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Barack Obama est-il en danger ?

Barthélémy Courmont le 3 Juin 2008 à 08:30

Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'IRIS, en partenariat avec Contre-feux.com. La question de la protection du candidat métis est devenue en quelques jours l’un des principaux thèmes du feuilleton des Primaires démocrates. On le sait, son profil est atypique : candidat métis qui pourrait être le premier président des Etats-Unis non blanc, plusieurs années passées en Indonésie, pays musulman, discours déchaînant parfois les passions. Dans un pays aux précedents célèbres, sa sécurité est-elle réellement menacée ?



vwilsonroberts, licence cc, flickr
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Mis à part de vilains jeux de mots sur l’avenir politique des différents candidats, une telle interrogation pourrait sembler incongrue. Et pourtant, la question de la protection du candidat métis est devenue en quelques jours l’un des principaux thèmes de l’interminable feuilleton des Primaires démocrates. Tout a commencé avec des propos d’Hillary Clinton, justifiant son maintien dans la course à l’investiture par le précédent Robert Kennedy en 1968. Une petite phrase interprétée par des analystes politiques comme "je ne me retirerai pas avant l’assassinat de Barack Obama" ! Il n’en fallait pas plus pour relancer la polémique sur la sécurité entourant le sénateur de l’Illinois. Et de s’interroger à nouveau : le sénateur métis est-il réellement en danger? Et si oui, pourquoi?

Une campagne sous haute surveillance
Jamais aucun candidat à l’élection présidentielle américaine n’a été à ce point placé sous haute protection. Avant même de se faire connaître du grand public, et alors que l’investiture lui paraissait presque inaccessible, Obama bénéficiait déjà d’une importante protection, qui n’a fait que se renforcer au fur et à mesure que ses chances augmentaient. Et pour cause ! Le candidat démocrate a reçu de nombreuses lettres de menaces qui, par leur contenu et compte-tenu de ses origines, sont prises très au sérieux. On se souvient aussi que Michelle, l’épouse d’Obama, s’est longtemps opposée à la candidature de son mari, craignant des risques d’attentat. Obama lui-même ne s’en est jamais caché, conscient que sa candidature ne contente pas tout le monde, et que ses proches sont également exposés. Sans tomber dans les excès, et plus que les autres candidats à la présidentielle américaine, le sénateur métis est effectivement en danger.

Un profil atypique qui déchaine les passions
Mais pourquoi Barack Obama est-il en danger ? D’abord, son profil est atypique. Candidat métis (bien que souvent qualifié de candidat noir) qui pourrait être le premier président des Etats-Unis non blanc, il a également vécu plusieurs années en Indonésie, pays musulman. Un détail que n’ont pas manqué de rappeler ses détracteurs, s’interrogeant même sur sa foi cachée en l’Islam... Les Républicains se sont ainsi emparés de ce profil atypique, et ne sont pas en manque d’allusions douteuses concernant les risques d’attentat contre leur adversaire. Interrogée sur Fox News, et confondant (par erreur ?) le nom du sénateur candidat et celui de l’ennemi public numéro un de Washington, la journaliste Liz Trotta déclara notamment "Obama... Osama... ils pourraient tous les deux se faire tuer". Quelques jours plus tôt, lors de la convention annuelle de la National Riffle Association, c’était Mike Huckabee, l’ancien candidat aux Primaires républicaines et pasteur, qui faisait de l’humour sur l’assassinat d’Obama, que l’assistance pourtant très conservatrice n’apprécia que très modérément. Des boutades inhabituelles en campagne électorale, et qui révèlent les passions que suscite la candidature d’Obama, devenu en quelques mois l’ennemi numéro un des groupes conservateurs les plus radicaux.

Un discours générant des soutiens, mais aussi des rejets
C’est également le discours d’Obama qui déchaîne les passions, et en particulier ses engagements en faveur d’une Amérique libérée de ses contraintes identitaires. Au cœur des risques sécuritaire, la question raciale, que le sénateur de l’Illinois avait un temps cherché à éviter afin de ne pas limiter son électorat, fit son retour dans la campagne mi-mars, avec des interventions polémiques de l’entourage d’Hillary Clinton. Plutôt que de rester sourd à des attaques répétées, Obama a choisi d’y faire front, avec courage et clairvoyance, mais au risque de s’alliéner le soutien de mouvements conservateurs qui l’avaient jusqu’alors "épargné". Loin de se présenter comme le candidat d’un groupe ou d’une minorité, Obama se veut rassembleur, et cela déplait à certains groupes.

