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Duel Obama-Clinton : une polémique «monstre»

Marjorie Paillon le 8 Mars 2008 à 18:00

En comparant Hillary Clinton à un "monstre" dans les colonnes du Scotsman, Samantha Power ne pensait pas provoquer un tel cataclysme au sein de l'équipe de Barack Obama. L'universitaire de Harvard et Prix Pulizer est aujourd'hui plus connue pour sa gaffe écossaise que pour les conseils en politique étrangère qu'elle prodiguait à Barack Obama depuis 14 mois.



"She is a monster too – that is off the record – she is stooping to anything." Voilà une phrase qui a fait le tour de la planète en moins de 80 heures. Aussitôt publiée sur le site du journal écossais The Scotsman, l'interview de Samantha Power a été reprise en une de la version papier du New York Daily News. Le "Monster Bash" était en marche. La conseillère en politique étrangère a été obligée de s'excuser dans un premier temps, avant d'être purement et simplement débarqué par son camp.

Etre "off" ou "on", telle est désormais la question pour les conseillers des candidats interrogés dans la presse. Samantha Power donnait une interview au Scotsman pour son nouveau livre, "Chasing the Flame: Sergio Vieira de Mello and the Fight to Save the World". Elle pensait donc faire un aparté sur la campagne de Barack Obama. Les explications en images de Gerri Peev, la reporter du Scotsman à l'origine des confidences malheureuses de Samanta Power :

La campagne d'Hillary Clinton a sauté sur l'occasion pour reprendre l'affaire "monster" à son avantage. Le blog de la candidate propose une vidéo rappelant une ancienne gaffe de Samantha Power. La jeune universitaire avait en effet mis en doute le calendrier de retrait des troupes américaines en Irak, tel que Barack Obama le présente dans son programme. C'était aussi au cours d'une interview, donnée à la BBC cette fois-ci.

Pourtant, la nouvelle phrase de Samantha Power apparaît comme un prêté pour un rendu. Howard Wolfson, le directeur de communication d'Hillary Clinton a comparé plus tôt dans la semaine Barack Obama à Kenneth Starr.
"I for one do not believe that imitating Kenneth Starr is the way to win a Democratic primary election for president, but perhaps that theory will be tested."
Or, la figure de Kenneth Starr, le procurreur qui a tenté de faire tomber Bill Clinton dans l'affaire du Monicagate, est une injure suprême dans le camp démocrate.

Il y a quelques semaines, Hillary Clinton avait du tout de même mettre sur la touche un autre conseiller en communication, Billy Shaheen, avant le caucus d'Iowa. Le communicant avait cru bon de rappeler que Barack Obama avait pris de la cocaïne dans sa jeunesse. Une affaire de poudre qui avait fait tousser les candidats.

Les apartés malheureux de leurs conseillers commencent à lasser Hillary Clinton et Barack Obama. La campagne se prolongeant et les medias étant de plus en plus clients de ces petites phrases croustillantes, la valse des staffs de campagne pourrait bien se continuer.




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1.Posté par Merz le 08/03/2008 22:53
Resituons les paroles de Mme Power dans leur contexte. Le gouvernement américain, c'est à dire les Clinton à l'époque, a attendu 2 mois avant de qualifier de génocide les évènements du Ruanda, laissant le champ libre aux génocidaires. Samantha Power fait aussi état d'une conversation téléphonique d'un représentant US qualifiant de pas assez sévère le nombre de morts et fixant une barrière en dessous laquelle ils n'interviendraient pas (d'ailleurs ils ne sont pas intervenus).
Quand on voit les accusations portées sur la France dans cette histoire, je ne vois pas où est le scandale. Est ce Mme Power qui a tord ou est-ce un sujet que les américains ne veulent pas entendre ?

2.Posté par Zazou le 08/03/2008 23:06
Autre fait marquant, encore -hélas- à décharge de Ms Clinton : en déclarant que seuls elle et John Mc Cain avaient l'étoffe d'être commandant en chef (un truc d'américain), elle est accusé de manquer de loyauté envers la parti par des ténors du parti démocrate. Cf. le papier de Gart Hart :

http://www.huffingtonpost.com/gary-hart/breaking-the-final-rule_b_90420.html

Elle était au abois et devait remonter, alors elle attaque sous la ceinture. Je pense qu'elle gagnera ces primaires. Sa probité y perdra ce que son irascibilité y gagne.

3.Posté par hadya le 08/03/2008 23:37
Elle a bien fait de démissionner car ça allait à l'econtre du discours positif de Barack
Toutefois je ne peux m'empecher d'avoir de la peine pour cette femme; elle est apparemment brillante et on ne va se souvenir que de ses gaffes (mais pour l'Irak elle n'a pas été fut-fut)

Je trouve dégueulasse l'attitude du journaliste qui a abusé de sa confiance et qui a publié ce propos en gros en couv' , à l'heure qu'il est il doit etre fier de lui......

4.Posté par Yvon Thivierge le 09/03/2008 05:56
Elle est évidemment la victime de l'hypocrite relation entre les mass-médias et les autorités en place révélée par l'inénarrable commentateur de télé Carlson Tucker qui a rabroué la journaliste écossaise pour avoir publié les propos "off the cuff" de la stratège d'Obama en lui explicant qu'aux États-Unis la presse ne doit pas nuire aux tout-puissants de peur qu'ils ne veuillent plus leur faire de confidences, vraies et mensongères.

5.Posté par Funnymine le 09/03/2008 20:21
Elle ne s'appelle pas Samantha Power mais Samantha Oups !



(applause)

6.Posté par Jabril le 10/03/2008 06:04
Billy Shaheen n'a-t-il pas été viré parce qu'il avait été pris en état d'ébriété au volant le soir du caucus de l'Iowa ?
A moins que ce ne soit un autre, j'ai un trou de mémoire.

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