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Barack Obama et l’influence américaine dans le monde

Barthélémy Courmont le 14 Mai 2008 à 17:17

Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'IRIS, en partenariat avec Contre-feux.com. Le 8 mai, Barack Obama a livré une intervention télévisée d'importance sur CNN, sans doute la plus importante depuis sa candidature. Il a exposé très clairement ses ambitions en matière de politique étrangère : restaurer l’image de Washington dans le monde, renouer avec le leadership, et redéfinir les priorités de l’engagement extérieur américain.



Au lendemain de sa large victoire en Caroline du Nord et de sa courte défaite en Indiana, qui le rapprochent un peu plus de l’investiture démocrate, Barack Obama a livré une intervention télévisée importante sur CNN. Sans doute la plus importante depuis sa candidature début 2007 pour les observateurs étrangers, tant elle lui offrit l’opportunité de présenter ses ambitions en matière de politique extérieure. Au programme du très probable futur candidat démocrate, restaurer l’image de Washington sur la scène internationale, renouer avec le leadership, et définir des priorités dans l’engagement extérieur américain.

(la 2nde partie de l'entretien d'Obama sur CNN, consacrée à la politique étrangère, durée 10 min)

Une influence en régression

Pour Obama, la tendance la plus inquiétante de ces dernières années en matière de politique étrangère est la régression de l’influence américaine. L’image de Washington sur la scène internationale, au plus haut après les attentats du 11 septembre 2001, s’est depuis profondément dégradée, notamment en raison de l’unilatéralisme de l’administration Bush I, de la guerre en Irak, et de l’attitude vis-à-vis des alliés et partenaires des Etats-Unis. Cela a eu pour effet de précipiter la chute de l’influence américaine, que ce soit auprès des alliés traditionnels de Washington, où dans des régions dites à risque, comme le Moyen-Orient, l’Asie centrale, ou l’Asie du Sud-Est. Le sénateur de l’Illinois juge nécessaire de renforcer cette influence, en mettant en avant les valeurs américaines, et en proposant une vision moins manichéenne du monde. La caractéristique de Barack Obama qui découle de ce souhait, déjà exprimée à plusieurs reprises, concerne la reprise du dialogue avec les partenaires, mais aussi les adversaires de Washington. A l’inverse des autres candidats, le sénateur de l’Illinois juge nécessaire de dialoguer avec les dirigeants iraniens, nord-coréens, ou cubains, et fait de cette approche le meilleur moyen d’influencer leurs politiques. Hillary Clinton et John McCain critiquèrent l’inexpérience et la naïveté d’Obama sur ces questions, ce à quoi il répond qu’une politique agressive et coercitive, même si cela est parfois nécessaire, n’a pas le même impact que l’influence, et le soft power, qu’il estime avoir été négligé ces dernières années.


La question du leadership

Barack Obama estime que le monde a besoin d’un leadership américain. Besoin de ses valeurs, de ses idéaux, et de son combat pour la paix et la liberté. Besoin de sa puissance et de son autorité. Besoin de ses réseaux d’influence et de ses alliés. Obama a souvent été montré du doigt comme le plus enclin à favoriser un isolationnisme parmi les candidats encore en course. Ses positions sur l’ALENA et son souhait d’accélérer le retrait des forces d’Irak ont ainsi été critiqués comme la marque d’un repli sur soi consacrant le refus de Washington de s’engager sur la scène internationale. Cette intervention fut donc l’occasion pour lui d’imposer un programme de politique étrangère ambitieux, et de rejeter toute forme d’isolationnisme, mais aussi et surtout de rappeler que si le multilatéralisme doit s’imposer, il est nécessaire qu’il s’accompagne d’un leader, et que ce leader doit être Washington.