Les précédents Robert Kennedy et Martin Luther King
Le 6 juin 1968, le frère de JFK était assassiné en Californie alors qu’il était en campagne pour l’investiture démocrate. Il y a juste quarante ans. Mais on vient de célébrer un autre triste anniversaire. La même année, le 4 avril, le pasteur noir Martin Luther King était lui-aussi assassiné à Memphis. Des parallèles qui, ajoutés aux menaces dont Obama est l’objet, et compte-tenu des multiples comparaisons faites entre le candidat métis et ces deux figures historiques, suffisent à semer la panique dans son camp. Dans une campagne riche en symboles, et dans laquelle les promesses d’avenir rejoignent l’histoire (une campagne qualifiée d’historique), ces précédents sont des références pour Obama, autant que des raisons de s’inquiéter. Pour autant, il serait exagéré de faire de ces parallèles le centre d’attention d’une campagne qui tarde à entrer dans sa seconde phase, et dont les enjeux sont multiples. Ainsi, si la sécurité d’Obama doit être prise au sérieux, elle ne constitue pas le caractère essentiel de sa candidature. Obama l’a compris, et s’efforce d’ignorer les remarques concernant sa sécurité, comme pour mieux rappeler aux électeurs que cet aspect doit rester anecdotique.

En partenariat avec contre-feux.com




1.Posté par RenUS le 03/06/2008 09:40
En même temps des assassinats politiques ça fait près de 40 ans que les USA n'en ont pas connu.Le pays a changé, les mentalités aussi.
Rien que le fait que 66% des noirs fassent partie de la classe moyenne + montée en puissance d'une bourgeoisie noire + la candidature réussie et populaire d'Obama = le prouvent.

Après tout les américains avaient peur au départ de l'invasion des non anglophones (notamment germanophones) et a fini par les accepter, ceux-ci s'étant en + intégrés.
Ensuite ce furent les irlandais et les juifs, qui ont entraînés un grand rejet mais qui ont fini par être acceptés à leur tour.
Au début XXème siècle ce sont les européens de l'Est et du Sud qui faisaient peur, mais ça a vite passé.
Les asiatiques, rejetés comme les noirs auparavant sont depuis les années 80 la minorité modèle du pays, la plus riche, la plus intégrée et celle qui augmente le plus après les latinos.
Le pays accepte de plus en plus les noirs et les latinos, ces 2 groupes étant plus riches et puissants qu'ils ne l'ont jamais été, et continuent leur ascension.

Tout ça pour dire que je ne crois pas à un assassinat d'Obama car ce n'est pas soutenu au niveau populaire.Dans les années 60 les blancs étaient fortement opposés à l'émancipation de la minorité noire quand même, alors que là non, le candidat est aimé et les américains bien plus ouverts aux autres races.

2.Posté par Dougath le 03/06/2008 09:53
Ces allusions claires de Clinton, HUKKABEE et consort traduisent le désarroi des vaincus. Et étonnante Amérique qui n'a pas levé le ptit doigt pour réclamer des excuses publiques à Hillary. L'histoire jugera si quelque chose arrive à Obama. Mais à mon humbe avis l'Amérique a compris depuis les Kennedy qu'elle a eu tord de tuer les symboles. En france Hillary aurait été huée, sommer de présenter les excuses. Est-ce à croire comme le disait quelqu'un l'Amérique manque de profondeur historique. C'est hallucinant, les Clintons seront irremédiablement inscrits dans ma mémoire comme des racistes haineux.
La preuve elle espère par les allusions d'assassinat de Kennedy faire germer l'idée dans la tête de quelques américains qui tuent pour un rien. A Salte Lake city on a découvert que c'était un américain qui a bombardé. L'Amérique a en elle même les germes de sa propres destructions tant ils ont laissé beaucoup sur le carreau. Quant à Barack Obama, Dieu tout puissant le protège. Et le miracle est en route. Les voies du Seigneurs sont impénétrables Hillary. A vouloir gagner l'investiture à tout prix, elle en arrive à s'arroger tous les grands états en leur imputant le vote populaire, tous les autres états apprécieront. Bravo au réalisme de Barack Obama. Un rassembleur, Hillary n'aurait jamais prononcé le nom d'Obama si elle était en tête. Son arrogance et son mépris le lui aurait interdit.

