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Elections américaines : la messe est-elle dite ?

F-B. Huyghe le 10 Octobre 2008 à 18:43

Par François-Bernard Huyghe, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Un moment dopé par l'effet Palin ralliant l'aile droite du parti et exploitant les réflexes populistes, la campagne de McCain semble s'enliser lentement. Pas franchement mauvais dans les deux débats qu'il a mené contre son adversaire, le candidat républicain n'est pas non plus assez brillant pour espérer un retournement spectaculaire grâce à cet exercice.



Elections américaines : la messe est-elle dite ?
Il a peu de chances de réussir dans le dernier débat, prévu ce 15 octobre. Il n'a réussi jusqu’à présent ni à mettre en évidence l'inexpérience ou les contradictions d'Obama, ni à le faire apparaître comme un produit des médias, sorte de star narcissique, énervante et creuse, comme l’indiquait l'orientation générale de la campagne républicaine. Et comme il laisse les coups bas à sa colistière (telle une allusion à une très douteuse complaisance d'Obama pour les terroristes, basée sur une vague fréquentation d'un ancien gauchiste dit " weather man "), McCain se trouve un peu limité dans son jeu.

Au contraire, les sondages, même chez les électeurs peu politisés montrent qu'Obama non seulement "gagne" le débat - ce qui ne veut pas dire grand chose dans l’absolu- mais qu'il semble acquérir une crédibilité qui lui faisait défaut dans l'opinion. Si Obama le séduisant rassure de surcroît et si McCain semble manquer de l’autorité du « commander in chief », on voit mal ce qui pourrait le sauver.

La tendance est ainsi plus qu'inquiétante pour les républicains : l'important n'est pas tant que les sondages généraux donnent l'avantage aux démocrates en nette remontée mais bien qu'il soit en mesure d'emporter des Etats clefs. Floride, Caroline du Sud, Virginie, Ohio, Indiana, Missouri, Colorado, Nevada, Iowa et Nouveau-Mexique semblent a priori passer d'un camp dans l'autre. Cette avancée bien répartie donnerait à Obama un avantage irrattrapable en nombre de grands électeurs.

Il est vrai que McCain n'a pas la tâche facile. Dans ce pays où il y a un énorme taux d'abstention, la campagne s'oriente à ce stade surtout sur la conquête des indécis. Or comment expliquer à cet électorat :

- pourquoi le candidat républicain qui se félicitait il y a quelques jours de la solidité de l'économie américaine est obligé de souligner la gravité de la situation
- pourquoi il est contraint d'approuver, comme son adversaire, des mesures interventionnistes dignes du New Deal, quitte d'ailleurs à décevoir l'aile la plus libérale du parti républicain
- comment il va distinguer ses propositions du bilan catastrophique de l'équipe Bush en matière d'économie et ne pas apparaître comme Bush III
- qu’il peut être autant que son adversaire qui le répète à satiété le candidat des classes moyennes
- et surtout, comment il va faire la différence avec son adversaire dont il devient quand même difficile de dénoncer l'incompétence et la superficialité en économie, après avoir mené une politique patriotique d’union nationale avec lui.

Et pour ceux qui trouvent les raisonnements précédents trop compliqués, il y a un argument qui fait mouche : les années Clinton étaient les années du "enrichissez-vous"! À tort ou à raison l'opinion a tendance à créditer les démocrates de plus d'efficacité en matière d'économie. Rappelons-nous que c'est l'argument " It's the economy, stupid " (« c'est l'économie, crétin ») qui expliquait l'échec de Bush père : l'homme qui avait gagné la première guerre du Golfe et qui croyait surfer sur la vague idéologique reaganienne se croyait hors de portée de ce petit jeune de babyboomer inexpérimenté presque gauchisant, un certain Clinton. Or, ce qui est valable pour Bush N°1, qui partait en principe vainqueur, devrait être encore plus juste pour McCain, qui commençait il y a quelques mois en position défavorable.

Qu'est-ce qui pourrait renverser la tendance ? L'agressivité des attaques des républicains ? Un coup bas médiatique ? Une crise internationale qui rallierait les électeurs au parti de la sécurité, les républicains ? Tout ceci a été tenté et a échoué. La "com" ? Même s'il est un battant, McCain n'est pas un Reagan qui avait effectivement commencé à devancer Carter après un brillante prestation télévisée.

