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Analyses & Interviews

L'Amérique osera-t-elle ?

Sonenshein et Douzet le 31 Octobre 2008 à 15:37

Par Raphael J. Sonenshein, titulaire de la chaire de prestige Tocqueville-Fulbright à l'université Paris-VIII, et Frédérick Douzet est maître de conférences à l'Institut français de géopolitique de l'université Paris-VIII.



Flicrk, compte Barack Obama
Flicrk, compte Barack Obama
A en croire les sondages, les Américains s'apprêteraient bel et bien à faire d'un candidat noir l'homme politique le plus puissant du monde. Et pourtant, nombre de commentateurs restent dubitatifs. Faut-il croire ces sondages ? L'Amérique est-elle vraiment prête à dépasser ses clivages raciaux pour élire un président noir ?

Le spectre de Tom Bradley hante les observateurs qui craignent qu'à l'instar de l'ancien maire noir de Los Angeles, Barak Obama fasse l'objet d'une surestimation des sondages. En 1982, Tom Bradley faisait la course en tête pour le poste de gouverneur de Californie jusqu'au jour de l'élection, qu'il perdit de quelques voix. Surpris et désabusés, les commentateurs estimèrent que les électeurs blancs avaient menti sur leurs intentions de vote, ce que les médias appellent l'"effet Bradley".

La forte participation des républicains pour contrer une mesure de contrôle des armes à feu, judicieusement mise au vote, ainsi qu'une campagne républicaine exceptionnelle de vote par correspondance, pouvaient aussi expliquer la défaite de Bradley. Les politologues débattent depuis pour savoir s'il existe réellement un "effet Bradley" et s'il faut en tenir compte aujourd'hui. Mais qu'il y en ait un ou non, le facteur racial fait indubitablement partie de la campagne.

Moins de deux semaines avant l'élection présidentielle, près de 85 % des électeurs ont arrêté leur choix et ne changeront probablement pas d'avis. L'incertitude réside donc dans le taux de participation et surtout dans le choix des électeurs encore indécis, curieusement mal étudiés par les sondeurs, qui peuvent encore basculer dans un camp ou dans l'autre de manière déterminante. Or, pour ces électeurs, le facteur racial peut s'avérer important. Reste à savoir à quel point.

Lire la suite de la tribune sur Lemonde.fr




1.Posté par Jan le 31/10/2008 15:51
Si les américains élisaient McCain, celà ferait-il d'eux obligatoirement des racistes? Que dire de ces plus de 85% de noirs qui se déclarent être en faveur d'Obama?
Remarque, c'est vrai que les franchouilles sont tellement mieux placés pour en parler: y'à qu'à voir tous les africains à l'assemblée et au gouvernement, et ceux qui ont leur chance à la présidentielle. C'est vrai qu'encore une fois on peut se permettre de donner des lecons aux américains...

2.Posté par Stok le 31/10/2008 15:55
Obama ne passera pas, les Rednecks (dont on parle peu) vont sortir de leur Ranch pour élire McCain. Les Etats-Unis ne sont pas prêt à elire un métis à la tête du Pays, c'est en eux. Il n' y a qu'à voir le fossé social qui spéare blancs et noirs aux EU. Pour ma part je crois à "l'effet Bradley": on ne dit pas qu'on est raciste dans un sondage, mais une fois à l'abris de l'urne...

3.Posté par Stok le 31/10/2008 15:57
d'accord aussi avec Jan: Obama est au moins à une marche du poste, ce qui n'est pas là d'arriver en France. Il n'y qu'à comparer la composition de l'assemblée nationale avec celle de l'équipe de foot ou de la délégation d'athlètes aux JO. On adore nos "issus de l'immigration" mais en sport ou en chanson, surtout pas en politiaque !!

4.Posté par KAZOTTI le 31/10/2008 16:24
Laissons l'histoire suivre son cours et attendons aussi le 4 Novembre.... La roue tourne et s'il est écrit qu'un Noir dirigerait le plus puissant des Etats, nos supputations ne changeront en rien le cours des choses. Maintenant pour ce qui est de la comparaison avec le sport et la politique en France, laissons le temps au temps. Wait and see!!!

5.Posté par mkatre le 31/10/2008 17:11
Salut, je trouve que la comparaison sur le problème racial entre l' Amérique et la France (surtout ce contexte-ci) n' as pas de sens puisque les noirs américains font partie (de manière indiscutable) de l' histoire des Etats-Unis de la même manière que les blancs; tandis que les noirs de France sont issus de l' immigration et sont donc en train de changer l' histoire du pays et il faudra donc encore du temps pour que cette histoire soit considérée comme commune. Par contre on pourrait bien faire la comparaison entre les noirs de France et les latino-américains qui ne sont pas encore considérés comme "totalement" américains (de même que les américains d' origines asiatiques). Donc l'équivalent de la question "la France serait prete à élire un candidat noir?" serait "les USA seraient-ils prets à élire un candidat latino?" dont la question pourrait s' inspirer du cas de Bill Richardson.

