoire d'Hillary Clinton en Virginie Occidentale n'est pas une surprise. En remportant 67 % des voix contre 26 % pour Barack Obama, elle obtient une marge de plus de 40 points. C'est même mieux que ce que les sondages prédisaient. L'enjeu est plus symbolique qu'autre chose : 28 délégués seulement étaient en jeu en Virginie Occidentale. Et il ne reste plus que 189 délégués à se partager pour les primaires restantes du Kentucky, de l'Oregon, de Porto Rico, du Montana et du Dakota du Sud. La persévérance d'Hillary payera-t-elle ?

Trois semaines. Les démocrates n'ont plus que trois petites semaines pour départager leurs deux candidats et donner l'avantage décisif à celui ou celle qu'ils veulent voir défendre leurs couleurs contre John McCain. Mathématiquement, il est assez peu probable qu'Hillary Clinton rattrape son retard en nombre de délégués sur Barack Obama. Mais l'ex Première Dame adopte maintenant la stratégie du doute. Semer le trouble dans l'esprit des militants démocrates qui voteront d'ici au 3 juin, et surtout chez les indécis et les indépendants en leur montrant qu'une autre voie est possible, à l'heure où John McCain et Barack Obama semblent déjà régler les modalités de la campagne à venir. Une Hillary très cartésienne qui met en avant ses bons scores dans les Swing States, rappelle qu'on lui doit la Floride et le Michigan, qu'elle peut être une meilleure présidente que les deux autres candidats parce qu'elle sera celle des cols-bleus et remettra à l'honneur les classes moyennes.
" Pourquoi 64 % des militants démocrates ont-ils déclarés dans un récent sondage qu'ils voulaient que cette course à l'investiture continue ? " brandit Hillary dans son discours de victoire. Et vous, lecteurs d'Ilovepolitics.info, qu'en pensez-vous ?


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Rédigé par Charlotte Lepri le 13 Mai 2008 à 18:54
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Par Charlotte Lepri, chercheuse à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Depuis plusieurs jours aux Etats-Unis, une question est omniprésente : quand Hillary Clinton va-t-elle enfin admettre sa défaite et mettre fin à ces interminables primaires démocrates ?

Hillary Clinton : la fin d'un rêve
Depuis plusieurs semaines déjà, le vent semble plus favorable à son concurrent Barack Obama, qui a réellement su créer la surprise en devenant rapidement un candidat crédible à la présidence des Etats-Unis face à une Hillary Clinton qui s'y préparait depuis plusieurs années et qui partait largement favorite. Aujourd'hui, peu nombreux sont ceux qui imaginent encore qu'Hillary puisse s'imposer dans la course à l'investiture démocrate.

Retour sur l'occasion manquée.

Accéder à la présidence des Etats-Unis est une ambition de longue date chez Hillary Clinton. Lorsque son mari devint Président, elle voulut s'investir activement au point de faire de l'ombre au Vice-Président, Al Gore. Toutefois, son échec de réforme du système de santé l'a conduite à plus de mesure dans son rôle de Première Dame. Sa candidature pour le Sénat dans l'Etat de New York fut une première étape pour s'imposer personnellement et se faire un « prénom » en politique. Ses deux mandats de sénatrice de l'Etat de New York, sa présence sur de nombreux dossiers importants (santé, éducation, puis plus tard, lorsque ses ambitions se feront de plus en plus présentes, environnement, défense et sécurité nationale), et son investissement personnel lui ont permis de devenir une personnalité incontournable du parti Démocrate ces dernières années.

La méthode d'Hillary est la même depuis des années : faire en sorte que sa candidature à la présidence des Etats-Unis, comme celle au Sénat auparavant, apparaisse comme une évidence aux yeux du parti, et des Américains.

Forte de son charisme, de son expérience, de sa capacité à lever des fonds et de son travail acharné, elle a su séduire les membres les plus influents du parti démocrate et se forger un réseau indispensable pour mener campagne.

De fait, lorsqu'elle se lança dans la course à l'investiture, Hillary considérait comme pratiquement acquise sa nomination comme candidate du parti démocrate. Elle avait d'ailleurs un nombre incroyable d'avantages dans cette course : elle était déjà connue du grand public, avait occupé des fonctions importantes, avait la machine du parti démocrate derrière elle pour la soutenir et était très préparée. Mais ces avantages se sont peu à peu évanouis, avec la percée d'un Barack Obama peu connu du grand public mais terriblement efficace. Il a en effet réussi à soulever une véritable dynamique populaire autour de sa candidature. Hillary a certes commis des erreurs durant sa campagne, mais elle s'est surtout trouvée face à un adversaire remarquable. Jeune, métis, éloquent, charismatique, atypique, Barack Obama s'est immiscé dans une partie qui semblait jouée d'avance. Dès lors, Hillary a dû changer de tactique, revoir son plan de campagne, gauchisant son discours et se préparant à une campagne plus dure et plus agressive que prévue.

Parmi les erreurs commises, Hillary Clinton a tout d'abord mal jaugé l'atmosphère de la campagne des Primaires. Selon un article du Time (1) , le thème majeur de la campagne a porté sur le changement, alors qu'Hillary Clinton a tout misé sur son expérience, son parcours à la Maison Blanche et son nom, au point d'apparaître comme une candidate « sortante » qui défendait un bilan. Ainsi, elle a dès le début de la campagne orienté son discours vers le centre, se positionnant pour l'élection générale de novembre.

