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Caroline du Sud: Gingrich confisque la victoire annoncée de Romney et relance le suspense

le 22 Janvier 2012 à 06:38

Ce ne devait être qu'une formalité pour Mitt Romney. La Caroline du Sud se transforme en Bérézina pour le favori républicain. Newt Gingrich rebat les cartes de ces primaires en raflant 40% des voix du Palmetto State. L'ex-gouverneur du Massachusetts échoue à la seconde place avec 27% des voix. Rick Santorum empoche la troisième marche du podium à 17% et Ron Paul arrive en queue de peloton à 13%. La saison des primaires promet finalement d'être longue.



Un nouveau Newt ?
S'il est le dernier à prendre la parole, Newt Gingrich savoure sa victoire. L'ancien patron de la Chambre des représentants a réussi son pari : prendre à revers la nomination annoncée de Mitt Romney et tenter de réunir les voix jusqu'alors éparpillées de la base conservatrice.
Tel le phoenix de ces bois sudistes, Gingrich renait de ses cendres après une semaine assurant un tournant dans ces primaires 2012. Il a réussi à contrer la polémique qui s'annonçait sur sa conception un peu trop "ouverte" du mariage - après que sa seconde épouse se soit confiée sur ABC - en en faisant un combat contre l'intrusion des médias dans sa vie privée. Une guerre ouverte contre les "élites médiatiques" qui fait visiblement foi auprès des électeurs de Caroline du Sud.
Ensuite, il a recueilli les soutiens de Rick Perry et Sarah Palin, deux personnalités toujours très appréciées au sein du Tea Party et capitalise sur les voix des évangéliques venus voter en masse.

L'économie restait la préoccupation majeure des électeurs du Palmetto State, mais pas seulement. Une large majorité d'entre eux disent avoir fait leur choix en fonction de la personnalité la plus à même de "battre Barack Obama", et avouent avoir été influencés dans leur vote par les débats télévisées qui se sont tenus cette semaine sur Fox News et CNN. De bons points pour Newt Gingrich qui est apparu au cours de ces émissions comme le candidat le plus prompt à répondre aux interrogations des électeurs, face à un Mitt Romney éludant ces mêmes questions.

Mais le candidat à abattre pour Gingrich ne semble plus être Romney. A l'instar de ce dernier lors des primaires du New Hampshire, l'ancien Speaker of the House se donne des airs de nominé dans son discours de victoire. Il attaque Barack Obama sur son bilan en matière d'économie et d'énergie, et lui promet des débats plus que houleux : "il peut apporter son prompteur, il en aura besoin pour défendre "son" Obamacare. (...) Obama ne peut pas être réélu après ce désastre. Imaginez à quel point il pourrait être radical lors d'un second mandat."

Des accents washingtoniens pour celui que les électeurs américains connaissent surtout pour ses passes d'armes avec Bill Clinton entre le Congrès et la Maison Blanche dans les années 90. L'insider de Capitol Hill devra prendre garde à opérer un glissement sémantique et médiatique pour passer des habits de l'homme du sérail à celui de candidat du changement.

En attendant, Gingrich se réjouit sur Twitter: "Merci à la Caroline du Sud! Aidez-moi à délivrer le coup final en Floride."

Romney condamné à rebondir en Floride
La Floride, c'est bien l'Etat de la remise en question pour Mitt Romney. Le candidat a 10 jours pour repositionner sa campagne et compte bien utiliser chaque minute pour reprendre sa casaque de favori. Dès l'annonce des résultats en Caroline du Sud, il relativise : ce n'est que le troisième scrutin d'une saison de primaires qui promet d'être -très - longue.
Pourtant, son équipe devra tirer les conclusions de ce rendez-vous râté avec les électeurs du Palmetto State. Comme le souligne Jim Messina, le directeur de campagne de Barack Obama, sur Twitter: "Romney devançait Newt de 25% il y a une semaine. Il faut vraiment aimer la politique..."

Il faut aussi aimer ses supporters. L'ex homme d'affaires perd du terrain chez les indépendants et voit ses intentions de vote diminuer auprès des électeurs tous niveaux de revenus confondus. Il arrive tout juste à conserver son avance chez les contribuables gagnant plus de 200 000 dollars par an. Une image de candidat des "riches" qui ne devrait pas aider à désamorcer la polémique sur la publication tardive de ses déclarations d'impôts et sa fortune personnelle rapatriée aux îles Caïmans.

Un pactole dans lequel Mitt Romney va pouvoir piocher pour financer la suite de la course en Floride. Son Political Action Committee a déjà dépensé 3,6 millions de dollars en achat d'espace publicitaire dans les stations du Sunshine State.

Santorum, le déçu de l'étape
Rick Satorum gagnait à retardement le caucus de l'Iowa cette semaine, après un minutieux recompte des voix. L'ancien sénateur de Pennsylvanie pensait pouvoir transformer l'essai ultra-conservateur en Caroline du Sud. Mais sa candidature ne rassemble que 17% des voix. Il se console tout de même en étant fier d'avoir brisé à sa manière l'élan de Mitt Romney. "Nous irons en Floride" affirme-t-il à ses supporters, comme pour les consoler. Il est cependant peu probable qu'il puisse opérer une percée dans cet Etat, de part sa typologie électorale et les sommes qu'il faut pouvoir y dépenser pour rester en course.

Ron Paul sur sa lancée
Ron Paul continue à amasser des voix auprès des jeunes. Bien qu'il arrive en dernière position de ce 3ème scrutin, il booste son score de 2008 de 10 points en Caroline du Sud. Le libertarien est le seul des quatre candidats a avoir publiquement pris position cette semaine contre les projets de loi SOPA - Stop On Line Priracy Act - et PIPA - Protect IP Act - visant le téléchargement illégal.

Si Romney a perdu deux batailles en moins d'une semaine, il n'a pas pour autant perdu la guerre. Il enregistre 31 délégués au compteur, contre 26 pour Gingrich, 10 pour Ron Paul et 8 pour Santorum. Mais les cartes de la bataille républicaine sont désormais rebattues. Les compétiteurs devront affûter leurs arguments pour tenir jusqu'au Super Tuesday du 6 mars prochain.



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