6.Posté par Avembe le 31/10/2008 20:38
Mkatre
La caractéristique fondamentale de la relation que la France entretient avec les Noirs est le déni!!!!
Sais-tu qu'il y a des français Noirs depuis le 17 ème siècle.Certes grâce au code noir du pathétique Louis 14, ils étaient esclaves donc la propriété de maîtres français Blancs...Je crois même que ces noirs étaient déportés vers les caraibes(Saint domingue/Guadeloupe, Martinique-Guyane-Réunion)
certes il s'agissait alors d'une immigration choisie ou forcée(c'est selon)

7.Posté par Seymour le 31/10/2008 21:39
Et pourquoi le facteur racial serait plus important chez les indécis que chez les autres?
Quant au titre il me semble un peu maladroit! A t-on songé aux conséquences d' une victoire de McCain?
Une dépression à l'échelle planétaire tant la candidature du démocrate suscite un réel espoir.

8.Posté par Jan le 31/10/2008 21:40
@5 - mkatre
Si pour vous l’Afrique se limite au sub-saharien, pour moi un africain n’est pas forcément un noir. Vous semblez aussi vouloir ignorer le passé colonial de la France et bouter cette période hors de son histoire. Libre à vous de vouloir réécrire des cette histoire, au même titre que le font les apôtres de la repentance...
Bah, autant laisser tous les idiots à leur illusion qu’une fois Obama élu, leur anti-américanisme et les problèmes franco-franchouilles s’estomperont comme par miracle, ca me donnera une raison de plus d’apprécier mon expatriation...

9.Posté par rico le 31/10/2008 23:45
OK avec l'analyse de mkatre.

En France, l'immense majorité des gens ont vu des noirs pour la première fois en 45 (armée US, voire les troupes d'Afrique) et dans les années d'immigration de la seconde moitié du XXeme siècle.
Il existe bien quelques exemples célèbres plus anciens (Alexandre Dumas par exemple) mais leur intérêt est anecdotique.

Les soldats noirs US ont été globalement étonnés par l'ouverture (relative mais bien réelle) dont faisait preuve la population française à leur égard comparativement à ce qu'ils vivaient dans leur pays. Et la France a longtemps été prise comme exemple par les intellectuels noirs américains ("like Baldwin %C3%A9crivain) home from Paris ")

Sans toute cette rancoeur accumulée aux USA, on n'aurait probablement pas vu l'ascencion d'Obama (en tout cas pas comme ça) et il y a quelque chose d'abject à vouloir que les autres pays s'alignent sur "l'exemple" américain.

Quant à critiquer la France du point d'un point de vue expatrié, j'ai vécu quelque temps dans des pays slaves où les gens découvrent occasionnellement des noirs pour la première fois de leur vie et ce n'est pas sans heurts.

10.Posté par Funnymine le 01/11/2008 07:25
Ce qui est abject c'est de ressortir l'argument de la présence noir plus récente en France qu'aux USA pour tenter (maladroitement) de justifier le plafond de verre. Il y a 60 ans c'est la France qui était en avance sur les Etats-unis et aujourd'hui c'est l'inverse !!! Alors que s'est-il passé ? Rien précisément.

11.Posté par rico le 01/11/2008 14:12
A titre personnel, dans les sociétés où j'ai travaillé, le plafond de verre je ne l'ai pas vu.
J'y ai vu des jeunes diplomés originaire du maghreb, des antilles etc, voire même un cas d'Afrique noire que l'on arrivait pas à caser, à cause non pas de sa couleur mais de sa nationalité.
Certains d'entre eux occupaient des postes à responsabilités, et cerise sur le gateau n'avaient pas tous le bagage intellectuel nécessaire.

L'une au moins de ces sociétés était dirigée par un français originaire du Maghreb: c'était pourtant celle ou j'ai vu le moins de jeunes issus de l'immigration. Toujours pour des raisons essentiellement de nationalité.
Les règlements sont formels dans bon nombre de secteurs.

Le plafond de verre le plus efficace, c'est surtout dans les têtes qu'il se trouve.
Un jeune qui n'a jamais cherché d'appartement mais à qui on dit à longueur de journée qu'il n'en trouvera pas à cause de sa couleur aura vite fait d'abandonner. Un homme qui échoue et à qui on a toujours dit qu'il n'arriverait à rien parce qu'il est noir ne va pas chercher bien loin les raisons de son échec. Déjà qu'on ne maîtrise jamais tout et que beaucoup de blancs finissent aussi par renoncer...

Ces histoires de discriminations ne peuvent pas avoir le moindre fondement statistique, tout recensement ethnique étant interdit en France. Elles se basent sur le on-dit, et dans ces cas là, c'est toujours les propos les plus catastrophiques qui portent le plus.

12.Posté par rico le 01/11/2008 14:30
Ah, et moi non plus je ne croie pas à l'effet Bradley.
En France, on aurait pu appeler celà l'effet Jospin, sauf que Jospin n'étant pas noir, on a tout simplement parlé de démobilisation.