En outre, Hillary a mal géré son staff de campagne, favorisant des conseillers loyaux et fidèles, tels que Mark Penn ou Patti Solis Doyle, plutôt que de vrais stratèges. Les démissions successives dans l'équipe de campagne d'Hillary Clinton a mis en lumière une certaine fébrilité au fur et à mesure que Barack Obama gagnait du terrain.

La percée de Barack Obama a elle-même était largement sous-estimée. Depuis le début, les membres de l'équipe de Clinton ont refusé de voir chez Obama autre chose qu'un engouement momentané. L'année 2008 devait être l'année d'Hillary. Elle s'y préparait depuis si longtemps que les victoires successives d'Obama ont été attribuées non pas à son mérite mais à son métissage (2) ou à la bienveillance des médias à son égard. C'est pourquoi Hillary n'a pris en considération la possible longueur de la campagne que très (trop ?) tardivement : elle pensait mettre très vite Obama hors jeu. Face à la persistance du phénomène Obama, l'équipe de Clinton s'est montrée plus agressive, cherchant à lancer de nombreuses polémiques sur le sénateur de l'Illinois telles que la question raciale, la polémique autour du Pasteur Wright, les dénonciations de plagiat, ainsi que les critiques répétées sur le manque expérience et l'élitisme d'Obama. Au final, Barack Obama a plutôt bien résisté aux nombreuses charges contre lui, ce qui mit en valeur sa capacité à dépasser les polémiques.

Au niveau financier, Hillary Clinton s'est largement appuyée sur la vieille méthode de collecte de fonds. L'argent étant le nerf de la guerre, Hillary a depuis au moins deux ans démarré son opération de collecte de fonds, organisant de nombreux dîners restreints avec les contributeurs les plus généreux du parti démocrate. Elle a favorisé les gros contributeurs (limités à 2300$) mais a oublié de financer sa campagne par le biais d'Internet, comme l'a fait Barack Obama, qui s'est retrouvé avec un véritable trésor de guerre grâce aux nombreuses petites donations de la part de particuliers. En outre, sa stratégie de collecte de fonds a été en parfait décalage avec l'atmosphère de la campagne, puisque Hillary, n'ayant pas anticipé la lutte acharnée avec son concurrent, avait choisi de privilégier des collectes de fonds pour l'élection générale.

Enfin, la personnalité même d'Hillary Clinton est devenu un obstacle dans la campagne : ce qu'Hillary redoute par dessus tout, c'est d'être perçue comme une « girouette ». « Elle ne veut rien faire ou dire qui puisse aller à l'encontre de l'idée qu'elle est sans faiblesse, et qu'elle agit toujours par conviction » (3) . Refusant de reconnaître ses erreurs pour ne pas donner une impression de faiblesse et de manque de détermination dont pourraient rapidement se servir ses adversaires, elle est passée maître dans la réécriture de sa propre histoire, comme en témoignent la justification de son vote pour la Guerre en Irak en 2002 ou de sa visite dans les Balkans lorsqu'elle était Première Dame.

Une page reste encore à écrire dans ces fascinantes élections primaires : dans quelles conditions Hillary va-t-elle négocier son retrait de la course à l'investiture ? Plusieurs scénarios semblent aujourd'hui envisageables.

Le plus souhaitable pour le camp démocrate serait qu'elle renonce rapidement à prolonger la campagne et se range derrière Barack Obama. Un tel scénario pourrait avoir lieu après les Primaires en Virginie occidentale, Etat dans lequel Hillary Clinton est en tête dans les sondages et a toutes les chances de l'emporter, ce qui lui permettrait de se retirer honorablement après une victoire.

Un scénario plus problématique serait de voir Hillary continuer sa campagne tant qu'elle n'est pas sûre d'avoir perdu. Cela conduirait le camp démocrate à poursuivre la campagne jusqu'à la Convention nationale du parti en août prochain à Denver. Dans cette optique, Hillary pourrait continuer à faire pression pour que les primaires en Floride et au Michigan, Etats où elle a l'avantage, soit comptabilisées, et à mettre en avant le fait qu'elle est la meilleure chance pour le parti démocrate de battre John McCain en novembre.

Un troisième scénario serait l'abandon d'Hillary faute d'argent. Elle est déjà en train de s'endetter personnellement pour continuer sa campagne.

Un dernier scénario serait une fin de campagne programmée pour juin (échéance d'ailleurs fixée par Howard Dean, le Président du parti démocrate). Si Hillary a officiellement décidé de « rester jusqu'à ce qu'il y ait un nominé », le mouvement actuel des super-délégués vers Obama pourrait accélérer son retrait de la course.

Une dernière question reste en suspens : Hillary Clinton sera-t-elle tenue comme responsable de l'échec des Démocrates si John McCain l'emporte en novembre prochain ?

Notes :
1) Karen Tumulty, “The Five mistakes Clinton made”, Time, 8 mai 2008
2) Voir la polémique suite aux propos de Geraldine Ferraro, proche conseillère d'Hillary Clinton : " Si Obama était un blanc, il ne serait pas dans cette position ".
3) Interview d'un conseiller d'Hillary Clinton citée par Jeff Gerth et Don Van Natta, Hillary Clinton, Histoire d'une ambition, JC Lattès, p. 429.

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