Ajoutons un dernier élément qui joue en faveur d'Obama : l'argent. Là encore, c'est une première. Si jusque-là les républicains étaient les champions de la collecte (sur une tendance de fond au renchérissement astronomique des campagnes électorales, notamment en raison du nombre et de la cherté des spots télévisés). Cette fois, les démocrates les ont battus et auprès des contributeurs traditionnels et sur Internet où se trouvent souvent les petits dons. Ainsi, Obama peut faire pour 20 millions de dollars de spots télévisés dans la première semaine d'octobre, écrasant son concurrent, qui, pauvre miséreux, ne peut s'offrir que pour sept millions de dollars de publicité.

La messe est-elle dite ? Les élections américaines sont riches en surprise et nul ne sait quel peut être le réflexe de dernière minute des indécis. Mais le moins que l’on puisse dire est que McCain doit prier très fort pour un miracle.

Retrouvez l'IRIS sur son site Internet : www.iris-france.org
Article reproduit dans le cadre du partenariat entre l'IRIS et Ilovepolitics.info - Tous droits réservés




1.Posté par titou le 10/10/2008 20:06
Je me permets de me poser en faux sur cet article, car il y a un doute à émettre concernant les hypothèses qui sous-tendent votre analyse. En effet, toute cette analyse repose sur la popularité apparente d'Obama dans les sondages. Or, les analystes américains viennent d'émettre de sérieuses réserves sur leur mode de calcul.
En effet, Obama est un candidat noir. Ce qui pose un problème d'interprétation statistique connu aux USA sous le terme d'effet Bradley. Quel est ce problème? Simplement qu'un nombre - que les analystes ne parviennent pas à évaluer - de sondés affirment vouloir voter pour Obama de peur de passer pour des racistes face aux sondeurs. Bref, c'est le problème classique de la peur du jugement du sondé face au sondeur (très connu en France si on prend le clivage droite/gauche, les électeurs de gauche étant nettement plus enclin à affirmer leur position que ceux de droite). Le risque est fort que certains sondés ne votent en réalité pas pour Barack Obama mais pour McCain.
Et cette incertitude forte n'est pas intégrée dans les modèles des sondeurs américains (et pour cause vu que c'est une première historique).
Toutefois les instituts de sondage essaient de compenser cette incertitude par des comparables avec les élections locales bien que la comparaison soit limitée (la pression est plus grande sur le sondé lors d'élections présidentielles que municipales). Or les chiffres connus sont assez inquiétants. En effet si on reprend les données de la fin des années 80, l'écart entre les sondages et les élections pour un candidat noir tournaient aux alentours des 10%...écart qui s'il se retrouvait dans un mois expédierait Barack Obama dans les choux...
De plus cette erreur d'interprétation des sondages peut avoir un second effet particulièrement simple à comprendre pour des Français qui ont connu un 21 avril assez douloureux il y a quelques années...Si les sondages continuent de laisser penser que "la messe est dite" cela pourrait avoir un effet majeur sur le taux de participation dans un pays où l'abstention atteint des sommets. La question alors est qui s'abstiendra le plus des démocrates et des républicains sur la seule croyance que les jeux sont joués en faveur d'Obama? Personnellement mon cœur balance entre deux hypothèses mais qui ne concerne que le candidat démocrate. En effet, d'un côté Obama a réussi l'exploit de créer un lien affectif fort avec une partie de son électorat dont on est sûr et certain qu'elle ira voter. Mais de l'autre je m'interroge plus sur une large frange de l'électorat hispanique qui est plutôt pro-Obama mais sans que ce lien affectif fort ne se soit créer. Ne risque-t-il pas la démobilisation? C'est un point important étant donné son importance dans un grand nombre de swings states...et dans une élection indirecte les sondages locaux sont nettement plus importants que la mobilisation à l'échelon national.
Bref, pour moi la messe n'est clairement pas dite et le fait que de plus en plus de monde, surtout aux USA, le pense pourrait justement donner le résultat strictement inverse aux prévisions!
La vérité des sondages et la vérité des urnes peut être très différente.
Sinon, mis à part cette critique sur les hypothèses, l'analyse est bonne :-)
PS: un dernier point. Weather Man n'est pas que le nom d'un bonhomme, mais celui d'un groupe terroriste anarchiste de la fin des années 60, mouvement apparu dans la bourgeoisie universitaire blanche et largement rejeté à l'époque par des mouvements des droits civiques comme les Black Panthers. La phrase de Sarah Palin peut donc être lue selon non pas une, mais deux interprétations. Celle qu'on a lu partout "Obama est un terroriste", mais aussi "Obama est plus proche des révolutionnaires blancs que de ceux qui ont vraiment défendu les noirs". Bon après reste à savoir si quand elle l'a prononcé elle pensait à ce possible coup double ou pas...