Les priorités en matière de politique étrangère

Afin de renforcer l’influence américaine dans le monde, Barack Obama estime nécessaire de définir des priorités en matière de politique étrangère. A commencer par l’engagement militaire en Irak et en Afghanistan, et la lutte contre le terrorisme international. L’Irak est dans la ligne de mire d’Obama, en raison de l’échec de l’opération américaine, de la désapprobation internationale qu’elle généra, mais également parce qu’elle écarta Washington d’engagements plus importants, comme l’Afghanistan, le réchauffement climatique, la politique énergétique ou l’économie. Si le retrait des forces militaires d’Irak figure ainsi au programme du candidat démocrate, il doit s’accompagner d’un effort accru en Afghanistan et, plus généralement, en Asie centrale, et d’une plus grande implication dans les dossiers internationaux, au premier rang desquels l’écologie. Sur ces questions encore, c’est la capacité d’influence de Washington qui est mise en avant.

Une posture électorale

Les propos de Barack Obama s’inscrivent enfin dans une posture électorale, avec les yeux tournés vers le scrutin de novembre. Le sénateur de l’Illinois est ainsi revenu sur les déclarations de John McCain selon lesquelles "le Hamas a clairement un candidat favori", tournant la page des luttes internes, et faisant ainsi de l’opposition Républicains - Démocrates la référence électorale. L’occasion pour lui de se placer en position de candidat du parti démocrate.

Sur l’engagement extérieur, Obama s’est montré comme nous l’avons vu plus engagé que ce que lui prêtent ses détracteurs, mais il a toutefois rappelé que les sommes dépensées pour les opérations extérieures sont autant d’argent qui ne peuvent permettre à l’Amérique d’être plus forte. Un moyen de rappeler que l’élection se jouera, comme les précédentes, avant tout sur les questions de politique intérieure, et que si la présidentielle est un mandat accordé à un homme et son équipe pour mener à bien la politique extérieure des Etats-Unis, c’est aussi et surtout la rencontre entre un candidat et ses électeurs, pour qui les enjeux sont avant tout locaux.

En partenariat avec contre-feux.com




1.Posté par badaboum le 14/05/2008 17:36
Est-ce que les Freres Marx pourraient diriger le parti Democrate? Avec les memes resultats chaotiques et joyeusement autodestructrices? Eh oui !

Voici une nouvelle idee, etudiee par Rasmussen: La femme de "Clinton-la-terreur-des-stagiaires" peut candider a la Maison Blanche sans l'aval du parti Democrate. La preuve?

Selon Rasmussen Reports, 29% des democrates souhaitent que Hillary se presente a la presidence meme si elle n'est pas investi par le parti Democrate !!! Du jamais vu !

Histoire de montrer a Obama que sans Hillary il peut rien contra McCain!

2.Posté par smoby le 14/05/2008 18:20
Mr. Courmont c'est l'analyste qui, il y a encore 2 semaines, soutenait que le duel meurtrier entre Hillary Rodham Clinton et Barack Hussein Obama Jr. "est peut etre une bonne chose pour le parti Democrate" :)) Vraiment? Alors il est etonant de voir que la quasi-totalite des democrates demandent qu'on arrete ce cirque ;). Mais il est "bobo" d'avoir raison contre "le peuple", ce stupide facho qui ne vote pas comme on lui dit de le faire dans nos analyses brillantes.

John Kerry aurait gagne en France avec 72% des voix et Al Gore avec plus de 60% des voix, mais voila le probleme (et de taille): les elections ont lieu aux USA, avec des electeurs US, a la sauce patrio-evangelique et c'est pas "les restes du monde" (Banzaaii) qui decide de la presidence americaine. Alors on a eu Bush 2 fois (et la deuxieme fois avec + de 4 millions voix d'ecarts) et on va se taper (surtout les iraniens) McCain au moins une fois! Parole de Scud !

Sur le fond, le senateur d'Illinois peut promettre ce qu'il veut, il sera juge sur les faits.

