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Analyses & Interviews

« L'endorsement » fait-il l'élection?

Marjorie Paillon le 12 Février 2008 à 08:45

En avoir ou pas. Telle est la question. « L'endorsement », coming out électoral, est un soutien officiel que les candidats s'arrachent. A l'heure où Jeb Bush rallie John McCain, où Hillary Clinton et Barack Obama courtisent tour à tour John Edwards, l'endorsement peut-il faire leur victoire ?



imagine24, licence CC, flickr
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En période électorale, l'endorsement devient un sport national américain. A tel point que le Super Tuesday passé avait des faux airs de Super Bowl des soutiens. Pourtant, ce type de soutien répond à quelques règles précises.
La première, c'est d'officialiser un rapprochement avec un candidat par voie de presse (Caroline Kennedy adressait à Barack Obama un cri du coeur, "A President like my father", en Une du NY Times), à la télévision (Sylvester Stallone a choisi une interview en direct pour s'exprimer en faveur de John McCain) ou au cours d'un meeting. Un journal peut d'ailleurs lui même soutenir un candidat au grand jour (le NY Times s'est prononcé en faveur de McCain et de Clinton).
La seconde, c'est de venir de quelqu'un de poids. D'un artiste (Chuck Norris pour Mike Huckabee, Will Smith ou Scarlett Johanson pour Barack Obama, Steven Spielberg pour Hillary Clinton...), d'une star de télévision (on pense bien sur à Oprah Winfrey et son engagement sans borne pour le sénateur d'Illinois) ou d'un homme politique en vue (le maire de Los Angeles pour Hillary Clinton, le gouverneur de Floride Charlie Crist pour John McCain..). Ou le "deux en un" : un ancien artiste populaire devenu homme politique, comme Arnold Schwarzenegger, le gouverneur de Californie qui a rejoint le camp McCain. Les soutiens et la popularité de ces deux derniers ont très clairement tiré la campagne de l'ex sénateur d'Arizona vers le haut.
Le plus beau trophée reste celui de l'ex-candidat qui se fait adouber par le futur vainqueur. John McCain a ainsi accroché Rudy Giuliani à son tableau de chasse. A lui les voix de l'ancien Maire de New York et ses réseaux financiers.
Car l'endorsement n'est pas un acte philanthropique. Il doit résulter d'une convergence de point de vue et d'intêrets concrets. Barack Obama et Hillary Clinton se disputent aujourd'hui le soutien officiel de John Edwards. But de l'opération, trouver un candidat sérieux pour un futur ticket. Un ticket qui doit apporter une complémentarité territoriale, électorale, idéologique et financière.

Parfois, la stratégie de l'endorsement échoue. Dans le Massachusetts, Hillary Clinton a tenu Barack Obama en échec, malgré le soutien médiatique de Ted Kennedy, John Kerry, tous deux sénateurs de l'Etat, et de son gouverneur Deval Patrick. L'électorat latino a lui aussi tourné le dos à Obama au Nevada bien qu'il ait été choisi par le syndicat des employés de la restauration.
Ce week-end, John McCain s'est laissé rafler le Kansas par Mike Huckabee. Le vétéran avait pourtant obtenu les égards du sénateur et ancien candidat républicain Sam Brownback.
Pire encore, elle peut desservir un candidat. Le soutien à mots feutrés du Président sortant George W. Bush, et celui très officiel de son frère et ancien gouverneur de Floride Jeb Bush, pourraient être des baisers de la mort pour John McCain.




1.Posté par Dupont le 12/02/2008 10:20
Le charabia anglo-saxon fait-il un article ?

2.Posté par Fred le 12/02/2008 11:53
Il me semble excessif de conclure à l'échec de la stratégie d'endorsements au Massachusetts. Sur les 16 superdélégués qui s'y sont prononcés, 8 l'ont fait pour Clinton et 8 pour Obama. Les soutiens de poids du gouverneur et des deux sénateurs n'a certes pas donné le Massachusetts à Obaman mais il s'incline de 15 points alors qu'il comptait 37 points de retard à un mois de l'élection, et a remporté la ville de Boston dont le maire soutient Hillary Clinton.

John Edwards peut être appelé à jouer un rôle majeur pour la suite des événements. Pas forcément pour un ticket qui me semble improbable (Clinton n'aura d'autre choix que de promettre Obama pour convaincre les superdélégués d'aller contre la probable majorité de pledge delegates qu'il amènera à la convention, et Obama devrait préférer une femme), mais pour faire la différence au Texas et dans l'Ohio, qui se joueront sur les "white working class" des industries pétrochimiques dans le sud, automobile et chimique au bord du lac Erié.

Il faut également souligner que l'endorsement le plus couru reste celui de l'ancien VP Al Gore, dont la popularité est au sommet du fait de l'impopularité de celui qui l'avait "illégitimement" battu en 2000 et de son prix Nobel. Il fait peu de doutes que sa préférence va vers Obama (il reproche à Hillary de l'avoir marginalisé pendant 8 ans et tient le peu d'entrain des Clintons pour responsable de sa défaite présidentielle), mais devrait rester muet, officiellement pour ne pas nuire à sa cause environnementale (il devra travailler avec le president quel qu'il soit).
Officieusement, il reste en position d'arbitre et de médiateur pour tirer les ficelles de la convention si la décision revenait aux superdelegués.

3.Posté par Jojo le 14/02/2008 12:53

1. Posté par Dupont le 12/02/2008 10:20
Le charabia anglo-saxon fait-il un article ?

Personne ne vous oblige à lire les travaux des personnes ouvertes d'esprit M. Toubon...

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