2.Posté par Funnymine le 10/10/2008 21:50
@ Titou

Vous auriez tord de penser que la campagne Obama ignaure ce problème de "l'effet Bradley". David Plouffe qui s'y connait un peu en mobilisation (euphémisme) a axé les 3/4 de la stratégie de campagne sur l'incitation au vote sur le terrain. Cette équipe a saisi plus qu'aucune autre campagne la différence entre votes spéculés et votes réels (pour faire un parallèle avec la crise actuelle).

3.Posté par AMEURAF le 10/10/2008 23:01
@ titou,

Vos obseravtions sont exactes, car, en effet, depuis ces derniers jours, l'on évoque "l' effet Bradley";

Cependant et vous l'avez relevé, à part cet aspect irrationnel de l'effet Bradley, les hypothèses et les arguments présentés s'ils concernaient un Américain de race blanche, le sénateur de l'Illinois OBAMA passerait comme lettre à la poste à la Maison Blanche.

L'histoire de "l'effet Bradley" a ce de déprimant est que finalement l'on ne pourrait constater que le monde tournerait en rond.

Je suis de ceux qui n'attendons pas d'un Président Noir pour le voir là comme Président Noir, mais uniquement pour, peut-être, casser tant soi peu, le corset de préjugés qui empestent certains rapports entre les humains, voire entre les citoyens d'un même pays qui meurent ensemble en temps de guerre sur les mêmes champs de bataille, pou(r défendre leur pays, simplement pour une histoire de la diférence des couleurs de la peau.

Toute l'intelligence et toutes les qualités que peut poséder l'individu butent sur un mur d'incompréhension...d'origina raciale et souvent raciste !

Il m'arrive à l'idée d'imaginer que s'il avait été question d'élire au suffrage universel direct Collins POWEL comme Chef des Armées Américaines ou Condoleaza RICE comme Ministre des Afaires Etrangères, ils ne seraient sans doute pas passés tous les deux.

A l'opposé l'on peut imaginer également que, si l'élection, après les primaires des deux camps devait se dérouler au Congrès, OBAMA aurait, peut-être été, avec les chances de l'emporter, mis à l'abri des attaques un tantinet "racistes" d'une camapgne qui dure presque deux ans.

Reconaissons qu'il est corriace, OBAMA, face aux attaques, allusions, caricatures qui dépassent le cadre normal des joutes électorales pour écorner la nature de sa personne.

Il arrive que l'élite peut débloquer des situations de carcan ancré dans les esprits.
Chez nous en France, la volonté de parité Hommes-femmes est une décision des élites et qui n'ont pas manqué d'imaginer des formules pour y parvenir au lieu d'attendre que l'électeur arrive de lui-même à élire autant de femmes que d'hommes dans une élection donné (législative, cantonales, régionales..etc).
C'est la seule volonté d'un SARKOZY qui a permis la promotion de Rachida DATI, AMARA et RAMA YADE.

Et, peut-être, quand les Français auront remarqué que ce n'était pas aussi dramatique que des femmes et des filles issues de l'immigration exercent de hautes fonctions de la République, les préjugés tomberont petit-à-petit !

On pourrait raisonner autant au sujet d'un éventuil Président Noir aux Etats-Unis qui serait OBAMA.
Mais ici, il faudrait que le Blanc acquis aux idées simplistes que développent sciemment PALIN et MAC CAIN le veuille bien, car comment élire un Président Noir avec les seuls votes des Noirs qui ne forment qu'à peine les 12 % de la population des Etats-UNis d'Amérique ?