Bien entendu, en 1982 les sondeurs n'auraient pas hésité à reconnaitre que l'excès de sondage pouvait être contreproductif (ou que leurs sondages soient corrects, parce que les sondages US...) même si ce n'est pas bon pour leur business, hein ?

13.Posté par Funnymine le 01/11/2008 18:38
Rico il faut sortir de ta bulle puisque les chiffres existent (les sondage sur critères ethniques sont autorisés si la confidentialité des sondés et leur consentement est assuré) et ils nous révèlent que 56% de personnes se disant "noir" (selon une enquête TNS-Sofrès) affirment être victime de discriminations à l'embauche, dans la recherche d'un logement, etc... Des affabulateurs ? C'est sans compter le point de vue de certains experts en démographie (dont Patrick Simon, responsable de l’unité Migrations et minorités à l’Institut national d’études démographiques) qui estiment se chiffre sous-évalué par le fait que les victimes, acclimatés à cette situation, ne se rendent souvent pas compte qu'elle sont discréminés !

Et si tu veux une illustration de la situation française regarde l'assemblée national et le sénat... Mais le plus instructif étant sans doute la manière dont "les candidats de la diversité" aux municipals sont parachutés dans des circonscriptions imprenable même pour un visage pâle... Ceci du fait du conservatisme des partis politiques en France. D'ailleurs pourrait-on pas parler de parachutage raté au gouvernement avec les Rachida, Rama, et Fadela ? (même si c'est un premier pas)
Et je ne parle pas de ces PDG de "la diversité" (sic) qui ne courent pas les rues. Cependant les chiffres relatifs au nombre de sur diplomés noirs et magrébins issus des quartiers difficiles ayant bénéficiés des politiques volontaristes de certaines grandes écoles basé sur des critères sociaux (mesure auquelle croit Obama) restent encourageant si l'on s'en tient à l'évolution. Ces récentes initiatives ont été prise grâce à "lexemple américain". Ne reste plus qu'à créer des réseaux indispensable à l'ascenseur sociale et là si l'état ne prend pas ses responsabilités ce sont des lobbyes communautaristes qui s'en chargeront...

Cependant nous nous rejoignons sur un point : le facteur "confiance en soit" est déterminant et constitue une raison suplémentaire de créer des "modèles".

14.Posté par mkatre le 01/11/2008 21:25
Salut,

@ Jan: oui l' africain est fondamentalement noi de la même manière que l' européen est blanc, contrairement à l' américain; le nier relève du politiquement correct à la limite même de l' hypocrisie. D' ailleurs les maghrébins (qui sont donc les africains non noirs) ne se reconnaissent comme africains que quand ils ont besoin de soutiens politiques de la part du continent (l ' UA par exemple).

Je suis d' accord avec Rico mais en même temps je trouve que Funnymine a raison sur pas mal de points. En effet, je suis jeune noir vivant en France et heureusement je n' ai jamais été victime de racisme, ce qui ne veut pas dire que le racisme n' existe pas puisque quelques collègues noirs m' ont affirmé avoir été victime de ségrégation au niveau de l' emploi. Par contre, je peux affirmer qu' en France tout le monde a "presque" les mêmes chances au niveau de l'enseignement : l' admission aux universités et grandes-écoles francaises ne se font que sur des critères académiques (même si parait-il que certains établissements liés au politique comme l' ENA donneraient plus de chance aux jeunes issus de milieux aisés) ... le jeune noir (ambitieux et bosseur) a les mêmes chances d' accéder à l' Ecole Polytechnique ou l' ENS de Paris que le jeune blanc (ambitieux et bosseur aussi); mais il se trouve que la plupart des jeunes noirs en France ont été "formatés" des le bas age à l' idée qu' ils ne peuvent pas aller aussi loin que les enfants des blancs; mais malheureusement ce phénomène est presque taboue ... et des fois ceux qui ont le courage d' aborder le sujet (en imputant donc l' échec des noirs aux noirs) sont considérés comme des racistes par des gens qui sont là pour se faire un nom (crier tout le temps racisme racisme...) ou peut-être recevoir un jour le prix Nobel de la Paix. Encore une fois, il n' y a pas de comparaison possible entre la situation en Amérique et celle de la France; et outre le facteur historique de la chose, il faut aussi considérer le coté très combatif des afro-américains et ce SUR TOUS LES PLANS, contrairement aux noirs de France (dont une grande partie du combat consiste à se plaindre et à tout imputer au passé colonial).


15.Posté par ZapPow le 01/11/2008 21:52
Dans son premier commentaire, jan sous-entend que les Noirs votent Obama par racisme. C’est faux : les Noirs votent démocrate, quelle que soit la couleur du candidat. Bien entendu, qu’Obama soit ce qu’il est est peut-être un plus, mais ils auraient voté Hillary Clinton dans les mêmes proportions…

En 1984, Walter Mondale remporte 90 % des votes des Noirs. Dukakis en fait autant quatre ans plus tard. Bill Clinton obtient 83 % de leurs voix en 1992, 84 % en 1996. En 2000, Al Gore est plébiscité par 90 % des Noirs. En 2004, Kerry a eu 88 % des voix.

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