S'il donnera l'impression de se plier aux islamistes d'al Qaeda sur l'Irak/Afganistan ou la repression du djihad, il sera ejecte par son propre parti et il ne sera pas reelu, les americains n'aime pas ce genre de couardise, meme justifiee. S'il retire trop vite les troupes d'Irak il y aura sans la moindre doute une violente guerre regionale et genocidaire entre chiites et sunnites et Obama aura sur les mains plus de sang que Bush. Les consequences seront bien plus desastrueuses pour l'influence americaine dans le monde et sur le plan de la securite interieure, un tas d'excites et d'extremistes vont considerer qu'ils ont carte blanche pour faire ce qu'il veulent, le chaos garanti!

La "soft power" exercee par Bill Clinton (qui a refuse de liquider Ussama bin Laden au moment ou le chef des renseignements saoudiens avertisait en 1998 sur la folie qui va commencer avec le "djihad") n'a pas epargnee a l'Amerique un 9/11 !
La politique coercitive de Bush (et on peut la critiquee pour certains de ses exces) a protege le sol des USA plus de 7 ans. Absolument personne n'aurait parier sur ca a la fin de 2001, bien au contraire, on disait qu'un nouveau 9/11 est une question de qqs. annees, voir des mois. Bien sur qu'il y a un cout, mais un nouveau 9/11 aurait ete mieux pour le monde? A Obama de repondre, c'est lui qui propose "le changement", "autre chose" dans la politique etrangere!

On va "discuter" avec tout le monde, bien! Et si c'est sterile, on va attendre la premiere detonation d'une bombe atomique "made in ayatollah-land"? Pour faire quoi apres? Demander pardon aux victimes? Et enfin reconnaitre qu'il existent des psychopates, de fanatiques religieux prets a se tuer et tuer n'importe qui au nom de leur guerre "sainte" et pour qui le dialogue avec les "infideles" est juste un moyen de gagner du temps?

Et Obama le sait, il est assez intelligent et averti pour ca, alors il est un peu oblige de mentir ses partisans, c'est un politicien, sa posture est une posture electoraliste ! Il va continuer la politique de leadership et va ajuster un peu la communication. Avez-vous oubliez son admiration pour Sarkozy :)))?

3.Posté par mike le 14/05/2008 18:37
"smoby" tu t'éssouflle beaucoup pour défendre ta favorite, mais regarde les dernières nouvelles, tu veras qui les superdéléguées choisissent finalament, entre hier et mainant 3 sont encore tombé dans l'escarcelle d'Obama, toi continu ton racisme, ça me reconforte dans mon choix du meilleure...Obama

4.Posté par marius munt le 14/05/2008 19:49
C'est ce que le monde ne veut plus voir,la domination de plus faibles,parceque militairement moins forte et economiquement aussi.Si on tient l'Irak tout haut jusque à ce
jour,c'est à cause de son pétrole que l'Amérique tient à tout prix controler.Obama n'aura pas la tache facile,mais ce pétit groupe des lobbys qui prend le monde entier en otage sous le pétrole Irakien doit savoir que,à l'allure ou vont les choses,s'ils ne font pas la volonté du peuple Américain et aussi le peuple du monde,nous allons assister à l'éffondrement de l'Amérique.Parceque l'économie Américaine ne va plus,sa politique étrangère controlée par un groupe des gens qui s'en foutent de l'interet du peuple Américain et ceux de reste du monde.Obama par sa vision vient en quelque sorte de reveiller le peuple,et surtout les jeunes Américains.Personellement je crois que la non election d'Obama va encore enfoncer l'Amérique,et fera perdre son leadership au dépend de la Chine.Qui vivra vera.

5.Posté par natural le 14/05/2008 22:18
à ce niveau l'amérique a un gros effort à faire ! Ils n'ont pas idée de la mauvaise iimage que Bush fils a véhiculé. Sauront-ils saisir l'occasion Obama ? That is the question !

6.Posté par Le Magadés le 15/05/2008 12:08
"smoby" "" tu t' éssouflle beaucoup pour défendre ta favorite,""" Mike a tout a raison,suis ses conseils HA ! HA ! HA !

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