4.Posté par titou le 10/10/2008 23:59
@Funnymine:

Je vous remercie de m'apporter cette information. Je me demandais en effet quelle intégration avait été faîte de cette problématique par les deux équipes de campagne qui je l'espère pour eux a été intégrée bien avant cette alerte. Si vous pouvez m'en dire plus sur la manière qu'ils envisagent pour y faire face, j'en serais ravi :-)

Mais je vous rassure je n'ai en aucun supposer que l'équipe d'Obama n'ai oublié de prendre en compte cette hypothèse (pas plus que celle de McCain je pense). Je ne spéculais d'ailleurs pas sur les stratégies des équipes de campagne, mais bien davantage sur l'analyse du jour (ou plus exactement l'une des analyses du jour tant ce blog ne cesse de publier d'articles chaque jour).

Et je m'interrogeais davantage sur la perception des observateurs sur les sondages annoncés depuis le début de cette campagne (j'intègre à cette période la pré-campagne au sein des partis évidemment). Car je suis assez surpris depuis plusieurs mois du peu de distance prise avec les sondages. En fait j'avais déjà pensé à ce biais statistique il y a quelques mois. Mais ne parvenant quasiment pas à obtenir de projections par état dans une élection pourtant indirecte avec la terrible du règle du winner-take-all que j'ai franchement fini par laisser tomber la recherche d'information sur ce sujet (et pour être tout à fait honnête j'ai même abandonné l'espoir de trouver d'intéressantes et régulières projections par état^^).

Bref, mon point n'était certainement pas d'analyser la stratégie de l'un ou l'autre camp face à l'effet Bradley, mais l'actualité ayant remise la question de la confiance dans les sondages sur la table il m'a paru opportun de relayer les précautions à prendre dans l'analyse des sondages actuels qui pourraient amplement déformer la vision de la situation actuelle...ou pas (vu que justement personne n'est réellement en mesure d'évaluer l'impact de cet effet dans la présente et inédite situation).

Par ailleurs une autre interrogation m'est venue à l'esprit après avoir posté le précédent commentaire, question à laquelle je ne suis pas parvenu à trouver de réponse malgré mes recherches dans les articles du jour sur le sujet: qui est responsable de cette alerte? car cela peut avoir un effet majeur sur l'analyse. Trois hypothèses: 1°) c'est le camp McCain qui a souhaité faire ce rappel pour remobiliser ses troupes sur l'idée de "ne vous laissez pas avoir par les sondages, tout est possible, gardez la foi". 2°) C'est le camp Obama justement pour éviter la désertion que j'évoquais dans mon 1er commentaire. Auquel cas je devrais reconnaître les qualités que vous prêtez à David Plouffe qui aurait été brillant en conjurant au moins en parti le phénomène en l'évoquant. 3°) Les instituts de sondage qui opère comme l'ont fait leurs homologues français en 2002 pour se prémunir d'un "choc" pour les électeurs qui ne comprendraient pas l'écart entre votes spéculés et votes réels (cela dit l'effet en 2002 n'a pas été énorme et les USA n'ayant pas encore connu de tel choc ne devraient pas y prêter plus d'attention que les français en 2002). Si c'est cette dernière hypothèse - qui est la plus probable mais nécessite d'être confirmée - il faudra à David Plouffe plus que de grandes compétences en matière de mobilisation. Il lui faudra du nez pour "évaluer" correctement l'effort à fournir pour éviter ce phénomène sans qu'aucune stat fiable ne puisse l'y aider!!!

Voilà l'ensemble de mes interrogations, si vous avez des réponses à leur fournir, j'en serais ravi.

5.Posté par Renaud le 11/10/2008 01:26
Il faut systématiquement remonter aux années 80 pour avoir des sondages qui se plantent pour la question raciale.
Lors des primaires, il n'y a eu aucun écart attribuable à cette question.
Est-ce parce qu'il y a autant de macho honteux que de racistes honteux? Même pas sûr : au début il n'y avait pas que Obama et Clinton en lice, et les autres hommes blancs ont bel et bien été laminés comme prévu avec la marge prévue.
De plus on peut aussi imaginer un jeunisme honteux qui handicaperait sournoisement McCain.
Donc l'effet Bradley me semble devoir rester dans les annales sombres de l'histoire américaine.
Je ne sais pas si la messe est dite, mais je crois beaucoup plus à un fait politique majeur soudain qu'à un effet Bradley pour espérer relancer la campagne de McCain.

