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Politics 2.0

De la classe ouvrière à Google

Marjorie Paillon le 15 Décembre 2007 à 19:10

Le géant américain de l’Internet s’occupe désormais directement de politique, et auditionne les candidats. Le nouveau salariat des industries high tech a désormais plus d’influence politique que celui des anciennes industries.



Photo : Alain Bachelier, licence CC
Photo : Alain Bachelier, licence CC
Pour quiconque s’intéresse à la campagne présidentielle américaine, il est difficile de contourner Google. Outre l’utilisation traditionnelle du moteur de recherche et de l’agrégateur d’informations pour trouver des informations sur la campagne et les candidats, il est en effet bien pratique de consulter les vidéos officielles des candidats sur leur compte Youtube et sur l’espace dédié Youchoose. Youtube, vous vous en souvenez certainement, est désormais la propriété de Google. A la différence de la France, où les candidats utilisaient Dailymotion de manière très différenciée (de l’élève appliquée comme Ségolène Royal, au contournement pur et simple comme Jean-Marie Le Pen), les candidats américains « jouent le jeu » (voir les deux onglet « vidéos » de l’univers Netvibes d’Ilovepolitics. Non content d’être un canal quasi obligé de la campagne présidentielle américaine, Google a également innové en créant en avril 2007 son blog, le Google Public Policy Blog consacré aux « Google views on government, policy and politics », qui affiche clairement ses intentions lobbyistes. Aboutissement logique : les candidats à l’élection présidentielle américaine sont conviés à venir s’exprimer devant les salariés de Google dans son temple, le Googleplex. S’y sont déjà exprimés pour le moment : Clinton, Obama, Edwards, Mc Cain, Gravel, Paul, Richardson et Dodd, et les autres candidats s’y rendront très certainement dans les prochaines semaines.

Tout cela est sans doute naturel dans une démocratie organisée par les groupes de pression comme le sont les Etats-Unis. Mais cela témoigne aussi de la capacité des sociétés high tech et de leur salariat d’occuper sur l’échiquier politique le rôle aupravant tenu par les industries telles que l’automobile, marqué par une forte conflictualité sociale et le rôle important du syndicalisme. Dans le cas de sociétés multinationales comme Google, il est bien évident que les intérêts en jeu sont ceux des catégories qui bénéficient le plus de la mondialisation. John Edwards, qui a choisi le thème des deux Amériques pour sa campagne, est malgré tout passé au Googleplex. Je ne suis pas certain que ce passage « obligé » soit cohérent avec sa ligne politique : insiders et outsiders du capitalisme mondialisé n’ont pas les mêmes intérêts.





1.Posté par David le 17/12/2007 10:57
Comme le monde évolue.
Pour les précédentes élections, il était tres important d'avoir l'apuis de puissants syndicats comme l'AWU. Aujourd'hui, le top du top est d'être soutenu par une boite qui n'a pas encore 10 ans ! Une trajectoire possible uniquement dans ce pays sans doute.

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