3.Posté par RenUS le 03/06/2008 10:53
"C'est hallucinant, les Clintons seront irremédiablement inscrits dans ma mémoire comme des racistes haineux"

Non mais LOL quoi...comme si la candidature d'Hillary à la présidence allait marquer l'histoire du pays..Une fois passée l'élection de Novembre tout ça passera aux oubliettes de l'Histoire, car on ne retient jamais ceux qui perdent la candidature de leur parti.Tout ce que l'on retiendra c'est le magnifique bilan de Bill Clinton au niveau économique, et les énormes progrès réalisés par la minorité noire sous sa présidence.
C'est pas plus mal, en espérant que Obama ou McCain puissent avoir un aussi beau bilan (voire mieux), c'est tout ce qui m'importe car j'aime ce pays, après que ce soit un républicain modéré ou un démocrate atypique qui gagne peu importe pour moi, les 2 sont d'excellents candidats à mes yeux, et les plus honnêtes que j'ai pu voir depuis longtemps.

4.Posté par rico le 03/06/2008 14:30
la question raciale, que le sénateur de l'Illinois avait un temps cherché à éviter afin de ne pas limiter son électorat, fit son retour dans la campagne mi-mars, avec des interventions polémiques de l'entourage d'Hillary Clinton.
Non mais ça va pas ??
C'est de l'info que vous faîtes ou du racolage d'Obamaiste ? Vous voulez voir ce qu'il se passait à la mi-mars ?

Comment s'étonner après celà des pseudo rimant avec nougat fasse d'Hillary et de Bill Clinton le paroxysme du racisme ?

5.Posté par RenUS le 03/06/2008 14:59
En tant que soutien modéré d'Obama ça me sidère de voir certains insinuer sans cesse "t'es contre Obama?Raciste !!!" franchement ça me désole pour Obama qu'il ait des soutiens aussi stupides.La politique ce sont des idées, pas une apparence.

6.Posté par hadya le 03/06/2008 15:24
@Rico
Je pense qu'il parlait de la Ferrarro car ça s'était effectivement produit à la mi-mars......

Sinon pour le reste, je pense qu'il vaut mieux éviter de penser au pire......ça va nous angoisser plus qu'autre chose......

7.Posté par RJR le 03/06/2008 18:24
Les américains ne sont pas tous des racistes. Arrêtons ce délire. La campagne d'Obama a été lancée dans l'Iowa, un état à 95% blanc. D'ailleurs au début de la campagne d'Obama, peu de noirs le soutenaient. Beaucoup justement pour conjurer le mauvais sort de MLK. Même sa femme Michelle Obama a durant toute l'année dernière essayé de ne pas se lancer dans cette bataille. Ce sont des gens comme Jimmy Carter et Ted Kennedy qui ont dit au jeune prodige: il faut le faire.

Hillary après son début de campagne catastrophique, est congédié son staff et est partie embauché des pros de la publicité négative "comparative". Des gens qui sont la pour vendre Hillary comme ont vendrait de la poudre à lessive ou une voiture : manipuler les esprit, flatter les instincts les plus primaires, cacher tous ses vices et surtout dire beaucoup de mal sur le concurrent (l'ennemi), souhaité même le pire pour lui. Hillary a appliqué à la lettre les prescriptions de ces vendeurs de poudre de lessive. Mais ça n'a pas marché et quittera ces primaires avec un bilan controversé. Ses 17 millions d'électeurs passeront à d'autres "trucs" et fondront plus vite au soleil que les 18% d'un certain Bayrou.

8.Posté par Peterb le 03/06/2008 21:31
Sur ce blogue , je pense qu'il y a beaucoup de supporteur d'Obama qui n'ont pas compris son message. Il n'est pas du genre à se victimiser et à dire que les problèmes des noirs sont dûs au racisme.

Vous (supporteurs noirs) d'obama vous devriez comprendre celà. Tous ce qui ne va pas chez les noirs ce n'est pas la faute aux blancs.

Je pense d'ailleurs que le racisme augmente chez les noirs alors qu'il diminue chez les blancs.....

tout individu qui s'arrache les dents pour travailler et pour réussir il y arrive de nos jours. avec un peu de chance bien sûr...

J'ai déjà été en Afrique, et je peux vous dire que si le monde était dominé par les noirs je ne pense pas qu'il serait meilleur....ou pire.

Alors avant de supporter Obama d'une manière aveugle ... mes chers africains commencez par écoutez ce qu'il dit son message n'a rien à voir avec ce que je lis sur ce blogue

9.Posté par rico le 03/06/2008 23:05
Peterb:
Entièrement d'accord. On voit de nombreux supporteurs louer le discours d'Obama à Philadelphie mais continuer à jouer les victimes et à hurler au racisme à la moindre contrariété.
A se demander s'ils l'ont lu ce discours.

10.Posté par RenUS le 04/06/2008 00:44
D'accord avec toi aussi Peterb.

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