6.Posté par Huyghe le 11/10/2008 09:12
Bonjour, il se trouve que je suis l'auteur de l'article en question et il me semble que l'excellent commentaire de Titou mérite lu-même commentaire.
Beaucoup de vos objections sont très valables ; mais vous remarquerez que j'emploie un point d'interrogation et que contrairement à mes articles précédents sur http://www.huyghe.fr, je tiens désormais la victoire d'Obama pour très vraisemblable, pas pour certaines.
Sur le fond, je suis aussi sceptique que vous sur les sondages (voir : sondages, élit-on le plus populaire ? http://www.huyghe.fr/actu_245.htm). Et d'ailleurs, il y a des cas célèbres d'erreurs des sondeurs dans les présidentielles US
Simplement :
- les sondages par État montre une progression récente d'Obama, y compris dans des bastions républicains : or s'ils se trompent sur les chiffres, ils sont généralement meilleurs indicateurs des directions que prend l'opinion
- la crise économique est quand même un facteur explicatif convaincant d'une telle évolution
- l'effet Bradley, qui aurait comme équivalent chez nous l'effet le Pen (les sondeurs hésitant à avouer qu'ils votent pour un pari réputé fascisant) pourrait jouer contre Mc Cain ? C'est envisageable, mais dans ce cas, pourquoi cette montée puis cette rechute (toute relative) de MC Cain ?
- il me semble qu'Obama a rattrapé une partie de son handicap qui était d'être séduisant et convaincant, mais pas rassurant. Dans la situation d'affolement qui prévaut aux USA, le réflexe poussant à la dernière minute à ne pas risquer l'aventure avec un candidat qui n'est pas "main stream", qui n'a pas le profil traditionnel du chef, ce réflexe pourrait perdre de ses raisons d'être.
- on parle beaucoup d'un "réflexe racial" de dernière minute qui pourrait jouer, et pas seulement chez les Wasp. Pour ma part, j'ignore ce que c'est que cet animal.
- et bien entendu, comme toujours aux USA, la vraie question est celle de la mobilisation de dernière minute des indécis

Bref : vous pourriez avoir raison (l'argument de l'effet d'annonce n'est pas négligeable), je campe néanmoins sur me positions plutôt devant l'accumulation des indices que par conviction profonde. J'espère que nous aurons l'occasion d'en rediscuter.

7.Posté par titou le 11/10/2008 11:35
@Ameuraf: je suis moins idéaliste que vous concernant l'importance des élites dans la lutte contre les préjugés raciaux. Mais c'est un autre débat qui mériterait d'être tenu dans un autre cadre.

@Renaud: Les effets de "jeunisme honteux" joueront aussi probablement - lol. Mais je pense que son influence sera moindre. Cela dit je ne suis pas sûr qu'il soit possible d'enterrer l'effet Bradley ainsi. Sa découverte a eu lieu en 1989, il y a moins de 20 ans au niveau des municipales. S'il semble avoir disparu dans bon nombre d'états américains, il n'en reste pas moins qu'il s'agit à présent des présidentielles et que la pression sur l'électeur est toute autre. D'où la difficulté de faire des prévisions exactes.

@Huyghe: Je vous rassure je ne mettais absolument pas en cause la lecture que vous avez faîte et que je partage de l'évolution de la tendance de chacun des résultats. Et je partage aussi votre analyse des causes qui inversent les tendances.
Comme je le disais ma critique portait sur les hypothèses de base. Car dans la situation actuelle on a la certitude de la progression d'Obama. Mais la question est : cette progression part-elle d'un score réel de 40% ou de 50% et donc a-t-elle conduit à un 44% que nous ignorerions ou au 54% aujourd'hui en vigueur (si je puis me permettre cette expression)?
Bref, je ne remets aucunement en cause l'accumulation d'indices que vous évoquiez mais je demeurerais plus prudent que vous, bien que j'aime bien le qualificatif de vraisemblable que vous employez.

8.Posté par Funnymine le 12/10/2008 23:37
La stratégie de Plouffe ne concerne pas uniquement "le terrain" mais également le bombardement publicitaire aussi bien radio que tv enclenché depuis peu. L'exemple le plus criant est cet achat de 30 minutes d'espace d'antenne en prime time du candidat démocrate pour un spot qui sera diffusé le 29 octobre soit 6 jour avant l'élection.

La bataille sur le front n'est pas en reste puisqu'un effort sans précédent a aussi été réalisé en cette fin de campagne pour 1) maintenir deux fois plus de permanences sur le terrain et 2) doubler le nombre d'inscrits démocrates de plus que le camp adverse sur les listes, par rapport à 2004. N'oublions pas que Bush a remporté la course face à Kerry avec 381 000 voix...

Le rapport avec l'effet Bradley ? Tout simplement maintenir la pression sur les jeunes et les minorités, principaux rempart (selon moi) contre ce "reflexe racial" qui finalement, à l'heure actuelle, ne pourrait concerner qu'un électorat blanc et (très) âgé. Obama est en mesure de faire jeu égale ou presque avec McCain sur cette tranche du fait d'une crise où ces derniers (les retraités ayant épargné une vie entière) sont les premiers à morfler. Les sondages en Floride sont peut-être le reflet de cette tendance.

9.Posté par Funnymine le 13/10/2008 15:13
@ Titou

Toujours sur cet effet Bradley, je vous renvoie à l'excellent article du blog de Bernard Hamburger Harcourt évoque études à l'appuie un "reverse Bradley effect". Voici un extrait :

"Daniel Hopkins, post-doc à Harvard, a fait part d'une nouvelle étude qui semble indiquer que l’effet Bradley se dissipe depuis 1996.
Hopkins a étudié 133 élections de 1989 à 2006. Il a constaté un effet Bradley d’en moyenne 3% pour les candidats African-Americans de 1989 à 1996. Par contre, après 1996, l’effet disparaît et est remplacé par un « reverse Bradley Effect » de 3%. En d’autre mots, depuis 1996, les candidats African-Americans ont excédé leurs sondages de 3%.
L'explication qu’il propose est la suivante: avant 1996, les contestations politiques étaient plus « racialisées ». Les grandes questions sociales et politiques se centraient sur les clivages ethniques, par exemple le crime ou le « welfare ». Ces grandes questions sont moins à la surface, et donc les élections sont moins axées sur ces sujets."

10.Posté par rico le 13/10/2008 23:36
1ere quinzaine d'Octobre 2008.

Un noir pourrait être élu président des USA. On parle d'ère post-racisme, et pourtant...
On prie pour que dans cette élection, les blancs ne votent pas pour le candidat blanc au détriment du candidat noir, tout en espérant que les noirs, eux, feront le contraire et voteront en masse ainsi.
Tout celà est tellement logique.

11.Posté par ZapPow le 14/10/2008 14:09
@ 10) Très mauvaise analyse : les Noirs votent démocrate, traditionnellement, que le démocrate soit Blanc ou non. Personne ne prie donc pour qu'ils votent Obama, ils le feront, comme ils auraient voté Clinton si elle avait été candidate.

Pour les Blancs, la question se pose. On sait que certains d'entre eux refusent totalement qu'un Noir soit à la Maison Blanche (il y a déjà des déclarations incendiaires à propos de Maison Noire). On sait que les ex-supporters de Clinton qui votent McCain ne le font pas pour son programme politique, ils le font parce qu'ils ne veulent pas d'Obama à la Maison Blanche. Ils ne sont pas nécessairement racistes, mais on peut se poser la question…

12.Posté par Funnymine le 14/10/2008 21:19
Ce qui est marrant, c'est que les même qui fustigeaient avant les primaires les noirs pour avoir des réticences à voter pour un "pas vraiment afro-américain" (comprenez non descendant d'esclave et qui plus est "métis"), sont ceux qui aujourd'hui critiquent le même électorat pour son vote massif en faveur du "candidat noir" (vous remarquerez le passage de "métis" à "noir"). Alors qu'ils ne font que votez comme il l'ont toujours fait pour le candidat démocrate depuis Kennedy à cette différence près que ce candidat là est un peu plus "excitant" que les autres (et ce que l'on soit noir, blanc, jaune, ou vert...)

13.Posté par ZapPow le 15/10/2008 13:05
@ 12) "Alors qu'ils ne font que votez comme il l'ont toujours fait pour le candidat démocrate depuis Kennedy"

Exactement. C'est d'ailleurs pourquoi à chaque élection les Républicains font des pieds et des mains pour en rayer un maximum des listes électorales. C'est l'essence même du faux scandale ACORN.

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